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 black bird

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MessageSujet: black bird   Dim 28 Déc - 23:56


rudy m'a envoyé un message, hier soir. très très très tard. mais j'étais encore éveillé, en fait.
même que j'étais très réveillé. je lui ai pas dit mais j'étais en train de me toucher et de penser à lui et cette journée il y a quelques jours à peine. avec l'hôtel et ses baisers et ses caresses et son regard. oh, son regard. il me regardait avec trop de choses, dans les yeux.
même là j'y pense et ça me fait trop rougir.
rudy m'a envoyé un message, hier. pour me dire de me mettre beau, aujourd'hui. pour me dire de mettre quelque chose de foncé et d'être prêt pour telle heure et d'attendre devant la porte parce qu'il allait passer...
...avec ses parents.
j'ai perdu mon érection directement mais ça a mis des papillons dans mon coeur et j'ai rougi et j'ai répondu oui.
alors là, j'attends. j'attends devant la porte de la grande maison de mark et j'observe les voitures qui passent et je stresse à chaque fois et je me demande pourquoi j'ai du mettre un costume. il est tôt, quand même. on va déjeuner ? ou à un mariage ? rudy, il a dit à ses parents ? et à sa soeur, il lui a dit ?
j'ai beaucoup trop de questions dans la tête et je mords un peu ma lèvre. je crois qu'elle va bientôt saigner.
iiih. une voiture.
mon coeur cesse beaucoup de battements et j'observe les yeux grands mais elle passe devant moi. c'est pas eux. j'angoisse pour rien, c'est vraiment affreux.
en plus, pour une fois, mes vêtements sont pas serrés. j'avais une chemise noire parce que c'est joli mais j'ai du prendre un pantalon à mark - il est beaucoup trop grand, j'ai du retroussé les bords et puis je flotte dans les jambes. je dois ressembler à un poulet ou un anorexique - et puis j'ai mis une veste aussi mais elle aussi, elle est trop grande. j'ai les épaules deux fois moins larges qu'elle et j'ai l'air de me noyer dedans.
et je me suis peigné les cheveux. ils sont tout propres. mark a rien et il m'a demandé si j'allais à un entrevue pour être avocat ou une connerie avec un balai dans le cul. j'lui ai lancé un regard noir mais depuis, je suis là comme un idiot et j'ai peur d'être l'air idiot, justement. c'est peut-être le cas.
peut-être que je devrais rentrer et me changer et je -
IIH. une autre voiture.
chuut, calme toi damien.
je l'observe les yeux grands. elle est un peu usée et elle ralentit et elle s'approche et
merde, c'est eux.
et j'ai l'air d'un pingouin.

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MessageSujet: Re: black bird   Mar 30 Déc - 14:18

J'ai les mains qui arrêtent pas de trembler depuis que j'ai envoyé ce sms à Damien. J'arrête pas de me dire que j'ai peut-être fait une erreur. Le silence de ma chambre n'aide pas parce que lorsque je la regarde, le lit vide de Rozen m'offre un sourire triste. Ses draps sont défaits et ça me prouve qu'elle reviendra plus jamais. Elle faisait toujours son lit, y avait pas un matin où elle oubliait de le faire.
Moi je partais comme ça, comme si c'était inutile, comme si cette étape de la vie n'existait pas. Mais elle ... elle y mettait tout son coeur, toute son âme. Ses draps n'avaient pas un pli, pas un seul défaut, peut-être qu'elle essayait de brouiller le chaos de son âme en rendant sa parcelle de chambre parfaite.
Je sais pas.
Rozen le mystère.
Envolée.
Je lève les yeux au plafond et j'essaie de voir si son esprit est pas resté coincé dans un coin de la pièce. Je me demande si dans les années à venir son fantôme viendra me hanter ou non. Si elle se manifestera en jetant des livres et des objets par terre.
La voix de Papa résonne dans les escaliers et je laisse tomber mon téléphone au fond de mon lit.
C'est le moment ou jamais de descendre et d'affronter ce qu'il s'est réellement passé.
Alors, je le fais, je descends, je prends mon courage à deux mains. Nos six yeux se croisent et le bras de Papa se pose sur mes épaules pour m'aider à supporter tout le poids de la culpabilité.
Maman me demande si ça va et pense à me donner mon traitement. La seule chose qui l'intéresse c'est de me garder dans un petit cocon, bien au calme, bien loin des regards des autres.
On marche tous les trois jusqu'à la voiture. Je me mets en l'arrière en rappelant une dernière fois d'aller récupérer Damien, un ami.
Mais non,
un amoureux,
un phare,
une étoile,
une beauