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 LET OUR ATOMS MELT TOGETHER

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MessageSujet: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Jeu 22 Jan - 19:43

C’était mardi. J’ai fini plus tard et j’ai dû rentrer sans Coma. Je n’aime pas rentrer sans Coma, j’ai toujours peur  qu’il se passe quelque chose d’important et qu’il ne soit pas là. Par exemple, une étoile filante. Je veux pas avoir à regarder une étoile filante sans qu’il soit là, ça m’intéresse pas, j’ai pas envie de ça. Ou alors un accident, que je tombe sur le trottoir, n’importe quoi. Les rares fois où ça arrive, je me mets à marcher très vite les quelques minutes entre le lycée et mon arrêt de bus puis les quelques minutes entre l’arrêt de bus et la maison. J’ai les mains enfoncées dans les poches de mon manteau et le nez qui se cache sous mon écharpe. En plus il fait très froid avec la nuit qui tombe et la neige qui ne tombe jamais. Et au moins, quand Coma est là, il me tient la main et toute sa chaleur m’envahit. Avec lui j’ai peur de rien, je peux marcher en regardant les nuages, je sais qu’il ne m’arrivera rien. Parce qu’il est là.
Cette fois il était pas là.
Et j’aurai tout donné pour qu’il le soit. Tout.
Je marchais très vite entre le lycée et l’arrêt de bus et j’ai entendu des garçons rire très fort et crier dans mon dos. Il y avait personne à part eux et moi et j’ai eu très envie de courir mais je me suis dit qu’il fallait rester calme, que le bus arriverait pas plus vite parce qu’il y avait une foule de fous furieux qui marchait derrière moi. J’ai jeté un coup d’œil en arrière, ils étaient quatre ou cinq. Et puis ils ont commencé à crier, à me crier dessus. Ça disait eh tafiole, elle est passée où ta femme, c’est qui qui prend l’autre. J’avais une boule énorme au fond du ventre et j’ai pas répondu. J’ai pas répondu non plus quand ils se sont jetés sur moi, la proie la plus faible. En moins de deux mon crâne a heurté le bitume et j’ai vu leurs gros visages au dessus de moi.
Et puis ils m’ont cogné.
Des coups de poings sur le visage, sur les lèvres, dans le nez, sur les yeux. Des coups de pieds dans mon dos et dans mes côtes. Juste de quoi déverser leur haine des homosexuels. Ils m’ont frappé comme ça longtemps, et à un moment j’ai arrêté d’avoir mal. J’ai essayé de protéger mon visage avec mes mains mais j’avais peur qu’ils me les brisent elles aussi. Je me suis laissé faire parce que je sais pas me battre. Je me suis laissé faire parce que même si j’avais su comment brandir mon poing, j’étais déjà perdu d’avance. Ils étaient quatre, quatre montagnes de muscles et d’injures. Et moi je me suis liquéfié devant eux. Je les regardais sous mes paupières enflées et je pleurais, je pleurais et je sentais mon visage tout humide et chaud, à cause du sang.
Puis ils se sont lassés.
J’ai raté mon bus.
Je suis resté à attendre le prochain en grelottant et en pleurant très fort. Mon corps ne me répondait qu’à moitié et j’étais pétrifié. J’avais peur de monter dans le bus, de faire un pas, de regarder les gens marcher dans la rue. Je suis rentré à la maison en titubant dans la rue comme si j’étais ivre et Debbie a hurlé quand elle m’a vu.

Aujourd’hui je ne vais plus à l’école parce que j’ai peur (encore plus que mardi soir)
J’ai peur de mettre un pied dehors et qu’on me saute dessus parce que je suis qu’un putain de pédé. J’ai dis à Coma que j’étais malade. Qu’il fallait pas s’inquiéter. Quand je me déshabille, je regarde mon corps et mon visage et je me dégoûte. J’ai des tâches bleues, vertes, violettes et jaunes sur mes côtes et dans le dos. Chaque geste me fait grimacer. Mon visage ne ressemble plus à celui de Silas Pollock et quand je me regarde les larmes me montent aux yeux comme des millions d’océans. J’ai des égratignures et des plaies qui ne veulent pas cicatriser. J’ai des hématomes partout sur la peau et je ressemble à un nœud de douleur.
Je me déteste.
Je n’ai plus la force dans mes bras pour ouvrir mes rideaux.
Je n’ai plus la force de me lever et de descendre les escaliers pour aller prendre mon petit-déjeuner.
Les seules forces qui me restent, ce sont mes rêves et mes pensées pour Coma. Je pense à son visage, à ses mains, à sa bouche. Il agit comme de la morphine et quand je pense à lui je m’oublie. J’oublie les poings, j’oublie les pieds qui m’écrasaient. Je pense à ses mains et à ses pieds à lui. Je pense à ses mains sur moi, ses mains qui deviennent des caresses, ses belles mains et ses beaux doigts dans mes cheveux. Je pense à ses pieds, à ses pieds dans ses chaussures et ses chaussures sur son skate. Et lui comme un roi.
Je veux pas qu’il me voie.
Je veux pas que ça le foute en rogne, je veux pas voir la haine faire briller ses yeux d’un éclat solide, inquiétant. Cette nuit j’ai fait un cauchemar. Les garçons me cognaient dessus et ils ne se sont jamais lassés. Ils ne sont jamais partis en riant grassement et en me laissant pour mort derrière eux. Dans mon cauchemar ils continuaient de me taper dessus jusqu’à ce que mon visage ne soit plus un visage.
J’ai continuellement envie de vomir et de mourir.
Alors je reste étendu dans mon lit, caché entre la couette et l’oreiller.
J’attends.
J’attends que la peur s’en aille, que le soleil revienne et que les étoiles se remettent à briller. Je passe beaucoup de temps à me demander combien de temps ça prend de guérir. Combien de temps ça prend pour que les plaies du corps se referment puis celle du cœur. Une petite éternité, je crois.
J’entends des pas dans les escaliers, et une voix. Dont une, la plus belle d’entre toutes, c’est celle de Coma. Elle parvient par éclat et je pense merde et les larmes remontent encore à mes paupières et je voudrais hurler et me cacher, m’enterrer dans le sol pour qu’il ne voie jamais mon visage. Je tends le bras pour allumer la lumière. Ça me brûle les yeux. J’ai le corps caché par ma couette, je suis en caleçon là-dessous. J’ai pas envie de sortir de mon lit, il fait trop froid dehors.
Le bruit de ses pas est de plus en plus fort.
Moi, je tourne le dos et j’enfonce mon visage dans mon matelas. Ça me fait mal et je serre les dents pour pas gémir comme une
tafiole tapette pédale …
Tout ce que j’offre à Coma, c’est la vision de ma peau tendue et colorée sur ma colonne vertébrale.

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Ven 23 Jan - 21:02

Debbie m’a appelé cinq fois le 3 février.
À chaque fois j’ai raccroché, j’ai pris le petit bouton de l’écran tactile et j’ai tiré dessus pour pas l’entendre, j’ai même pas écouté les messages.
J’ai pas parlé à Debbie depuis deux mois au moins.
C’était bien comme ça.
Elle a cassé des trucs dans moi, sans faire exprès mais bon, et puis c’est son frère qui a dû tout ramasser. J’avais pas envie d’entendre sa voix, j’ai jamais rien eu à lui dire, à part des mensonges, à part des trucs tout prêts que j’avais déjà entendus quelque part, et puis elle, elle me voulait quoi aussi. Elle m’a jamais aimé non plus, j’aurais été au courant, au moins un de ses dix millions de baisers auraient fini par me le dire. J’ai raccroché, soupiré, grogné cinq fois. Elle m’a envoyé un message, réponds s’il te plaît, et dans toutes les lettres ça criait, je l’ai vu tout de suite alors je l’ai appelée pour la première fois depuis le mois de novembre. Sa voix ça m’a fait tout drôle. Parce que ça faisait longtemps et parce qu’elle pleurait, mais pas fort, comme si elle voulait que y ait que moi qui l’entende, ou comme si elle voulait pas trop faire de bruit. Moi aussi j’ai pleuré quand j’ai raccroché. Mais j’ai voulu que tout le monde m’entende. Personne s’en est donné la peine. Personne est venu me dire que c’était une blague ou un cauchemar.
C’est pas la première fois que Silas veut pas me voir.
Mais là, j’ai pas fait de bêtise …
J’étais juste pas là / pas là, pas là, pas là, en cours de maths.
J’étais pas là, si, j’ai fait une bêtise en fait, j’étais pas là.
Ils m’auraient jamais fait ça à moi, ou même si j’avais été là. Je dis pas que j’aurais été plus fort qu’eux ou plus fort que Silas, mais je suis sûr que ça aurait changé quelque chose. J’aurais gueulé, je leur aurais craché dessus, je les aurais frappés avec mes pieds et mes jambes et mon ventre et tout, ça m’aurait déchaîné, ils auraient eu du mal à me taper dessus. J’étais en maths. Je faisais pas mes exercices. Je pensais à Silas et je savais pas qu’il était en train de se faire casser le corps tout entier par quatre connards, je savais pas qu’il y avait des homophobes encore plus horribles que moi, je pensais pas qu’il y avait des cons à tous les coins des rues, je pensais que je pouvais tous les prévoir et traverser la rue pour qu’on les évite. Je savais pas qu’un cours de maths aussi pouvait nous faire du mal. Silas je l’imagine comme si j’avais été là. Les bras devant ce qu’il lui reste de visage, le bas du corps qui résonne de douleur et qui commence à se colorier par endroits, comme des tâches d’aquarelle qui tombent sur un mouchoir, ses cris qui n’arrivent pas à passer son cœur. Mais moi j’étais en maths et je pensais encore à ses yeux qui rigolent, je pensais que j’allais tous les retrouver, et sa bouche, et son cou, et ses genoux, le soir, on devait aller à la patinoire.
Putain on en a vu à la télé, des pédés qui se font tabasser, mais ça arrive qu’à la télé.
Ça n’arrive qu’aux autres.
Ça n’arrive qu’aux …
nous.
Je les ai cherchés au lycée, les monstres, les vraies tafioles (quatre contre un non mais putain mais). J’ai mal regardé tous les mecs que je croisais dans les couloirs, au cas où ce serait l’un d’entre eux et que ce serait écrit dans son regard mais j’ai toujours pas trouvé. En attendant je pense à ce que je leur ferai quand ce sera le cas. Comment je vais leur mettre la misère. Ils auront honte d’expliquer pourquoi ils ont le visage cabossé comme ça. Je le ferai. Je le ferai comme si c’était la dernière chose importante que je dois faire dans ma vie. Je le ferai sans pitié, exactement comme eux, je les traiterai de grosses merdes pour remettre la vérité à sa place. Et après Silas prendra ma main et on y retournera.
Gratter le ciel pour qu’il nous donne
des étoiles.
Debbie m’ouvre la porte et elle a fait couper ses cheveux. Ça doit être une manie des Pollock : quand je les quitte, ils se coupent les cheveux. Mais ça lui va bien. J’ai envie de lui dire parce que ça fait tellement longtemps que j’angoisse (des jours) que j’ai envie de dire quelque chose de gentil. Mais j’y arrive pas, j’ai des larmes qui montent dans la gorge, elles sont lourdes, j’ai peur de ce qu’il y a en haut de l’escalier. Debbie me regarde comme si elle avait besoin que je sois très fort pour son frère et d’une petite voix je lui dis que ça va aller. Elle me demande silencieusement d’avoir le dos assez costaud pour le tirer de là, de redresser les épaules, carrées, solides, comme le monde avec toutes ses aventures derrière et devant lui. Je dis à Debbie « je sais ». Je le sais qu’il faut être coriace, je l’ai écrit sur une feuille dans ma chambre, NE - PAS – S’EFFONDRER. Je me le répète tous les matins et tous les soirs depuis que c’est arrivé, en attendant qu’il me demande de venir le voir ou de lui apporter les trucs de l’école. C’est arrivé, je monte les escaliers. N’empêche que tout à l’heure avant de partir j’ai mis un coup de poing dans la porte d’entrée, d’impuissance … La vie nous avait jamais fait ça. Elle nous faisait porter le chapeau. Cette pute. On peut vraiment avoir confiance en personne (sauf les soleils qui s’appellent Silas et parfois, les petites sœurs).
Mais je croyais que c’était fini moi.
Le marathon de survie.
Je croyais qu’on avait trouvé la ligne d’arrivée.
On était arrivés deuxième sur le podium.
(On aurait été premiers si on avait pas perdu du temps à faire des bêtises dix fois plus grosses que moi.)
Respire bien Coma (oh c’est chargé là-dedans).
Sa chambre sent tellement la trist …
J’ai même pas envie de finir ce mot. En plus ça doit ressembler à l’état dans lequel il était à chaque fois que je l’ai mal aimé, quitté, rejeté, dégagé, trompé, à chaque fois que je lui ai fait du mal, à chaque fois que nos cœurs s’arrêtaient de battre. Mais là, ils battent, t’entends comme c’est fort ? Et c’est pas prêt de s’arrêter tu comprends ça ? Lève la tête, Silas Pollock. Ou au moins les yeux … J’ouvre les rideaux.
Juste un morceau pour un peu de soleil.
Parce que je sais ce que ça fait de plus vouloir les ouvrir en entier.
- Salut mon cœur. J’t’apporte tous tes devoirs.
Je m’assois sur son lit, tu me tournes le dos. Je caresse l’arrière de sa tête, là où il n’arrive jamais à coiffer ses cheveux. J’enlève mes chaussettes et je l’enjambe pour qu’il me voie. Mon cœur saute, tressaute, sursaute. J’avais oublié qu’il m’avait manqué, aussi, mon petit morceau de ciel avec ses yeux bleus et … tous ses bleus.
J’aimerais bien regarder son visage et faire comme si c’était normal, ne pas ressentir ma peine, ne pas ressentir sa peine, me dire que c’est toujours Silas, avec un petit peu plus de couleurs c’est tout, me dire que Silas je l’aime avec ses coups de couleur, je l’aime délavé, je l’aime en noir et blanc, je l’aime en paillettes. Mais en fait j’ai juste envie de pleurer, pleurer, pleurer, partir. Mais en fait ça m’arrache le cœur, ça me déchire les poumons, ça me donne envie de vomir, ça aspire toute la vie comme une connasse d’étoile qui est en train de clamser.
On vous avait dit d’aller mourir ailleurs !

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Sam 24 Jan - 18:45

Ça me brûle sous les paupières. J’ai pas envie qu’il me voie comme ça, j’ai pas envie de le rendre triste et en colère, j’ai pas envie, j’ai pas envie, j’ai pas envie, j’ai pas
J’ai des millions de nœuds dans la gorge et j’ai mal au corps, j’ai mal partout. Je pense à ses jambes qui montent dans l’escalier et je me dis qu’il est encore temps pour lui de faire demi-tour, de ne jamais avoir à pousser cette porte, à allumer la lumière pour voir ce dont à quoi je ressemble. J’ai même plus l’impression d’être quelqu’un. J’ai l’impression d’être quelque chose, quelque chose de sale dont on ne souhaite pas la présence sur Terre. Voilà comment je me sens depuis que je me suis fait tabasser en pleine rue. Je me sens comme une sous merde, comme pire qu’un moins que rien. Mais qu’est-ce qui me diffère des autres ? J’ai deux jambes, deux bras, un nez, une bouche, deux yeux et deux oreilles. Je ne tape pas les garçons qui aiment les filles, moi. Je ne tape pas les filles qui aiment les filles et les filles qui aiment les garçons. Au contraire, je les regarde et ça me rend heureux. Ça me rend heureux parce que c’est la plus belle chose du monde que de s’aimer. Pourquoi est-ce que c’est une tare d’être homosexuel, pourquoi est-ce qu’on nous rejette. J’aimerais leur faire des doigts d’honneur à tous et hurler sur les toits de la ville qu’on s’en fout du corps pourvu qu’il y ait de l’amour. Mais voilà, aujourd’hui je n’ai plus la force de me mettre sur mes deux jambes et ma voix ne prend même plus la peine de s’activer. Peut-être que si je le pense très fort certains entendrons mon appel muet. J’aimerais juste que les homophobes arrêtent d’avoir peur.
Je suis pas malade parce que j’aime un garçon.
C’est eux qui me rendent malade.
J’entends la porte qui s’ouvre et mon cœur trébuche une ou deux fois. Je ferme les yeux très fort et je ravale mes larmes qui me pendent aux paupières.
Ses pas effleurent le plancher et il ouvre les rideaux. J’avais oublié ce que c’était la lumière, celle du soleil. Mais j’ai pas envie non plus de me retourner pour voir un bout de ciel bleu.
- Salut mon cœur. J’t’apporte tous tes devoirs.
C’est sa voix, elle me fait du bien. Elle est basse dans la chambre, et je voudrais enlacer sa voix. Parce que sa voix ne peut pas me voir ni me toucher. J’aimerais la garder tout près de mon cœur, la serrer très fort pour qu’une partie de lui ne quitte jamais la chambre. Mais Coma est déjà partout dans ma chambre. Sur les murs, dans les tiroirs de mon bureau mais surtout dans mes draps.
Il s’assied au bord de mon lit. Je sens ses doigts caresser l’arrière de mon crâne et l’émotion me submerge encore. Les perles salées sont là, prêtes à s’effondrer sur mes joues. Je croyais que j’étais fort. Ça va aller avec plein d’ailes, c’est pas ce qu’on disait ? J’ai perdu toutes mes plumes dans la bataille. J’aurai beau agiter les bras que je m’envolerai même pas d’un centimètre. Je renifle contre le matelas. J’aimerais lui dire que j’suis désolé, que je suis plus capable de me mettre debout, de faire fonctionner mon corps et encore moins la tête. La vie a perdu ses couleurs et ses saveurs. J’aimerais lui dire que c’est pas de sa faute, que c’est pas grave qu’il ait pas été là quand j’avais besoin de lui. Il aurait très bien pu finir le visage contre le bitume gris, lui aussi. La vie a dû en avoir marre de le foutre à genoux du coup elle s’est rabattue sur moi. C’est pas grave, c’est pas grave. Je veux bien bouffer de la terre et du sang pour l’épargner lui.
Il passe au dessus de moi. J’ouvre difficilement mes paupières parce que ça me fait mal. Parce qu’ils ont tapé sur mes yeux alors le simple geste d’aller trouver la lumière et son visage avec mes pupilles me blesse. Il peut pas cacher l’horreur dans son regard, il peut pas. Je le vois bien qu’il est écœuré, qu’il est pas bien du tout.
Je tire un peu sur ce qu’il me reste dans mes bras et dans mes main pour m’accrocher à son pull. Je me traîne contre lui et j’enfonce mon visage contre son torse. Ça me fait grimacer puisque la pression se porte sur l’un de mes hématomes. Mais je m’en fous, j’inspire très fort son odeur.
Je me laisse aller aux larmes.
J’éclate d’un coup, tout ce que j’ai retenu depuis quelques heures. Ça explose dans mes yeux et dans ma tête. Ça ruisselle sur mes joues et ça s’arrête pas. J’ai juste besoin d’évacuer, de laisser la peine, la colère sortir un peu. Mes mains se ferment encore plus contre lui.
Coma ça vaut toutes les pommades et les pansements du monde. Coma il guérit tous les maux de la terre. Tout me semble plus supportable quand il est là et pour lui je pourrais faire l’effort de me mettre sur mes deux jambes. Pour lui je pourrais faire l’effort d’aller ouvrir mes rideaux tous les matins. Pour lui je pourrais faire l’effort d’aller regarder s’il y a des étoiles dans le ciel avant d’aller dormir. Pour lui je ferais tout, tout, tout, tout.
Le flot d’eau salée vient de se calmer.
Les dernières larmes tombent.
J’ai toujours le nez dans son pull (humide par endroits).
- Je suis désolé que t’aies à voir ça.
Ma voix comme un souffle, le murmure de quelqu’un qui est presque mort. J’espère qu’il est là pour m’aider et pas que pour les devoirs. J’espère qu’il va faire de la magie avec ses mains et avec sa bouche. J’espère qu’il va me dire des jolis mots, qu’il va me tenir dans ses grands bras et m’emmener respirer l’air du dehors.
Dans ma chambre ça pue. Dans ma chambre ça pue la tristesse, ça pue la haine, ça pue l’incompréhension, ça pue l’envie de dormir pour toujours, ça pue les hématomes, ça pue le sens, ça pue les larmes, ça pue la solitude.
Coma est-ce que tu m’aimes toujours même si je ne ressemble plus à un garçon ?

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Sam 24 Jan - 20:35

Nous on a assez donné. On s’en est pris, des trous noirs, c’était de l’acharnement, ils se mettaient en plein dans notre chemin ! On s’est battus avec, on s’est battus pour qu’ils arrêtent de s’en prendre à nous, on a gueulé pour qu’ils nous laissent tranquilles et aillent emmerder quelqu’un d’autre. On s’est embrassés pour leur montrer qu’ils pourraient pas nous empêcher de nous aimer, on s’est retrouvés pour qu’ils comprennent qu’ils arriveraient pas à nous séparer, jamais, on leur a ri au nez et finalement on a gagné, enfin on a cru. C’est quoi ce coup de faux frère ? Cette fausse victoire, ce petit temps pour respirer et nous croire vainqueurs, tout ça pour nous dire deux semaines plus tard ah en fait non c’était une blague, prenez-vous ça dans la gueule les pédés ! Et pleurez pas en plus ! Ça fait du bruit ça gêne les autres ! Mais fermez-là et laissez-nous nous aimer en paix. On arrive très bien à se faire du mal, s’engueuler, s’aimer tout seuls, on est assez grands maintenant, on s’est même appris à toucher les étoiles !!! Tu sais pas faire toi hein ? Tais-toi et regarde …
Ah mais non …
Y a encore un con qui nous a cassés …
Faudra repasser pour le spectacle des étoiles …
Snifffzpdkjfskdjf
(Ça c’est moi qui pleure dans ma tête.)
On dirait que c’est plus Silas en face de moi. C’est toujours les mêmes cheveux un peu sales mais très blonds, des machines à soleil, c’est toujours les mêmes lèvres roses ou rouges ça dépend des jours, c’est toujours ses joues de bébé, c’est toujours ses yeux qui ont eu envie d’être plutôt des océans, mais ça fait plus le même effet et il y a quelque chose dans ses yeux qui refuse de s’allumer. C’est pas un problème d’électricité. C’est juste une lassitude qui envahit tout et qui veut même plus appuyer sur l’interrupteur pour faire un peu de lumière. C’est les hématomes qui noient tout sur leur passage, il y en a autour de ses yeux, comme si Debbie l’avait maquillé, il y en a sur ses pommettes, comme s’il était en train de rougir, et ses lèvres sont enflées, comme s’il m’avait trop embrassé, mais … Mais c’est pas ça, je suis même sûr que si je l’obligeais à se remettre sur ses deux pieds, il pourrait pas tenir debout, il s’effondrerait. Même couché dans son lit, j’ai l’impression qu’il est en train de s’écrouler. À force de s’acharner sur lui mon Silas ça devient une vieille falaise …
Putain …
Putain …
Pourquoi je dis rien …
Maintenant il pleure putain …
Il m’a tiré vers lui et des millions de grosses larmes viennent faire pleurer mon pull. Silas pleure comme il a toujours pleuré : sans faire semblant, en silence,
et moi à chaque fois ça m’arrache des bouts de mon cœur.
(Mais ça va parce qu’il a des sourires plus que réparateurs.)
Je sais pas combien de temps je vais pouvoir me retenir de pleurer. J’aimerais pouvoir tout garder jusqu’à rentrer à la maison, ou même dans la rue je m’en fous (et si je me fais casser la gueule pour ça, pour être une tafiole qui pleure, bah je m’en fous aussi). Je sais que ce que ça lui fait quand je pleure, ça lui fait exactement la même chose qu’à moi quand c’est lui qui chiale. Ça lui scie le cœur en deux, comme moi, là, tout de suite. Ça me fait un effet de fin du monde, de grand tunnel sans sortie. Je pense à Debbie qui doit être dans sa chambre à côté, en train de guetter mon exploit de bonheur, ben tu vois Debbie, je suis pas plus doué avec lui qu’avec toi, moi, le bonheur, je peux tout simplement pas l’inventer quand il se casse au bout du monde. Pourtant, regarde, je carre les épaules … Hein … Mais pas vraiment, en fait … Je suis juste contracté de partout à force de pas vouloir pleurer c’est tout … C’est même pas crédible, je tremble de partout, comme lui, je sais même pas lequel tremble le plus, de nous deux. Silas me serre tellement fort contre lui que ça me fait mal mais je me laisse faire. Je me laisse faire, guidé par le ralentissement de ses larmes pour ravaler les miennes.
Jusqu’au silence.
- Je suis désolé que t’aies à voir ça.
Sa voix est minuscule.
Son dégoût de lui-même est gigantesque.
J’aimerais qu’il me regarde plutôt que d’appuyer son front dans mon torse, j’aimerais prendre son visage dans mes mains pour le forcer à me regarder lui dire : je m’en fous, j’aimerais embrasser sa bouche pour lui montrer que j’ai toujours envie de l’embrasser, même quand il pleure, même quand il est ca(beau)ssé de partout, je m’en fous parce que des bleus ça se soigne, aussi bien que des cheveux ça se coiffe, c’est pareil. Mais j’ai peur, j’ai peur de lui faire mal, son visage est tellement abîmé que je sais pas où je pourrais le toucher, le reste de son corps ça doit être pareil, ses épaules, son ventre, mes endroits préférés de lui et les plus stratégiques pour lui rappeler que je l’aime, que je suis là, qu’il est parfait dans tous les sens, de bout à bout, qu’il est plus beau encore que les plus belles choses du monde. C’est juste qu’il y a que moi qui le sais … C’est à moi de lui rappeler à chaque fois que quelqu’un essaie de lui enlever ça … Mais je fais comment … Il est où le guide de premier secours …
- T’es fou ou quoi.
J’ai parlé dans son oreille d’une voix toute douce.
Une voix qui veut réparer.
(Une voix qui veut toujours pleurer et ça s’entend trop fort à mon goût.)
- C’est ça l’amour. En tous cas c’est comme ça pour moi. J’suis toujours là. C’est le deal. Tu t’appelles Silas Nobody maintenant j’te rappelle. Alors moi je suis là. Je suis là quand tu vas mal, je suis là quand tu t’aimes plus mais moi si, toujours, je suis là quand t’as plus envie de rien, je suis là quand tu bois trop et que quelqu’un doit t’aider à dégueuler, je suis là quand il faut te ramasser et t’aider à te relever, je suis là quand y a plus personne pour te dire à quel point t’es beau, je suis là et je m’en vais pas. Je suis là même quand tu veux que j’sois ailleurs. T’as vu j’ai essayé de te laisser, hein, j’ai fait comme Debbie m’a dit mais elle sait pas, elle, comment on marche. Elle sait pas qu’on a pas besoin de place pour se laisser respirer parce qu’on se respire l’un et l’autre. T’es mon oxygène, et c’est pas parce que t’es un peu bleu en c’moment que ça va m’étouffer … J’suis là. Tu peux respirer correctement. Tu peux t’relever.
J’embrasse le haut de son crâne.
Tout doucement au cas où il y aurait une bosse à cet endroit.
Je continue de le serrer contre moi, avec son front dans ma poitrine, et on peut rester comme ça jusqu’à demain s’il veut.
Eh Silas ?
Tu m’entends quand je parle comme ça ?
Sans ma voix, juste avec mon cœur, par télépathie des amoureux ?
Faut pas avoir peur comme ça. C’est exactement ce qu’ils veulent. Que t’oses plus sortir de chez toi, que tu passes tes journées à te détester, pleurer, te détester, y a des gens qui s’aiment tellement pas tu sais qu’ils veulent que ce soit pareil pour les autres. Faut relever la tête, redresser les épaules, faut se refaire un regard de défi. C’est même eux qui devraient avoir peur. Peur de mourir tout seuls, peur de jamais connaître ce qu’on a, peur de passer leur vie à taper sur des gens dont ils ne comprennent pas le bonheur. (D’ailleurs ils savent même pas comment ça s’écrit, ces illettrés de la vie.) Ils vont avoir peur moi j’te le dis. Ils vont avoir peur quand ils vont nous voir revenir la tête encore plus haute qu’avant. Moi j’ai pas peur. J’attends juste que tu te remettes debout.

I won’t be afraid
Just as long as you stand by me

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Dim 25 Jan - 9:57

Je voudrais disparaître dans son pull, m’enfoncer dans la laine et y être aspiré. Je voudrais ne plus être sur la surface de la Terre pendant quelques jours. Dans un endroit où il n’y a personne d’autre que du vide et où je pourrais crier, crier, crier. Un endroit où la douleur n’existera plus que dans ma tête et où il me suffirait seulement de crier et de pleurer pour qu’elle s’en aille. C’est tout ce que je veux et ce que je demande. Je déteste être comme ça. Parce que je sais que je ne suis pas capable de m’en remettre tout seul, que c’est plus que du temps qu’il me faut. Et que même s’il y a mon papa, ma maman, Debbie et surtout Coma, j’ai l’impression que ça ne suffit pas. Parce que je les entends bien, leurs mots tout doux, je vois leurs regards tristes et tendres et leurs mots qui me disent que ça va aller, que je suis assez fort pour toute cette merde. C’est vrai, quoi, Silas. Tu peux bien faire un effort, non ? Tu peux bien poser tes deux paumes à plat sur ton matelas, tirer un peu sur tes muscles même si ça te tue un tout petit peu, même si ça te fait chialer. Tu peux bien faire ça, Silas ? Tu peux bien aller au-delà de tes bleus, au-delà de tes plaies, au-delà de tous tes petits bobos qui parsèment ta peau. Tu peux bien fermer les yeux sur ce qui comprime ton cœur pour mettre un pied devant l’autre ? Je suis désolé mais non, je peux pas, j’y arrive pas, j’ai l’impression qu’on me demande l’impossible. Je sais même plus comment faire fonctionner mes bras et mes jambes, je sais même plus parler sans avoir envie de pleurer, j’ai plus la force non plus de faire battre mes paupières pour essayer d’y voir un peu plus clair dans mon brouillard. Et même s’il y a des gens autour de moi, des gens qui sont là pour m’aider je … Je sais pas, je suis cassé. Je suis un puzzle à un million de pièces et je crois que certaines sont restées sur le trottoir.
Mais Coma est là, non ?
Coma est là et il va tout arranger. Il va tout arranger. Même si ça doit prendre quelques mois ou quelques années. Je sais qu’il va bien s’occuper de moi, qu’il me laissera jamais tomber. Parce qu’on s’aime et qu’on a toujours fait pour que l’autre aille bien, pour que l’autre soit heureux. Même qu’on a sûrement dû tricher avec des sourires factices. Coma il me donne même envie de croire aux illusions, au faux bonheur pour un jour pouvoir m’y baigner de nouveau. Coma est là et il l’a toujours été même quand on a décidé qu’il était temps qu’on arrête de s’aimer, même quand il tenait la main d’un autre garçon, même quand je l’ai appelé pour lui dire que c’était fini. On a toujours fini par se retrouver parce que finalement, lui sans moi c’est une équation impossible.
Ça n’existe pas.
Ses lèvres tombent contre mon oreille et me disent si je suis fou. Je devrais peut-être lui répondre oui, que ça déconne un peu là-haut depuis quelques jours, que je confonds la nuit et le jour (d’ailleurs il n’y a même plus de jour ni même de nuit, seulement du noir, du noir partout).
- C’est ça l’amour. En tous cas c’est comme ça pour moi. J’suis toujours là. C’est le deal. Tu t’appelles Silas Nobody maintenant j’te rappelle. Alors moi je suis là. Je suis là quand tu vas mal, je suis là quand tu t’aimes plus mais moi si, toujours, je suis là quand t’as plus envie de rien, je suis là quand tu bois trop et que quelqu’un doit t’aider à dégueuler, je suis là quand il faut te ramasser et t’aider à te relever, je suis là quand y a plus personne pour te dire à quel point t’es beau, je suis là et je m’en vais pas. Je suis là même quand tu veux que j’sois ailleurs. T’as vu j’ai essayé de te laisser, hein, j’ai fait comme Debbie m’a dit mais elle sait pas, elle, comment on marche. Elle sait pas qu’on a pas besoin de place pour se laisser respirer parce qu’on se respire l’un et l’autre. T’es mon oxygène, et c’est pas parce que t’es un peu bleu en c’moment que ça va m’étouffer … J’suis là. Tu peux respirer correctement. Tu peux t’relever.
Il parle et il dit les plus belles choses du monde. Sa voix est toute douce et très belle et j’ai encore envie de pleurer. Mais je crois pas que ce sont des mauvaises larmes, celles-ci. Elles sont encore amères mais c’est un peu de soulagement aussi. J’aime quand il me parle comme ça, ça me fait l’effet de mille massages cardiaques à la fois, un regain d’énergie incroyable. Il a dit « elle sait pas qu’on a besoin de place pour se laisser respirer parce qu’on se respire l’un et l’autre ». Ça tire sur mes lèvres fendues mais je souris contre son pull, contre son torse, contre lui. Ses lèvres viennent embrasser le haut de mon crâne.
Je sors ma tête de sa cachette et je lève mes yeux vers lui.
Je le regarde même si mes yeux sont un peu rougis, humides, éteints, bleus. Je tends la main vers son visage et mon pouce et mon index viennent fermer ses deux paupières. Avec ma main je caresse les reliefs de son visage. Je dessine sa bouche, sa mâchoire, son nez, ses sourcils, son menton, les cernes sous ses paupières. Je lui ai fermé les yeux pour lui donner un temps de pause, parce que je suis horrible, parce que je veux pas lui imposer mon visage écorché.
La lumière qui entre par la fenêtre jette sur son visage des ombres et il est magnifique. Il est magnifique. Je veux bien faire l’effort de le regarder, je veux bien ouvrir mes paupières pour lui.
Je retourne me blottir contre lui. Il peut rouvrir ses yeux maintenant, s’il en a envie.
- Tu vas m’aider, hein ? Parce que j’ai besoin de toi, là, j’ai vraiment besoin que tu sois là aujourd’hui plus que n’importe quel jour.
Je crois que je suis très égoïste. Je crois que je lui demande l’impossible. Mais je voudrais qu’il vienne tous les jours. Je voudrais que tous les jours il entre dans ma chambre, qu’il ouvre mes rideaux, qu’il vienne s’allonger à côté de moi, qu’il me regarde sans dégoût, sans tristesse. Je voudrais qu’il pose des pansements là où ça saigne encore, je voudrais qu’il prenne ma main et qu’il m’aide à me relever, qu’il me pousse à poser un pied devant l’autre même quand j’en aurai pas envie. Je voudrais qu’il m’embrasse comme avant sans avoir peur de me faire un peu de mal, je voudrais tout ça.
Mais pas trop vite.
Pour l’instant la seule chose que je supporte c’est être allongé et un peu m’asseoir.
- Tu sais Coma c’est horrible comment je me sens et je saurai pas te l’expliquer. Je me supporte plus et j’ai la trouille, t’imagines pas comment j’ai la boule au ventre à l’idée de devoir remettre les pieds dans la rue pour aller au lycée ou même au cinéma …
Même s’il est là, j’aurai la trouille.
J’aurai peur qu’en plus de s’en prendre à moi, ils s’en prennent à lui. Et qu’on touche à un cheveu de sa tête, je supporterai pas. Je supporterai pas qu’on abîme son visage et son cœur. J’ai passé tellement de temps à le rénover de l’intérieur, à le conduire jusqu’à moi …
Mais on va retrousser nos manches.
Et brandir nos poings.

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Dim 25 Jan - 20:14

Silas …
Eh
Tu m’entends toujours ?
Y a un autre truc que je t’ai pas dit …
Tu sais les étoiles m’ont parlé. Ouais, à moi. J’étais en train de me bouffer les doigts de pas pouvoir te voir et elles m’ont appelé. Elles m’ont un peu engueulé si tu veux tout savoir. Elles sont toujours comme ça avec moi, parce que je suis le dernier de la classe (sauf une fois elles m’ont fait un clin d’œil discret, c’était la première fois que je t’ai dit je t’aime). Mais bref, elles m’ont parlé de toi tu sais. Elles m’ont demandé où t’étais. Elles m’ont demandé si j’avais encore dérapé. J’ai un peu gueulé. J’ai dit non cette fois c’est pas ma faute, pas vraiment. Elles ont pas insisté. Elles avaient l’air un peu triste. Elles avaient pas envie de débattre avec moi alors que d’habitude elles adorent me montrer que j’ai tort. Elles savent plus comment briller, tu comprends. Ça fait trop longtemps que tu les as pas regardées, elles ont perdu leur chef, leur chef d’orchestre, leur chef de troupe, leur éclairagiste, leur maître des paillettes, toi. Elles t’attendent.
Sèche toutes tes larmes.
Des yeux au ventre.
Au moins pour les étoiles !
Je le sens remuer et réapparaître mais j’ai à peine le temps de le regarder, il m’oblige à fermer les yeux. Je proteste pas juste pour le contact de ses doigts sur mes paupières mais j’aimerais crier, le forcer à me laisser le regarder, lui faire comprendre que j’ai le droit, que ça fait pas mal, que c’est pas grave, que je m’en fiche, que je l’aime déformé, avec des bouts qui manquent, je m’en fous moi, je t’embrasse et je te répare, tu veux pas qu’on essaye ?
Non.
De mes paupières le bout de ses doigts migre vers mon nez et vers le reste de mon visage, il connaît ça par cœur, comme si c’était lui le peintre, comme si j’étais né sous ces mouvements-là. Il finit son dessin et le temps que je m’en rende compte - j’ai à peine le temps de voir son crâne s’enfoncer encore dans mon cou.
Est-ce que c’est un sourire ça ?
Oh s’il vous
- Tu vas m’aider, hein ? Parce que j’ai besoin de toi, là, j’ai vraiment besoin que tu sois là aujourd’hui plus que n’importe quel jour. Tu sais Coma c’est horrible comment je me sens et je saurai pas te l’expliquer. Je me supporte plus et j’ai la trouille, t’imagines pas comment j’ai la boule au ventre à l’idée de devoir remettre les pieds dans la rue pour aller au lycée ou même au cinéma …
J’agite la tête pour faire oui, je le fais plusieurs fois, j’ai l’impression que si je m’arrête je vais commencer à pleurer.
Je sens que les larmes commencent à s’agiter là.
Elles vont bientôt décoller.
Je le serre un peu plus fort contre moi, si c’est possible. À lui faire craquer le dos mais fleurir le cœur. Comme d’habitude en fait. Je le serre toujours dans mes bras comme s’il avait besoin d’être consolé, comme s’il avait besoin d’absorber du courage, comme si l’avenir du monde en dépendait, comme si le bonheur nous tombait sur la tête, comme si on venait de se retrouver, comme si on venait de se marier, comme si c’était la première fois, comme si c’était la dernière fois, comme si y avait que ça qui comptait, comme si c’était une déclaration d’amour. Le jour où je lui ferai des câlins sans réfléchir sans y mettre toute mon âme c’est que ce sera fini pour moi, je me tue. Vous m’entendez les étoiles, si jamais ça arrive, soufflez-moi dessus, faites-moi disparaître et éteignez la lumière en sortant.
- Pourquoi tu crois que j’suis là ? J’aurais même dû venir plus tôt. J’aurais dû venir dès que Debbie m’a téléphoné … Tu sais bien qu’on peut pas s’en sortir tout seuls, tu sais bien que j’dois être là quand tu t’écroules et que tu dois être là quand je peux même plus dormir. Mais bon … J’suis là maintenant et j’attends juste tes instructions. J’vais me mettre en arrêt maladie moi aussi, et puis on va jouer au docteur. C’est tellement chiant les cours sans toi en plus. On est pas obligés de sortir tout de suite, tu vois ? On fait c’que tu veux. On fait comme tu sens. Mais on va t’soigner. J’te rappelle que t’as déjà survécu à tout ce que j’t’ai fait, alors t’es un peu un super-héros du monde, un warrior, un increvable, tu crois pas ? Ça prendra le temps que ça prendra. C’est pas grave. Moi ça m’embête pas tant que t’es là. Mais la prochaine fois que tu veux que j’sois aux petits soins pour toi, hein, pas la peine de provoquer des connards en duel …
Haha …
Je suis essoufflé.
Mais je le garde pour moi.
Au chaud dans mes poumons.
Ça m’a tué, ça m’a terminé de dire tout ça, de parler avec cette petite voix confiante de merde, de même faire une blague pourrie à la fin, de faire ce monologue de l’espoir, c’est vrai qu’on va régler le problème comme on le fait à chaque fois, avec nos mains fragiles, sans l’aide de personne avec juste les étoiles qui nous surveillent du coin de l’œil au cas où on aurait vraiment besoin d’un coup de main. C’est vrai qu’on va y arriver. C’est vrai que je vais le remettre sur ses pieds, surtout que cette fois c’est même pas moi qui l’ai mis à terre, ça pèse moins lourd sans la culpabilité. Ça va marcher. J’y crois avec des ailes et tout (même si y a pas de « l » dans « croire »), ça va aller avec plein de « a » comme dans « amour ». C’est juste, que, là, je sais pas encore trop comment on va s’y prendre, j’ai mal au cœur de le voir comme ça, j’ai mal au ventre qu’il veuille pas que je le voie, j’ai mal aux bras de devoir le retenir contre moi comme ça. Va vraiment falloir que je règle cette histoire d’épaules (et aussi de larmes), ça ira mieux demain.
Ça ira mieux demain.
Ça ira mieux demain.
Ça ira mieux demain.
En attendant je suis là.
Je soigne mon cœur moi aussi, mais j’essaie de pas faire de bruit. Je commence à comprendre pourquoi les gens manifestent pour les droits des homosexuels, je comprends pourquoi on a inventé la gay pride. Par contre je comprends pas qu’il y ait encore des connards qui tabassent. Moi je comprends pas pourquoi y a des gens qui font du saut à la perche, je trouve ça con, mais ça me dérange pas. Je vais pas aller leur casser la gueule pour qu’ils se mettent à faire du skate ou du foot, comme moi. J’ai eu envie de frapper tous les pédés quand j’ai compris que j’en étais un, parce que je voulais pas, parce que. Y a combien de pédés refoulés ici ? Mais arrêtez de taper vos semblables. Aimez. Vous verrez comme ça soulage.
Eh oh, t’es toujours là ?
Ah oui, c’est bon.
Message aux étoiles : je vais bien m’occuper de votre Silas Pollock. Je vais attendre avec lui que ses bleus disparaissent, que son corps de dé-bosse. Après on sortira. Marcher. Regarder le ciel. Faire du skate. Aller au cinéma, au restaurant, au musée, au parc, au skate park, au zoo, à la piscine, à la plage, à des concerts, en boîte, en soirée, voir des matchs de foot. Chercher du pain, conduire, courir, boire un café avec Debbie, aller la chercher au lycée, faire les magasins, manger un croissant dans la rue, prendre le bus ou prendre un taxi pour commencer, aller en cours. Mais je vais pas le forcer. Je vais l’aider à être prêt et quand ce sera le cas, on ira.
- Mais je t’ai jamais dit qu’on était les rois du monde ?

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Lun 26 Jan - 16:04


nous serons rois demain
mon amour toi et moi

Je sens ses bras qui me serrent encore plus. Ça me fait grimacer un peu à cause des bleus et tout ça mais je trouve que c’est un petit prix à payer pour qu’il soit là. Je supporterai bien plus pour pouvoir rester encore là, blotti dans son étreinte, le nez dans les mailles de son pull, les paupières fermées à ne rien faire d’autre que le respirer. Ça va mieux quand il est là. Et je sais qu’il fait beaucoup d’efforts, qu’il prend beaucoup sur lui parce que cette fois c’est moi qui ai lâché prise, cette fois c’est moi qui ai desserré mes doigts et c’est moi qui tombe. Heureusement qu’il est venu à temps. Deux jours de plus sans lui et je crois que j’aurai même plus eu la force d’ouvrir les paupières, que j’aurai même plus eu la force de tendre les doigts pour l’effleurer. On se concentre tous les deux pour s’envoyer des décharges d’ondes positives et je crois que ça marche un tout petit peu. Je commençais à être fatigué à force de me battre tout seul, heureusement qu’il est là et qu’il souffle tout doucement sur les braises avec toute sa patience. Quand il sera reparti il faudrait que je lui écrive une lettre où je lui dirai une nouvelle fois à quel point je l’aime, avec combien d’étoiles (toutes). Une lettre où je lui dirai pour la milliardième fois merci, merci, merci, merci, merci.
Merci Coma de briller plus fort que toutes les personnes de la terre. Merci Coma de toujours quitter une pièce et de laisser la lumière allumée. Merci Coma de t’efforcer de sourire et de murmurer toutes les plus belles choses du monde. Merci Coma d’avoir les mains toujours tendues pour moi. Merci pour tes baisers, merci pour tes caresses, merci pour tes mots, merci pour tes yeux qui me font sentir comme le plus beau garçon de la terre même quand je me suis fait défigurer par quatre garçons. Merci pour tout ça, merci pour les choses toutes petites aussi.
- Pourquoi tu crois que j’suis là ? J’aurais même dû venir plus tôt. J’aurais dû venir dès que Debbie m’a téléphoné … Tu sais bien qu’on peut pas s’en sortir tout seuls, tu sais bien que j’dois être là quand tu t’écroules et que tu dois être là quand je peux même plus dormir. Mais bon … J’suis là maintenant et j’attends juste tes instructions. J’vais me mettre en arrêt maladie moi aussi, et puis on va jouer au docteur. C’est tellement chiant les cours sans toi en plus. On est pas obligés de sortir tout de suite, tu vois ? On fait c’que tu veux. On fait comme tu sens. Mais on va t’soigner. J’te rappelle que t’as déjà survécu à tout ce que j’t’ai fait, alors t’es un peu un super-héros du monde, un warrior, un increvable, tu crois pas ? Ça prendra le temps que ça prendra. C’est pas grave. Moi ça m’embête pas tant que t’es là. Mais la prochaine fois que tu veux que j’sois aux petits soins pour toi, hein, pas la peine de provoquer des connards en duel …
J’ai mon sourire qui s’étire encore, ça me fait un peu mal partout parce que mine de rien j’ai commencé à perdre l’habitude. D’un coup d’un seul les muscles de mon visage savaient plus faire jusqu’à aujourd’hui. Pffiou … c’est digue comme il me fait du bien ce garçon. C’est dingue comme il m’élève, comme il me donne envie de me foutre sur mes deux cannes et de courir vers la fin du tunnel. Je sais pas quoi répondre à tous ses mots magnifiques, je sais pas quoi dire à tout ça. J’ai pas besoin de plus de preuves, je sais juste qu’on va plus jamais, plus jamais se lâcher et c’est ça qui compte. Moi je veux  l’avoir avec moi pour les dix prochaines éternités, je veux qu’on fasse tourner la terre et la lune, je veux qu’on devienne deux grosses planètes dans l’univers, suffisamment grandes et brillantes pour pouvoir rivaliser avec le soleil. Je veux qu’on crée quelques big-bangs pour pouvoir fabriquer d’autres univers et donner la chance à quelques autres milliards de personne de s’aimer aussi fort qu’on s’aime.
J’ai hâte d’être réparé.
J’ai hâte d’être fonctionnel, comme avant. Que ma peau retrouve sa pâleur d’avant, que mes plaies se transforment en petites traces roses. Au moins quand je les verrais je me dirais que j’aurai encore survécu à un sale coup de la vie. Je me dirais que Coma aura encore une fois été là pour me secourir avec sa cape invisible et qu’on aura réussi à être plus forts que tout le monde. Enfin c’est pas pour tout de suite …
- Mais je t’ai jamais dit qu’on était les rois du monde ?
Oh mais tu n’avais pas besoin de le dire, mon amour. Je le sais déjà.
On se l’est prouvé suffisamment de fois.
J’ouvre les paupières et je le laisse me regarder. Je le laisse poser ses yeux sur moi, effleurer mes contusions, mes hématomes, mes égratignures avec ses pupilles. Je sais qu’il m’aime toujours malgré tout ça, malgré les bosses, malgré les couleurs, malgré le sang séché.
Ma main se décroche de son pull et vient plutôt se glisser dessous, sur la peau. Je vais toucher son ventre, ses hanches et ses côtes. Je respire tout doucement. J’ai la tête vide. J’oublie les visages des autres, déformés par la dégout/la colère/les rires. Le seul visage auquel je pense c’est celui de Coma. Je pense à son nez que je connais par cœur, à la forme de ses oreilles qu’il déteste tant, je pense à son menton, à ses cils, aux deux océans de ses yeux, à ses cheveux. J’aime chaque millimètre de lui, chaque petite parcelle, chaque endroit. Je les ai tous touchés, tous regardés.
- Tu pourras revenir tous les jours si tu veux … ça me fait du bien quand t’es là, j’oublie un peu la bagarre et les coups. Et puis tu me racontes des belles choses et j’aime bien quand tu fais ça, parce que ça casse le silence et le bruit de moi qui pleure. J’aime ça t’entendre parler. Tout à l’heure quand il fera un peu nuit, est-ce qu’on pourra aller fumer à la fenêtre de ma chambre et regarder un peu le ciel ? Et tu voudrais bien rester dormir avec moi ce soir ?
Mes yeux ont quitté les siens et sont maintenant dans son cou et sur l’os de sa clavicule. Je prends une grande inspiration, comme avant un plongeon, comme avant une grande décision. Mais c’est parce que j’essaie de me concentrer pour chasser les larmes. C’est marée haute, dans mon corps. Là elles sont toutes bloquées dans ma gorge et je sais qu’il leur faudra pas grand-chose pour sortir par les deux volets de mes yeux. Pourtant j’ai tout, tout pour être bien, pour guérir. J’ai Coma, j’ai Coma et c’est tout ce qu’il me faut. J’ai juste besoin de chaque morceau de lui, que tout lui soit mobilisé pour moi.

Lève la tête, Perdican !

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Mar 27 Jan - 20:49

Silas et Coma les rois du monde.
Je sais pas pourquoi y a toujours une reine ou un roi tout(e) seul(e). Ils doivent se faire chier. Et puis moi je pourrais pas être roi sans Silas. J’arriverais pas à faire tenir ma couronne sur ma tête et puis surtout ça m’intéresserait pas. Qu’est-ce que je m’en fous, moi, que la terre tourne bien comme il faut dans le sens des aiguilles d’une montre et que les petits bonhommes qui courent dessus soient heureux et aient des nuits avec la lune et des jours avec le soleil, ça m’intéresse pas de regarder tout ça sans Silas, non, vraiment pas, ce que j’aime c’est être roi avec lui, être son roi et regarder le bonheur des autres comme si le nôtre, énorme, nous suffisait pas.
Mon roi est revenu à la surface et il est tout bleu.
Je sais pas trop trop comment faire pour garder le sourire qu’il vient juste d’inventer du bout des doigts, je me dis juste qu’il faut pas que je le laisse tomber, ni le sourire, ni Silas, alors je continue.
Silas, c’est comme s’il avait compris, et il trouve le moyen de faire survivre mon sourire rien qu’en glissant ses mains sous mon pull. Elles sont toutes petites mais j’ai l’impression qu’il n’y a plus qu’elles. Même mes côtes, ma cage thoracique, mon hanches sont amoureuses de lui quand il me touche comme ça. Et en même temps nos visages sont si proches que j’ai encore envie de pleurer, et il me regarde tellement fort aussi, c’est presque du défi. Tu m’aimes hein ? Alors regarde-moi bien droit dans les bleus. Je sais pas comment il fait putain. Pour me rendre heureux et me donner envie de pleurer à la fois. C’est pas la première fois. Avec Silas ça a souvent été comme ça. Un mélange, un maelström, t’es à peine debout que tu retombes déjà, mais pour te relever plus grand, plus roi. C’est ça Silas. Mon marchand de sable, mon marchant d’étoiles, mon marchand de bonheur, ma mise en route des larmes, ma dépression, mon euphorie, ma chanson préférée, mon accès direct aux étoiles, ma voie lactée en moins de deux, mon trou noir et mon arc-en-ciel.
Une fois il m’a tellement fait pleurer
qu’il y avait pas assez de place sur mon visage pour toutes les larmes.
Une fois, je l’ai tellement aimé
qu’après j’avais oublié mon prénom et aussi ceux de tous mes copains
je flottais.
Il me parle avec sa voix aussi minuscule que ses mains mais plus belle aussi, si jamais c’est possible un truc pareil (parce que je vous ai déjà parlé de ses bras mais jamais de ses mains, et ses mains, c’est quelque chose, c’est un poème en peau-rose). Il me demande de revenir tous les jours, mais il le dit d’une autre manière, comme si la question se posait, comme si j’allais aller à l’école demain, il me demande de dormir avec lui cette nuit de regarder les étoiles de fumer (peut-être pas dans cet ordre-là je sais pas je). Mes yeux crient. Mais oui mon amour, et même que ta cigarette, je pourrai te l’allumer en deux secondes avec toutes les flammes amoureuses de mon cœur. Les étoiles, je t’en parle pas. Elles vont être à tes pieds. Elles auront plus assez de mains pour applaudir. Elles te feront la révérence et aussi une petite danse.
Ou peut-être qu’elles feront un truc discret histoire de nous laisser tranquille …
Peut-être qu’on entendra juste une …
Un grand soupir de soulagement.
Plein de paillettes à coller sur nos murs et sur nos chaussures.
- Mais oui je serai là demain, je vais rester ce soir et demain matin je réussirai à me lever plus tôt que toi et j’irai te préparer un p’tit dej de champion. T’as pas beaucoup mangé, hein ? Je te sens tout maigre, c’est pas bien ça, t’es plus appétissant quand tu manges normalement. Je serai là demain, après-demain, et quand t’iras mieux je serai encore là, parce qu’il restera encore du chemin hein … Quand tu seras complètement remis, pareil, je serai toujours là ! J’suis collant. J’vais plus aller au lycée j’te dis, pour le moment en tous cas. Au pire j’ai déjà foiré ma terminale à cause de toi …
La tendresse dans ma voix est plus lourde qu’une chaîne de montagnes et mon sourire fait dix kilomètres puissance 6 de long.
J’espère qu’il m’en veut pas de dire ça.
Parce que moi je m’en fous, vous voyez ? Je m’en fous de pas avoir de diplôme, de rater ma scolarité parce que j’ai réussi quelque chose de trente fois plus important : deux bras, deux jambes et un visage de bébé, Silas.
J’ai réussi à trouver ça, à comprendre dans quel sens ça s’éprouve, l’amour, à comprendre comment ça marche, d’aimer vraiment et d’aimer un garçon aussi, à savoir ce que ça fait d’avoir quelqu’un qui vous aime le plus au monde et comme ça lui ferait mal si vous partiez, j’ai trouvé quelqu’un qui veut bien de moi et que j’aime au-delà de tout. Je m’en fous de pas pouvoir devenir avocat. Les avocats c’est pour avoir une grande maison, moi ce que je veux c’est toujours avoir un grand cœur pour y loger un cœur-Silas en miniature. Moi, tant que j’ai Silas, le reste, les avocats, c’est pas importants, c’est du troisième plan (parce qu’au second, y a le ciel). Avec Silas, j’ai gagné des étoiles, des comètes, des météorites, des étoiles filantes, des planètes, des paillettes, des galaxies, des voies lactées, des univers, des systèmes solaires, des soleils de toutes les couleurs et de toutes les formes, et d’autres trucs encore dont je connais même pas les noms.
- Laisse-moi te regarder maintenant.
Son visage c’est ma planète préférée.
Mais là, en atterrissant, c’est comme si j’étais pas venu depuis longtemps et qu’il y avait eu des changements pendant ce temps.
Comme si une tempête ou trop de temps étaient passés par là. Il manque certaines couleurs et il y en a des nouvelles. On voit moins ses yeux qu’avant aussi, mais par contre on comprend bien qu’il y a eu des larmes dans ce périmètre. C’est horrible, je me mords la bouche. J’ai envie de tout effacer avec mes doigts, de dégager les coupures et les couleurs trop fêtardes pour retrouver le Silas du dessous, avec son visage pâle-lune, celui qui avait des sourires tout rouges et des joues roses. J’effleure son visage entier du bout des doigts, je le connais par cœur normalement mais là il y a des bouts qui sont plus enflés que d’habitude et aucune partie de moi ne connait ce nouveau chemin alors j’y vais tout doucement. Je traverse son front avec mes doigts, je descends sous les sourcils, sur les paupières, je fais le tour de ses yeux et je suis presque sûr de toucher une larme au passage. Je serre les dents et j’oublie les miennes. Je prends la descente de son nez mais là aussi il y a quelque chose qui va pas, des obstacles que je découvre, bon, je passe dessus sans trop appuyer. J’essaie de redonner une couleur plus humaine à ses joues mais ça marche pas, quand j’arrive sur ses bouches j’ai envie de … de …
Rien.
Je souris.
Il est beau quand même.
Il est beau quand même ! En même temps ils auraient dû le savoir, non ? Qu’on enlève pas à un ange toute sa beauté ! On peut pas ! C’est invincible connards !
Quand je lâche son visage j’ai l’impression d’avoir déjà un peu moins mal à la gorge, de reprendre le contrôle de mes larmes et de mon cœur avec. J’aimerais moi aussi passer mes mains contre lui, sur son ventre et toucher son nombril mais j’ose toujours pas, il pourrait y avoir des hématomes que je connais encore pas. Je repasse juste mes bras autour de lui.
- Bon. Quelqu’un a nettoyé tes bobos aujourd’hui ?

Tout va bien, hein ?
On va être une team nous deux.

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Mer 28 Jan - 17:57

C’est bizarre, ce qui m’arrive, là, tout de suite. C’est bizarre, comment je me sens. C’est bizarre tous ces litres de larmes bloqués derrière mes paupières et dans ma gorge. Je crois que je suis en train de saturer, que j’ai toute la fatigue de ces derniers jours qui est en train de m’écraser les épaules. Et pourtant, pleurer, je fais que ça. Je pleure dans mon coin depuis quelques jours, le visage planqué dans l’oreiller pour pas avoir à m’entendre renifler, pour pas sentir mes larmes couler sur mes joues, pour espérer que ça se calme tout seul. Mais voilà, ça passe pas. Les bleus ont beau se rétracter, les bobos font peut-être un peu moins mal, mais je suis sonné, à terre. Je sens encore leurs poings en colère et leurs poings moqueurs sur moi. Je sens leurs yeux dégoulinant de haine et ça m’empêche d’avancer, ça m’empêche de sortir la tête hors de l’eau.
Pourtant j’ai la bouée Coma juste là. Coma comme un phare en pleine tempête. Coma comme la dernière étoile survivante, comme la lumière au bout du tunnel, comme le remède miracle, Coma tout court. J’ai beau tendre les mains, j’ai beau m’y accrocher, à lui, à ses cheveux, à son visage, mes mains glissent. Il faut que je me dise que ça va aller, que ça va aller, que ça va aller. Je dois y croire un tout petit peu. Il faut que je m’aide.
Je prends des inspirations tremblantes.
- Mais oui je serai là demain, je vais rester ce soir et demain matin je réussirai à me lever plus tôt que toi et j’irai te préparer un p’tit dej de champion. T’as pas beaucoup mangé, hein ? Je te sens tout maigre, c’est pas bien ça, t’es plus appétissant quand tu manges normalement. Je serai là demain, après-demain, et quand t’iras mieux je serai encore là, parce qu’il restera encore du chemin hein … Quand tu seras complètement remis, pareil, je serai toujours là ! J’suis collant. J’vais plus aller au lycée j’te dis, pour le moment en tous cas. Au pire j’ai déjà foiré ma terminale à cause de toi …
Voilà, ses mots sont comme mille lanternes. Ça ravive un peu les couleurs sur mon visage, ça rallume quelques étincelles dans mes yeux, juste de quoi repousser le raz-de-marée qui menace de s’abattre sur mon visage. Je me contente de lui sourire un peu bêtement. Non j’ai pas beaucoup mangé, à vrai dire j’ai mangé le strict minimum, de quoi me faire tenir debout pour quand je dois aller aux toilettes ou dans la salle de bain. Mais j’ai plus faim, je me sens vide, vide et triste et j’ai pas envie.
- Laisse-moi te regarder maintenant.
Je le laisse faire.
Et ça me retourne un peu plus le cœur. Faut voir ses yeux, ses yeux qui se voilent d’un coup et qui semblent pas comprendre, pire, pas me reconnaître. Je renifle un peu parce que ça me fait l’effet de quelques coups de massue, juste de quoi éteindre ce qui s’était rallumé sous mes paupières. Désolé, Coma, désolé de plus ressembler à grand-chose. Promis la prochaine fois je ferai plus attention à moi, je rentrerai plus jamais tout seul, de toute façon je suis même pas sûr de vouloir remettre les pieds dehors, là où les méchants traînent et là où on se fait casser la gueule à coups de poing, de pied et d’insultes. Ses doigts (baguettes magiques) viennent se déposer sur ma peau, tout doucement. Ma peau ouverte, ma peau violette. Ils se promènent sur les reliefs de mon visage, contournent les coupures et les déchirures, évitent probablement les bleus. Ils finissent leur course sur mes lèvres. Et malgré les larmes qui pèsent dans l’océan de ses yeux, Coma trouve la force de sourire. Je sais pas comment il fait. Je l’ai senti s’arrêter sur mes lèvres et j’imagine ce à quoi il pouvait penser. Il devait avoir envie de m’embrasser comme on le faisait avant la bagarre, il devait avoir envie de ça tout comme moi j’en ai envie. Mais il doit avoir peur de m’abîmer. Faudrait que je lui dise que je suis plus solide que j’en ai l’air et que s’il veut il peut m’embrasser, moi ça me pose aucun problème parce que ses lèvres me manquent. Avant c’était tous les jours et plusieurs fois par jour et aujourd’hui je n’ai eu le droit qu’à un malheureux bisou sur le sommet du crâne.
C’est pas grave.
Ça va revenir.
Il a lâché mon visage et je suis de nouveau blotti contre sa poitrine. Ici on est bien. Ici c’est un refuge et je sais que tant que je serai coincé dans l’étau de ses deux bras, il ne m’arrivera jamais rien. Ici je ne me ferai jamais frapper par des méchants garçons, ici on ne m’insultera jamais. Parce que les autres ils auront peur de Coma. On n’a pas besoin de le connaître pour savoir que quand il s’énerve, c’est un phénomène. Ça se voit sur son visage, dans ses yeux. C’est mon ange gardien. Et j’irai voler des plumes sur le corps des oiseaux pour pouvoir  en rajouter à ses ailes des fois qu’il en perdrait quelques unes pendant un vol.
- Bon. Quelqu’un a nettoyé tes bobos aujourd’hui ?
Je me dégage de ses bras.
- Non. Mais je vais chercher les crèmes et tout.
Allez, Silas.
Sur tes jambes, maintenant.
Tu vas lui prouver que t’en as dans le ventre et que tu vas guérir. Tu vas lui prouver que toi aussi tu fais partie des forts, des grands.
Je roule sur le flanc et je m’assieds au bord de mon lit. J’ai le cœur qui tremble. Je vais chercher toute la force qui me reste dans mes bras. Loin de ma couverture et loin de mon soleil Coma, il fait froid. Je me mets debout et ça me fait tourner la tête. J’ai passé tellement de temps allongé que j’ai du perdre le sens de l’équilibre. Avant que Coma ne vienne voler à mon secours je dis
- Ça va.
Un peu sèchement.
Mais c’est pour qu’il comprenne que je peux faire tout seul. Je traverse ma chambre et j’avais oublié les douleurs dans mon dos. Au moins ils n’ont pas cogné dans les jambes. J’aurai pas supporté de finir dans une chaise roulante ou quelque chose comme ça. Je traverse ma chambre, le petit couloir jusqu’à arriver dans la salle de bain où je trouve la boîte pleine de crèmes, de lotions, de pansements. Mon kit de survie, en somme. Je reviens dans ma chambre et je trouve l’odeur affreuse.
Je me demande comment Coma fait.
Je pose la boîte sur le matelas et je retourne m’asseoir au bord du lit, à côté de lui.
- Normalement il y a une crème pour les plus gros bleus et sinon il faut désinfecter les égratignures.
Je pourrais le faire tout seul, ça. Passer un coton imbibé de désinfectant sur mon visage. Mais je préfère quand ce sont les autres qui le font, parce qu’au moins je n’ai pas à me regarder dans un miroir. Je ne sais pas non plus à quoi ressemblent les bleus dans mon dos. J’espère seulement que ce n’est pas trop moche.
J’espère aussi qu’après Coma voudra bien m’embrasser.

