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 les mouettes choisissaient leur tombeau [libre]

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Invité


MessageSujet: les mouettes choisissaient leur tombeau [libre]   Dim 1 Juin - 18:10


Tandis que les gouttelettes de pluie semblaient se hâter à atteindre le sol, mes pieds nus frôlaient délicatement le sable, dont la fraicheur éveillait chacun de mes sens. Les nombreuses effluves, qu'elles parviennent de la terre ou de l'horizon teinté d'un gris bleuté aux allures irréelles, arrivaient jusqu'à moi dans un tourbillon de parfum plus délicieux les uns que les autres. Là où un grand nombre dirait que je suis folle, je vois la beauté dans ce mal qu'est la pluie, qui s'accroche à mes cheveux, perle sur ma peau et brume mes yeux qui n'ont plus besoin de voir, mais simplement de ressentir. La beauté dans le mal, ainsi dirait Baudelaire dans l'ouvrage qui porte précisément sur ce concept si attrayant. Les vagues martelaient le sable, parfois si violemment qu'elles auraient pu engloutir alors un corps entier sans la moindre difficulté. Comme j'admirais la puissance de cette nature qui entourait l'endroit. La pluie mêlée à la violence des vagues, me donnaient une impression de liberté qui n'était sûrement que mienne. Tout était relatif, la liberté possédait ses chaînes, et c'est à un mètre de l'eau, alors que j'étais assise à observer l'horizon grisâtre qui s'offrait à moi, que je sentais les chaînes se lier à mes chevilles et mes poignets, ne faisant plus de moi qu'un simple pantin, sûrement condamnée à rester dans cet endroit. Certains partaient, d'autres arrivaient, moi, je ne voyais d'intérêt ni pour l'un, ni pour l'autre. Coeur indécis, guide-moi donc un jour, plutôt que de faire le simple travail paresseux de battre au fond de ma poitrine. Les bruits m'entourent, me dévorent, c'est comme si des milliers de voix hurlaient dans ma tête, et pourtant, je me sens bien. Je relève la tête, ferme les yeux, et soupire alors. C'est une solitude maladive, une condamnation involontaire.
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Invité


MessageSujet: Re: les mouettes choisissaient leur tombeau [libre]   Lun 2 Juin - 17:09



C'est agaçant la pluie. Cette bruine qui fouette délicatement mon visage, ces gouttelettes désagréables qui chatouillent ma peau et se mélange à mon jean bleu délavé. Ce sont des petites choses comme celle-ci, que l'humain ne sait apprécier. Ces petites choses si tendres et si irritante à la fois qui donne de la contenance à la vie. Le bruit du va et vient de l'écume sur le sablon doré qui recouvre la plage est aussi l'un de ces plaisirs indésirables pour les bipèdes. Pourtant, quand je contemple l'écume qui me caresse les pieds, je crois me souvenir avec jouissance de mon enfance. A quelques mètres de moi se trouve une jeune fille particulièrement mystérieuse. Elle semble perdue dans ses pensées, elle semble si profonde. On dit que les yeux sont les fenêtres de l'âme. Si je pouvais plonger mes pupilles dans les siennes j'y verrais certainement un coeur torturé par les malheurs de la vie. Abasourdie par la violence des autres et heurtée de plein fouet par le passé qui tente de retenir l'avenir. Je verrais dans ses prunelles la solitude qui nous suit. La même qui semble dire « Je suis ta seule amie » lorsqu'on contemple le plafond blafard des pièces. Blafard, comme le teint des pensionnaires malades d'amour, malades de blessure, malades de malheur. Ils les aiment à en crever leurs malheurs, ce sont eux qui nous guides, ils donnent un sens à notre vie, c'est eux qui font ce que nous sommes. Je m'avance vers elle. Le sable caresse mes pieds qui ont déjà heurté trop d'obstacles. « C'est beau non ? Ça fait mal de se dire que même ici, elle nous suit. Ça fait mal de penser que la solitude, c'est comme l'amour. Quand on y goûte, elle s'acharne sur nous pour toute la vie, dans les bons moments, mais surtout dans les pires. Elle est notre meilleure amie tu sais ? Mais c'est aussi une menteuse. Quand tu crois être seule, c'est pas le cas. Je suis seule et tu l'es aussi. Mais au moins, tu n'es pas la seule à être seule. » Dans ma bouche les mots se bouscule. C'est difficile de décrire cette bestiole qui nous détruit l'estomac quand on croise les yeux de quelqu'un qu'on aime. C'est aussi difficile de placer un adjectif sur la boule que j'ai dans la gorge quand je dois m'exprimer devant quelqu'un.

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