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Ven 30 Jan - 20:18

J’imagine sa bouche coincée contre mon pull. J’imagine que c’est une fleur rouge foncé, une rose. J’imagine la forme qu’elle a quand elles est pressée contre mon torse, je me souviens de la forme qu’elle a quand elle boude, je pense à la forme qu’elle prend quand je m’en rapproche pour l’embrasser. Ils ont pas pu abîmer sa bouche c’est pas possible. Ou au moins, ils ont pas pu lui prendre son envie de m’embrasser. C’est ce qui s’est passé avec ses bras. Ils ont essayé de les casser en morceaux mais regardez il est encore capable de me serrer comme un dingue contre lui, à me couper le souffle et me faire sourire en même temps. Moi c’est pareil. Si tu me coupes les jambes, je serais quand même capable de me relever pour courir la vie à ses côtés, en le tenant par la main, pas le lâcher, pas le lâcher.
Là, Silas reprend ses bras, me redonne les miens.
Il s’assoit au bord du lit et je suis sûr que quand il regarde le parquet, ça tangue comme s’il essayait de descendre d’un bateau …
Je recommence à avoir la gorge bloquée de peine et je m’assois en repoussant un peu la couette, pour être sûr d’être là pour le rattraper au cas où il se mettrait à tomber.
Mais non ! Il se dresse sur ses deux jambes comme un champion, mon super-héros avec sa cape à étoiles. Comme à chaque fois. Les jambes de Silas sont dopées à la vie. Elles flanchent parfois mais elles reprennent toujours le contrôle. Je l’ai vu faire ça des centaines de fois, Silas. Se lancer, sur ses deux pieds, du bord de son lit. Au réveil, après l’amour, pour aller ouvrir les volets ou faire pipi. Mais je m’étais jamais rendu compte à quel point c’est magnifique, quand il le fait. Et je m’étais jamais rendu compte que ça peut aussi être très dur, comme geste. Et il … Non, il tombe pas. Il tombe pas. Il tombe jamais, on a dit. Mais instinctivement, j’ai commencé à me lever.
- Ça va.
Putain.
Ça me fait comme plein de petits coups de couteau mais je dis rien.
J’espère qu’il se remettra bientôt à me parler avec sa voimour.
Je regarde ses petites fesses sortir de la chambre, ça c’est autre chose que personne pourra jamais lui enlever : ses petites fesses.
Je m’allonge sur le dos en l’attendant et je regarde le plafond de sa chambre, avec sa dizaine de petites étoiles phosphorescentes. C’est moi qui lui en ai acheté un minuscule paquet pour Noël, avec un mot attaché, genre : il y en a pas beaucoup (des étoiles), parce que tes yeux ont volé toutes les autres, je t’ ☆. C’était une connerie. Silas il a vraiment pas besoin d’un ciel de nuit, trop sombre, avec à peine quelques paillettes. Ce qu’il lui faut, c’est un ciel de jour, bleu pétant pour lui remettre des couleurs dans la tête. Demain je reviendrai avec mes feutres (j’en ai une boite toute neuve de cent couleurs). Je colorierai le plafond d’un bleu été, il y aura des arc-en-ciel mais pas de pluie, juste du soleil, un arc-en-ciel de soleil, le soleil ce sera un soleil tout bête, comme ceux que dessinent les enfants, un rond jaune avec huit bâtons autour mais attention, un soleil É N O R M E. Silas pourra mettre sa tête dedans pour choper un peu de lumière. Il faudrait quand même un lit d’étoiles. Je sais pas comment on peut fabriquer ça, je regarderai sur google.
Je regarde sa table de nuit, il y a une photo de nous. Elle date de notre tout début. Quand il m’avait demandé s’il pouvait l’accrocher dans sa chambre j’ai dit « non mec ça va pas ou quoi », je voulais pas que les autres soient au courant, ou que Debbie se mette à comprendre. Quand on s’est mis ensemble pour de vrai, pour de bon, pour toujours, il m’a reposé la question et cette fois j’ai répondu « bah oui mon amour ». Tout de suite c’est pas la même chose.
- Normalement il y a une crème pour les plus gros bleus et sinon il faut désinfecter les égratignures.
Je fais oui de la tête et j’ouvre le pot de crème à bleus et je commence par son dos.
Je savais pas qu'on pouvait faire autant de bleus à un corps.
Je ravale ma salive et puis aussi quelques larmes
Putain !
Je vous avais dit de disparaître !
Je passe de la crème sur chacun d’eux, un par un, parfois même j’en mets trop, comme si ça pouvait les cacher, et d’abord ça sert à quoi cette crème si ça efface même pas les bleus, ça sert à quoi putain. Il y a aussi des petites griffures, des coupures, ça me fait mal au cœur, je passe de l’alcool dessus et je lui touche l’omoplate avec ma main gauche en même temps, c’est pour essayer de lui faire oublier ce que fait ma main droite, je sais pas si ça marche, je veux juste pas lui faire de mal. Et puis je mets des pansements par-dessus. J’ai l’impression d’en avoir mis trop, c’est pour le faire guérir plus vite, s’il vous plaît les étoiles faites quelque chose pour ça, là. Et puis je le fais tourner pour qu’il soit face à moi et d’abord je le regarde. Je regarde ses yeux, rien que ses yeux. La cartographie du ciel dans ses prunelles. Je guette le retour des constellations. J'espère que d'ici ce soir j'aurai réussi à en rallumer quelques unes. Je resterai jusqu'à ce qu'elles soient toutes de retour, je dormirai pas, et si elles continuent de se cacher, si elles ont peur d'avoir froid dans les yeux de Silas, moi, j'irai les chercher par la peau du cul et je les raccrocherai une à une, ça leur montrera un peu comme il fait bon vivre dans la galaxie-yeux de Silas. Je le sais putain. J'y passe mes journées et j'en rêve la nuit.
Dans son cou il y a une marque que je n'avais pas vue. Discrète, violette. J'ai envie de tout casser. Y a que moi qui ai le droit de lui faire des marques dans le cou.
Vous entendez ?
Que moi. Que moi. Que moi.
Que
Moi
Je serre les dents et je passe de la pommade dessus, en essayant d’appuyer le moins fort dessus possible, mais j’aimerais vraiment la faire disparaître celle-là. En plus, peut-être qu’on dirait la voie lactée, mais malheureusement c’est pas du tout une marque d’amour comme moi je les fais, ça. Ça me donne encore plus envie d’aller hurler dehors. Ils ont cru quoi. Ils se sont crus où. Putain. Je finis par son visage, le plus beau, je caresse le tour foncé de ses yeux, des cernes aux paupières, et puis c’est terminé. Je pousse les médicaments vers le bout du lit et je pense à tout ce que je n’ai pas pu guérir avec mes petits trucs de merde. Je pense à son cœur. Je pense à sa peur. Je pense aussi à ses côtes, je les ai touchées en passant et j’ai l’impression qu’elles ne sont pas normales, puis y a son nez aussi, il a comme une bosse sur le haut, un peu entre les sourcils. Mais je regarde ses cheveux qui n’ont pas changé et que personne n’a réussi à détruire et j’arrive un peu à sourire.
- Voilà m’sieur.
J’ai posé une main sur le bord de son épaule et je me penche pour embrasser l’endroit où elle commence à se confondre avec le cou. Je descends en baisers jusqu’à sa clavicule et puis je remonte en chandelle, je trouve sa toute petite pomme d’Adam, son menton, sa joue, le bord de sa bouche. C’est mon trajet préféré, j’adore le faire pour l’énerver, ou parfois il lève les yeux au ciel aussi, genre t’exagères. Aujourd’hui, je sais même pas pourquoi j’ose pas l’embrasser sur la bouche.
Je soupire dans un sourire.
Eh, qu’est-ce que c’est que ça ?
Ah c’est le fil du bonheur.
Y a plus qu’à le saisir de toutes nos forces, à quatre mains.

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Ven 30 Jan - 23:00

Coma c’est le plus bel infirmier du monde. Avec ses doigts tendres il dessine le contour de mes ecchymoses. Je ne vois pas son visage mais je devine encore ses yeux un peu tristes et je pense qu’il doit tirer un peu la tronche, de l’autre côté. Des bleus, j’ai l’air d’en avoir beaucoup. Un sacrée palette de couleurs, je pense. Mais ça va guérir, c’est jamais rien qu’extérieur. C’est pas comme la peur, il faut du temps pour soigner la peur, plus que des crèmes et des médicaments. Pour la peur il faut des milliards de mains tendues, des kilos de confiance et une voix qui te répète tous les jours que tu vas y arriver parce que t’es le garçon le plus fort de la terre. Heureusement, Coma est là, c’est son job. Depuis le début, c’est son job. Depuis toujours Coma c’est ses deux mains tendues vers moi, c’est ses kilos de confiance et sa voix d’abord chaleureuse/amicale puis brûlante/amoureuse qui me dit puis me murmure que je suis le plus fort de tous. Ça va s’en aller. Et puis  il fait pivoter mes épaules et je me retrouve face à lui. Je ferme les paupières et les mains continuent leur boulot. Elles s’attardent dans mon cou, là où mon amour y dépose la langue, les lèvres et parfois les dents. À sa façon de presser ses doigts je sens que ça le fout en rogne. Faut pas qu’il s’inquiète, ça va disparaître. Il pourra remplacer les coups des autres par ses coups à lui, une bien plus jolie violence. Je sens ses pouces qui finissent par tracer le contour de mes deux yeux et c’est terminé.
Je lui souris.
Il dit voilà et je réponds
- Merci.
C’est pas juste un merci pour la crème contre les traces violettes.
Sa main revient aussi vite qu’elle est partie et Coma commence à m’embrasser. Ses lèvres jouent contre mon épiderme, sur le relief des os, sur ma pomme d’Adam. Mon visage bascule en arrière pour lui laisser toute la place qu’il veut. Mon sourire s’étire tout doucement sur ma bouche (je m’abandonne). Oh ça m’avait manqué cette bouche, sa bouche et puis ces mains amoureuses. Je les connais par cœur mais je ne m’en lasse jamais. Leur meilleure place c’est quand elles sont sur moi. J’entends un soupir heureux qui s’échappe de ses lèvres.
Je m’allonge sur le dos et je passe mes mains dans son dos pour retirer son pull et le sentir tout contre moi. Moi aussi j’embrasse son épaule et sa clavicule et son cou. Je l’embrasse partout et je l’embrasse très fort parce que je sais qu’il risque rien, qu’il n’a pas de bleu ni d’égratignure. Mes doigts jouent avec les bosses de sa colonne vertébrale. Mes baisers ont le parfum de mes sourires et ils sont de ceux que Coma préfère. Tout va tout de suite mieux quand le bonheur s’insère entre nous.
Je le garde contre moi.
Je respire dans son cou, tranquille.
Je pourrais m’endormir, là, avec lui sur moi, comme un bouclier, comme une carapace indestructible capable de me protéger de tout et surtout des vilains garçons qui peuplent les rues. Je pourrais m’endormir, là, contre lui, parce qu’enfin j’ai cessé d’avoir froid. J’ai cessé d’avoir froid parce que Coma est un soleil. Il brûle, il irradie contre moi et c’est l’une des meilleures sensations du monde. Mais toutes les meilleures sensations du monde sont associées à lui parce que c’est la seule personne qui me pousse à me dire que ça vaut le coup, que la vie vaut le coup, qu’on n’a rien à perdre que quelques plumes dans la bataille.
À chaque fois que je pense avec quelle puissance je l’aime, je suis ému.
J’ai une boule au fond de la gorge, mais c’est pas celle qui rend triste, non. C’est celle qui me rend compte de la chance que j’ai d’avoir une personne aussi magnifique pour marcher avec moi, pour m’aider à me battre, à garder les yeux ouverts, les poings fermés, les genoux fléchis.
J’attrape son visage dans mes mains.
Je le tiens très fort (au cas où qu’il s’envole, on sait jamais avec les petits-copains célestes).
J’embrasse ses lèvres parce que je crois qu’on attend ça l’un et l’autre mais qu’aucun n’osait vraiment franchir le pas. Maintenant c’est fait. Je l’embrasse longtemps et avec beaucoup d’amour, jusqu’à avoir le cœur qui bat un peu trop vite à cause de mes poumons qui savent plus trop où trouver de l’air. Mon nez retourne dans son cou. Voilà, je suis serein. Je vais mieux. Je sais que son cœur bat juste contre moi, qu’il est là, qu’il y a ses bras, ses coudes, ses genoux, son nombril, ses cils …

Qu’est-ce qui pourrait m’arriver de mieux ?
Rien.
Même pas le soleil puisque je le tiens dans mes bras. Vous avez vu, vous êtes témoins. La force qu’il me donne. J’ai réussi à me mettre sur mes deux jambes pour faire quelques pas. C’était peut-être pas grand-chose mais à moi ça m’a fait tout bizarre de faire fonctionner les muscles de mes mollets et de mes cuisses pour m’emmener jusqu’à la salle de bain et me ramener jusqu’aux mains de Coma.
S’il était pas là, je serai pas là non plus. Je serai peut-être mort de chagrin et de solitude dans mon coin parce que je n’aurai trouvé personne qui veuille bien s’occuper de moi. Je n’aurai trouvé personne qui veuille bien prendre le temps de poser ses yeux sur moi, de m’accorder une demi-seconde d’attention. Personne qui ait la patience.
Sauf un.
Une étoile plus grosse et plus brillante que le reste. Du genre qui prend vraiment toute la place et qui a mis quelques années à se déclarer mais qui a fini par faire son apparition. Je lève les yeux et tout autour de moi je vois des morceaux de lui. Les étoiles au plafond, ce sont les siennes, les bouts de cahiers déchirés et accrochés avec une punaise, c’est de lui à moi ou de moi à lui. Sur ma table de chevet, une photo (nous). Je nous trouve très beaux. J’ai une bien meilleure mine quand je vais bien, mes joues de (grand) bébé, mes yeux limonade, mon sourire jusqu’aux oreilles.
Demain j’aurai des courbatures dans les joues.
Ça faisait longtemps que j’avais pas autant souri.
Mes mains tombent sur ses reins.
- On va la fumer, cette cigarette ? En regardant le ciel.
Avec la couverture sur nos jambes et nos mâchoires qui claquent à cause du froid. Et après on retournera s’allonger, nus sous les draps. Depuis quelques jours j’ai peur de tous les garçons, sauf de Coma. J’ai eu peur quelques fois quand il se mettait en colère contre moi mais maintenant c’est terminé. Maintenant je sais que je peux avancer les yeux fermés tant qu’il est là parce qu’il ne m’arrivera
rien.

☆☆☆

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Sam 31 Jan - 20:28

À des millénaires de là, Neptune nous regarde …
Y en a qui sont jaloux dans l’espace …

Est-ce que bonheur, à force de l’attraper et de le lâcher tout de suite après, finira par ne plus venir nous voir du tout, lassé de nos allers et retours ? Est-ce qu’il peut faire ça ? Est-ce qu’il a le droit, au bout d’un moment ? Je vois pas pourquoi : le soleil, les étoiles, personne nous a jamais laissés tomber, ceux qui ont essayé, on est allés les chercher pour les forcer à nous retrouver. Non mais … De toute façon, le bonheur est à genoux devant le regard de Silas, comme tout le monde, il fait ce qu’il veut ! Le bonheur, il est comme moi, il peut prendre une décision débile et changer tout de suite d’avis rien qu’en regardant Silas un tout petit peu dans les yeux. Le bonheur, il est comme moi, il est un peu con et on comprend pas toujours ce qu’il fait, mais il peut pas dire non à la perfection. Il est con ouais, mais il a ses limites. Le bonheur est juste là puisqu’on en parle, attiré par l’odeur des baisers appuyés de Silas, mon épaule, ma clavicule, mon cou, entre son torse nu et le mien.
Ça c'est sa façon de me dire qu'il m'aime mais en oubliant les mots.
Plus fort !
Plus fort !
Il embrasse aussi mes lèvres, c’est arrivé tellement vite que je fais un petit bruit de surprise quand nos bouches se touchent. Et puis je souris. À cause de moi les baisers c’est toujours un peu n’importe quoi, parce que la plupart du temps je souris en plein dedans, ou je parle, je dis je t’aime, parfois je ris aussi, et d’autres fois, je le déshabille en même temps. Là même mes bras sourient, alors c’est difficile d’y échapper, ils prennent de la place. J’espère que c’est pas trop lourd sur ses bleus, en plus de mon corps, mais c’est lui qui a commencé … Non c’est moi … Je me souviens de la première fois que je l’ai embrassé. J’y avais jamais pensé avant, et puis / et puis je voulais plus m’arrêter. Je pose ma tête dans son cou, mon cœur reprend sa respiration, mon sourire s’élargit je sais même pas pourquoi. Ah, si. Je suis content qu’il veuille encore m’embrasser alors que c’est précisément pour ça que quatre enfoirés l’ont cogné de la tête aux pieds.
- On va la fumer, cette cigarette ? En regardant le ciel.
Tout ce que tu veux.
On peut aller sur le bord de l’Everest aussi si tu veux.
Mais si tu veux pas, la fenêtre c’est bien.
Je nous relève et je défais la couette du lit pour l’emmener avec nous. J’ouvre la fenêtre et je l’aide à s’assoir sur le bord de la fenêtre, je le tiens par la main jusqu’à ce que je sois sûr qu’il va pas tomber, manquerait plus que ça, qu’il glisse du rebord et qu’il s’échoue quatre mètres plus bas. Je suis pas sûr d’avoir la fonctionnalité « mécano des corps », moi. Et tant pis si ça l’énerve. Je le vois bien que ça l’énerve, quand je vais m’assoir avec lui, mais tant pis. Il fait un froid de gueux et je l’ai enroulé dans la couette, on dirait le plus beau saucisson du monde. Moi je sors mes clopes pour arrêter de me les cailler et pour une fois, je m’en allume une d’abord, et une pour lui après.
Ça fait faire de la haute voltige à mon cœur de le regarder fumer.
Il est plus beau que n’importe qui surtout quand il fume. On dirait un petit garçon et un vieillard en même temps. Je l’ai connu petit garçon, moi, et j’espère que je serai encore là pour le regarder être un vieillard. Silas c'est mon poème préféré et je me lasse jamais de le réciter. Je connais chacun de ses alexandrins par cœur et j’aime bien les répéter le plus souvent possible, jamais de la même façon, parfois je fais même pas le poème en entier, juste des petits bouts qui me viennent. Je change d’intonation à chaque fois et je fais même pas exprès. Silas c’est le seul poème que j’ai pas eu de mal à apprendre, c’est le seul que j’oublierai jamais, c’est le seul qui me donnerait une bonne note mais ça fait longtemps qu’on fait plus ça à l’école.
J’ai passé mon bras autour de ses épaules et ses cheveux empiètent sur mon menton.
Je fume de la main gauche, c’est-à-dire n’importe comment.
Eh Debbie ?
Debbie j'espère que tu pleures plus.
Regarde nous on sourit.
Tu sais pourquoi on sourit ?
On sourit parce qu’on les a encore tous battus cette bande de cons. Bon, d’accord, pour l’instant ça se voit pas encore, Silas, il est encore en mille morceaux, que ce soit ces envahisseurs de bleus, les coupures qui resteront longtemps des cicatrices, les faux suçons, la peur qui paralyse les jambes, tout ça. Mais bientôt, quelques semaines, tout le monde pourra dire qu’on est les vainqueurs, une fois de plus. Quand ils nous verront marcher bien droit en nous tenant la main, moi qui surveille qu’il n’y a rien dans le chemin pour abîmer Silas (une fois il s’est pris un lampadaire), quand ils verront ça, ils diront ah, ils ont encore réussi à se relever ces deux-là. Ils seront même pas surpris, tu verras. Ils sont habitués à nous voir cassés mais toujours réparés ensuite. Franchement celui qui a essayé de casser Silas en pensant qu’il allait gentiment rester à terre, il avait jamais entendu parler de nous.
Imbattables.
C’est écrit sur notre front.
Hum hum ?
Mesdames les étoiles ?
Oui je sais bien que vous m’aviez dit de plus vous embêter tant que j’aurais pas retrouvé mon amoureux, mais justement, regardez qui je vous amène.
Votre petit prince en personne …
Regardez-le …
Il manque plus que la couronne …
Le ciel est encore rose par endroits et les étoiles commencent tout juste à s’allumer, une par une. Mais soudain, c’est une invasion, et y a plus aucun nuage pour les cacher (il y en a eu toute la journée pourtant). Y en a une qui a dû l’apercevoir, le petit roi suspendu au rebord de sa fenêtre, avec ses bleus et son amoureux, et elle a rapatrié toutes les autres. Je suis pas fou je vous jure. Toutes les étoiles du ciel brillent au-dessus de Palo Alto ce soir, c’est sûr. Y en a qui applaudissent, y en a qui dansent, y en a aussi une qui pleure au dernier rang mais même elle, elle arrive encore à y voir par-dessus pour regarder fièrement Silas de toutes ses forces, de toutes ses paillettes. C’est une belle scène de retrouvailles.
Dans étoiles il y a
« toi »
et ça fait des années que ça dure.
Je le sais, et les étoiles aussi le savent tu vois.
Quatre garçons passent dans la rue, devant le portail de la maison. Ils rient fort comme si le bonheur était censé faire du bruit, et ils ont l'air plus jeunes que nous. Mais c'est quand même quatre garçons. J'aimerais trouver quelque chose à dire, n'importe quoi, de la merde, juste pour que Silas se tourne vers moi, que ce soit moi qu'il regarde et pas ces quatre garçons, mais c'est trop tard et on les observe en silence. Le début de soirée étouffe leurs rires et j'aimerais que ce soit pareil pour toutes les peurs de Silas. Avalées par la lune. Je regarde la grande dame blanche et je lui demande silencieusement si elle pourrait pas faire quelque chose pour mon Silas par hasard. Sinon elle sert à quoi d'abord. Elle me rend même pas mon regard cette pute.
Heureusement que mon cœur a fait de la gonflette, faut qu’il soit fort pour se prendre un vent de la part de la lune et continuer à aider Silas-bleu avec ses bras maigres.
J’embrasse ses cheveux mais c’est pas encore ça qui lui ramènera ses sourires dans les yeux.
- Bon j'ai faim moi. J'vais aller chercher deux menus maxi best of, tu ... Tu peux venir si tu veux.
S'il dit non je dirai "t'es sûr", parce qu'on sait jamais.
S'il dit oui alors je lui ferai enfiler trois manteaux pour pas qu'il ait froid à son corps bleu et j'armerai son cœur d'une batte de baseball.

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Lun 2 Fév - 17:35

Est-ce que je vous ai déjà dis que Coma c’est le plus beau garçon de la terre ?
Ah oui … des millions de fois, pardon.
Je préfère répéter au cas où, ça arrive d’oublier. Même moi ça m’arrive d’oublier, lorsque je ne le regarde pas (quand je dors). Et quand je le revois, ça fait des feux d’artifice sous mes paupières et je découvre à chaque fois des morceaux de lui toujours plus beaux. Un pli dans le cou, un cil tombé sur sa joue, la trace de son oreiller …
Il se met debout et j’attrape ses mains pour être sur mes deux jambes moi aussi. Wow, deux fois que j’accomplis le geste dans la même journée, ça m’a tout l’air d’un exploit. Demain je ne sais pas si j’aurai la force pour le reproduire, ou peut-être bien que demain j’aurai récupéré toutes mes forces pour aller courir un marathon dehors. On s’approche de la fenêtre et on s’y assied. J’ai ma main dans la sienne et il m’enroule dans la couverture. J’aurai aimé qu’il vienne m’y rejoindre, sa chaleur à lui est aussi grande que celle du soleil. Mais il a l’air décidé à laisser le vent contre son torse nu. Il allume deux cigarettes, je récupère la mienne. Son bras enserre mes épaules et je me laisse couler contre lui. Ma cigarette brûle toute seule plus que je ne la fume. Le ciel est rose comme les robes de Debbie mais noircit peut à peu pour laisser nos copines danser là-haut. Ça faisait un sacré bout de temps que je m’étais pas arrêté pour regarder le ciel. Ça m’avait manqué. Parce qu’à chaque fois que je le regarde ça m’évoque des milliards de choses. Comme par exemple notre futur voyage en fusée avec Coma où on doit aller faire l’amour sur chaque planète du système solaire et éventuellement revenir. Mais je sais que si on va dans l’espace avec Coma on reviendra jamais sur Terre. On sautera dans le vide pour se transformer en étoiles.
Je sais pas si il est d’accord mais je suis sûr que l’idée lui plairait.
Dans la rue j’entends des éclats de voix. Ce sont quatre garçons. Ils marchent en bande serrée et on dirait bien qu’ils sont heureux. Ils se poussent gentiment de la main, comme pour rigoler. Je suis fixé sur eux et ça me noue le ventre. Eux n’ont pas peur de faire fonctionner leurs jambes dans la rue. Eux ne craignent pas de se faire taper dessus. Moi aussi j’aimerais que les peurs s’en ailles, qu’elles s’enfuient loin de moi, comme avant. Parce qu’elles n’existaient pas. J’avais jamais, jamais eu peur des gens, avant. J’ai jamais pensé qu’il pourrait m’arriver quelque chose comme ça parce que comme on dit, ça n’arrive qu’aux autres. Et je crois que si on commence à sursauter pour chaque porte qui claque, pour chaque cri qu’on entend, on arrête de vivre. Dès qu’on commence, c’est terminé. On devient parano à avoir même peur de regarder par la fenêtre parce qu’on sait jamais ce qu’il peut y avoir derrière les rideaux. Sans Coma je serai jamais allé jusqu’à cette fenêtre pour fumer une cigarette avec lui.
La bouche de Coma se perd dans mes cheveux.
- Bon j'ai faim moi. J'vais aller chercher deux menus maxi best of, tu ... Tu peux venir si tu veux.
Je secoue négativement la tête et j’enfonce mon visage dans ma couverture. J’ai des frissons partout dans le dos et sur les bras et tout à coup j’ai peur du vide sous mes pieds. J’ai très chaud. Je me défais de la couverture et je retourne dans ma chambre où je laisse Coma sur son rebord de fenêtre. Je retourne sur mon lit en traînant ma couverture derrière moi comme un fardeau. Je suis pas capable. C’est trop tôt. Et même si y’a Coma, même si y a sa main, ses bras, ses jambes, je peux pas. Je peux pas. Je peux pas. Je peux pas. La nuit me fait peur et les ombres sur les trottoirs encore plus. J’ai déjà peur de l’instant où ils seront de retour. Peut-être que cette fois-ci ils auront pris des couteaux en plus pour terminer le travail. C’est dangereux en bas, on sait pas ce qui traîne.
- Je … j’suis désolé, je suis pas capable.
Je pense déjà à la sensation de vide que Coma laissera en quittant la chambre. Ça va me faire l’effet de mille courants d’air et je vais me remettre à pleurer parce que je fais que ça depuis quelques jours. Il va partir en traînant mon cœur avec lui et moi je veux pas qu’il s’en aille. Il peut se faire des pâtes ici mais il a dit qu’il partirait pas.
- T’es … vraiment obligé de partir ? Tu peux rester ici et manger avec mes parents, plutôt. Moi je préférerai que tu restes là …
Qu’est-ce que je fais moi si Coma sort et qu’il me revient en morceaux avec du sang sur son pull ? Qu’est-ce que je fais, moi, je pleure encore plus, c’est ça ? Parce que c’est pas moi et mon corps hématome qui iront leur fracasser la gueule aux autres. Je ramène mes genoux sous mon menton et je le regarde. Mes yeux pleins d’eau le supplient. J’aimerais mieux qu’il retourne dans mon lit avec moi et qu’on s’enlace et qu’on s’embrasse jusqu’à ce que le soleil se lève. Il peut bien faire ça, non ? Pour moi, pour lui. S’il va dehors je vais avoir peur pour son visage et pour son cœur. Je serai pas là pour veiller sur lui non plus.
- S’il te plaît.
Allez Coma, je te demande encore quelque chose, un tout petit geste. Que tu restes là, dans cette pièce, avec moi. Et on fera tout, tout ce que tu veux. On pourra jouer à des jeux de société, jouer à la fausse bagarre, faire le ménage, changer mes draps, s’embrasser, se déshabiller, se rhabiller, dormir, rêver, se tenir la main, avoir des discussions sérieuses sur notre futur, imaginer des histoires, n’importe quoi.
Tout sauf toi hors de cette pièce.

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Mar 3 Fév - 20:29

(…)
Je lui achèterai des nouveaux vêtements avec des protège-cœur cousus à l’intérieur.
Et si ça suffit pas, je poserai mes mains par-dessus pour faire un surplus de mains pare-balles.
Et si ça suffit encore pas, j’irai chercher des astéroïdes et je les posterai tout autour de lui en mode gardes du corps et aussi gardes du cœur.
Et peut-être une lampe de poche dans son cœur aussi, au cas où ils se perdraient tous les deux.
(…)
Mais je crois que Silas il s’en fout des gilets comme pour les policiers, il s’en fout d’aller jouer aux super-super-héros de la nuit en direction du macdo, le poing serré qui nous précède, il s’en fout. Ça lui suffit pas. C’est pas assez. Les souvenirs de mardi doivent encore lui transpercer la poitrine, doivent traverser toutes les couches de protection. Ce qu’il faut c’est les effacer. Les souvenirs. Comme on a fait avec mon tableau rempli de mes bêtises. Effacer. Comme on a fait avec tous nos faux derches de copains. Effacer. Comme on a un peu fait avec Debbie. Effacer. Comme on a fait avec les météorites dévastatrices. Effacer. Et puis des gilets pare-balles comme des pansements géants, en attendant la cicatrisation.
Silas s’en fout il fait non de la tête comme un enfant.
Je me retourne assez vite pour le voir faire demi-tour de notre bord de ciel improvisé, notre planétarium d’infortune faute de mieux, de véritable fusée ou au moins de télescope cosmique. (Je tombe presque mais je me retiens au cœur de Silas : il l’a laissé à côté de moi au cas où j’aurais besoin de compagnie, je comprends pas. Je jette ma clope et je récupère le cœur. Ça va, je connais mes priorités.) La cape-couette a glissé de ses épaules et il ne l’a pas retenue. Il la traîne par le pied par terre et avec la lumière de la lune qui envahit toute la pièce, on voit très-trop bien son dos colorié avec des mains moins gentilles que les miennes. On dirait un ange de gamin qui traîne sa tristesse derrière lui comme un énorme nounours. Je le trouve triste même de dos. J’aimerais le caresser mais j’ai peur de mal faire, de lui faire mal.
Qu’est-ce que j’ai dit ?
Qu’est-ce que j’ai fait ?
Qu’est-ce que je dois faire ?
- Je … j’suis désolé, je suis pas capable. T’es … vraiment obligé de partir ? Tu peux rester ici et manger avec mes parents, plutôt. Moi je préférerai que tu restes là …
Je regarde les étoiles pour qu’elles m’aident mais elles ont l’air de celles qui veulent déjà plus me parler. Elles font la gueule comme une petite copine jalouse (je sais déjà plus à quoi ça ressemble). Elles s’éteignent petit à petit, les dernières arrivées, celles qui en croyaient pas leurs paillettes quand on leur a dit que Silas revenait, et qui ont bien traîné pour se ramener, sont les premières à partir, l’air de dire : il a fait vite, le petit prince, il se casse déjà, ça valait pas la peine de traverser autant d’océans … Ben oui mes belles … Y en a encore un qui s’est foutu de vous, et c’est moi, comme d’hab … Je vais pas vous faire de grandes excuses parce que là c’est surtout Silas qui en a besoin. Ça vous suffit « désolé » ? Et sinon je repasserai. Promis la prochaine fois il restera plus longtemps, il vous fera même un petit coucou. J’ai juste un petit peu précisé les choses.
Je le regarde maintenant.
Ça fait mal au ventre.
- S’il te plaît.
Sa voix : fonction : me briser le cœur.
C’est la première fois que Silas me demande de rester.
C’est la première fois que je lui vois des yeux comme ça.
Ça me fout un coup de poing dans les genoux et pendant deux secondes j’ai l’impression que je vais me casser la gueule en débris sur le parquet.
Et puis je me souviens : faut pas que je me casse la gueule.
Je peux pas encore voler mais si je savais comment on fait je déploierais en grand les ailes, et en attendant, j’dois au moins rester fermement sur mes deux pieds. Mais j’ai l’impression d’être tout en glace à l’intérieur. Une statue mais pas grecque, juste Coma. Sur mes deux jambes, ouais, mais incapable de bouger. Et puis tout repart d’un coup, ça fait même un peu mal, comme une claque. Je vais le serrer dans mes bras parce que c’est le meilleur moyen pour moi de tenir debout :

lui

Moi je suis beau que dans ses bras et j’espère que dans les miens, il a au moins l’impression de se démêler un tout petit peu. De pouvoir enfin trouver là où le nœud commence et tout couper pour mieux respirer. J’espère qu’il entend un peu comme je suis désolé, je suis con. J’espère qu’il m’entend même quand je parle pas. Parce que ça me permet de dire plein de trucs à la fois, sans avoir à me servir de ma voix pleine de larmes, ben oui, moi aussi. Ça me permet de lui remontrer que, sur le rebord de la fenêtre ou sur son lit ou dans la rue, je l’aime, et même si j’ai l’impression de répéter ça toute la journée, je peux continuer pendant une vie entière (la nôtre). Ça me permet de lui rappeler que je serai toujours là pour lui caresser les cheveux, le front, les tempes, pour embrasser son nez, sa bouche, ses oreilles, pour toujours le tenir par la main ou par la taille ou mieux encore, passer mon bras autour de ses épaules pour que ça lui fasse comme un bouclier en plus de tous ceux que j’ai déjà confectionnés.
Il fait froid dans la chambre.
J’aimerais être assez fort pour réchauffer l’hiver.
Mais je suis juste capable de fermer la fenêtre et les volets avec.
J’allume la lumière mais juste celle du plafond …
- Excuse-moi, j’suis allé un peu vite … J’pensais que si on commençait à ressortir ça allait te faire oublier les bleus, mais c’est l’inverse on dirait, faut qu’ils s’en aillent pour se remettre au goût de la vie, c’est ça ? Je sais pas je … Je t’avais jamais vu CASSÉ comme ça … Cassé et cabossé dans tous les sens … Et puis comme c’est pas moi qui te mets en mille morceaux pour une fois, je sais pas dans quel ordre les pièces doivent être recollées tu vois, je sais pas par où commencer. T’as vu j’parle beaucoup aujourd’hui. C’est affreux hein. Heureusement que c’est pas tous les jours hein … On va te remettre vite fait d’aplomb et puis comme ça tu recommenceras à faire la conversation avec tes mots en poème là. Et puis après j’peux te dire que t’auras plus peur du macdo, c’est macdo qu’aura peur de toi. Hein ? Hein mon amour ? Tu m’crois hein ? Tu m’le diras quand ce sera bon ?
Je le regarde bien droit dans les yeux pour montrer que je rigole pas avec ça moi.
Je rigole pas avec sa vie, nan, au contraire je mets plein de fleurs dedans.
J’essuie ses yeux même s’ils ont l’air plutôt sec, et je le fais tout doucement pour pas gêner le maquillage tout autour de ses paupières. Je l’embrasse un tout petit peu, vite fait pour pas trop me mettre dans tous mes états et je souris, enfin j’essaie, enfin tu vois, faut bien que quelqu’un fasse le premier pas. Je remets la couette sur nous deux jusqu’au sommet de la tête et sous notre cabane on entend mon ventre qui gargouille en chœur. Je me demande ce qu’ils en pensent, les draps, qu’on soit aussi sages ce soir, la dernière fois que je les ai vus on venait de faire l’amour deux fois de suite.
Enfin qu’est-ce que je raconte.
Nous on fait pas l’amour, nous on invente l’amour, on célèbre l’amour, on remercie l’amour, on applaudit l’amour, on aime l’amour, on montre l’amour. C’est tellement plus sincère. Nous on fait le ciel, on fait les étoiles, on fait les planètes, on fait les fleurs, on fait les paillettes, on fait les papillons, on est un big bang et les big bang ne se cassent jamais, ni en deux, ni en rien, c’est des Power Rangers de la vie les big bang, et nous aussi. La vie elle existerait même pas sans les big bang d’abord, alors respect.

- Je t’aime. Si ça peut t’réconforter …

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MessageSujet: Re: LET OUR ATOMS MELT TOGETHER   Mer 4 Fév - 16:45

Il a l’air fébrile, d’un coup, comme s’il n’était pas bien sûr que ses jambes tenaient debout ou quelque chose comme ça. J’aimerais bien aller le prendre par la main pour le guider jusqu’à moi mais j’ai déjà effectué bien trop de voyages aujourd’hui et je peux vous dire que la fatigue commence tranquillement à me peser dessus. Coma avale la distance entre nous et d’un coup je sens son torse contre le mien et ses bras autour de mes épaules. Je déploie tout doucement les miens et j’enlace. J’ai les yeux qui se ferment contre son épaule. On reste là quelques instants, à se tenir l’un et l’autre comme on tiendrait debout. Je vais puiser dans mes milligrammes de force pour le serrer encore plus, comme si je voulais qu’on se fonde ensemble pour ne faire qu’un et qu’un seul. Je pourrais en parler pendant des heures de ses bras. Ses grands bras, ses bras forts, ses bras au veines saillantes, ses bras avec des poils blonds, ses bras et les mains qui vont au bout les doigts vraiment tout au bout. Ses bras qui font les meilleurs câlins de la terre, ses bras que j’aime tant embrasser et caresser, ses bras solides, ses bras qui savent me protéger. Ses bras, c’est tout. Le bout de mes doigts glisse contre sa nuque à intervalles réguliers. On dit pas grand-chose mais je sais que ce câlin-là nous parle beaucoup. Je sais que c’est plein de je t’aime muets, de je t’aime maintenant et je t’aimerais toujours, même avec ta gueule défoncée (moi) même avec tes erreurs (lui). C’est aussi désolé pour un tas de choses mais promis on va repartir et sur le bon pied cette fois parce qu’on est plus fort que tout et que tout le monde et au moins nous on y croit.
J’embrasse la pointe de son épaule.
On se sépare. Il va fermer les volets et la fenêtre et allume la lumière. J’aurai préféré qu’on reste dans le noir à faire des étincelles avec nos mains. Mais non, il faut que j’arrête mes caprices et il faut que je laisse Coma choisir un peu. Et s’il a envie que la lumière soit allumée alors on laissera comme ça. De toute façon il faut bien qu’un jour j’accepte de me remettre à regarder le soleil (pas Coma, l’autre). Et ça passe par des ampoules électriques qui vont m’apprendre à ouvrir bien grand les paupières. Je suis pas obligé de garder mes yeux fermés, j’ai bien compris. Je commence aussi à réapprendre que le monde n’est pas fait que de salauds mais qu’il existe encore quelques perles rares qui vaillent le coup qu’on aille affronter le bitume pour elles.
Coma est de retour et on se regarde dans les yeux. Il parle et au son de sa voix je comprends déjà que c’est très sérieux.
- Excuse-moi, j’suis allé un peu vite … J’pensais que si on commençait à ressortir ça allait te faire oublier les bleus, mais c’est l’inverse on dirait, faut qu’ils s’en aillent pour se remettre au goût de la vie, c’est ça ? Je sais pas je … Je t’avais jamais vu CASSÉ comme ça … Cassé et cabossé dans tous les sens … Et puis comme c’est pas moi qui te mets en mille morceaux pour une fois, je sais pas dans quel ordre les pièces doivent être recollées tu vois, je sais pas par où commencer. T’as vu j’parle beaucoup aujourd’hui. C’est affreux hein. Heureusement que c’est pas tous les jours hein … On va te remettre vite fait d’aplomb et puis comme ça tu recommenceras à faire la conversation avec tes mots en poème là. Et puis après j’peux te dire que t’auras plus peur du macdo, c’est macdo qu’aura peur de toi. Hein ? Hein mon amour ? Tu m’crois hein ? Tu m’le diras quand ce sera bon ?
Je hoche bêtement la tête pour répondre parce que je suis incapable de mieux.
Oui c’est ça, il faut qu’ils s’en aillent. Et quand ils seront tous partis, quand ma peau aura retrouvé sa couleur normale (blanche puis rose par endroit), là je me trouverais moins laid et j’aurai plus envie de poser mes pieds dehors. Mais pour l’instant j’ai besoin de guérir, j’ai besoin de me dire que je suis un peu beau, que ça va aller, que mes cassures vont devenir des raisons supplémentaires de me battre et d’aller de l’avant. Et quand ça ira mieux je vais aussi me remettre à parler d’une voix assurée, avec des jolis mots. Pour l’instant ils sont partis un peu trop loin de moi parce qu’ils ont eu peur des garçons, ils sont comme moi, tu sais, ils ont peur de sortir, de se montrer. Mais ils vont revenir avec tes mots et tes caresses, ça va les déclencher et peut-être qu’un jour je vais me mettre à parler pendant dix heures tout ce que je n’aurai pas su dire maintenant. Oui mon amour, je te crois. Ça va rouler comme avant, comme toi sur ton skate qui étend tes bras en croix. Sans peur, sans obstacle, sans rien. Et promis tu seras le premier à le savoir quand je pourrais ressortir et quand la peur sera enterrée.
J’ai juste besoin de temps.
Deux jours c’est trop peu.
Je suis encore sonné, assommé.
Ses mains viennent épouser mes joues et ses pouces viennent toucher autour de mes yeux et sa bouche vient sur la mienne, furtivement. Comme pour me donner une bouffée d’oxygène, une claque dans le dos censée me remettre d’aplomb. Il sourit et je vois bien que c’est difficile pour lui. Alors je fais un effort moi aussi et mes lèvres tentent d’en dessiner un de sourire même si on dirait une grimace.
C’est l’intention qui compte, pas vrai ?
Pas vrai ???
On disparaît tous les deux sous la couette qui s’est transformée en cabane entre temps rien que pour nous deux. Je l’aurai bien embrassé partout sur le corps, terminé de lui enlever ses vêtements. J’aurai volontiers mis mes mains sous son jean et je l’aurai laissé enlever mon caleçon sans rien dire. D’habitude j’aurai même pas attendu, j’aurai presque rien dit à part un « je t’aime » lancé contre sa bouche. Mais aujourd’hui, non. Je peux juste le toucher du bout des doigts, l’embrasser du bout des lèvres, enlever son pull. C’est ce que chaque geste, ça me tue. Quand je bouge j’ai mon dos qui hurle de ses coups de poings et de pieds. Il n’est pas encore prêt à essuyer en plus la tornade de notre amour.  
- Je t’aime. Si ça peut t’réconforter.
Je touche sa joue.
- Ça vaut tous les baumes du monde.
Je dis doucement. Ma tête vient se poser tout contre lui et je viens enlacer mes doigts aux siens.
Maintenant on va s’en dormir.
Et peut-être qu’on va rêver de la même chose.
- Je t’aime aussi.
Parfois n’importe comment, mais je t’aime surtout en grand. Et c’est que le début. Ça j’en suis sûr et certain que ça fait que commencer, que la route est encore longue mais elle est surtout belle. Que tu vas voir dans cinquante ans on aura ramené presque tous les soleils et toutes les lunes de tous les univers et notre vie ressemblera enfin à un système solaire.
On a déjà deux étoiles (nous).
Il manque plus que le reste (c’est plus qu’une affaire de temps).
On va armer nos mains de filets et on va aller cueillir les planètes.

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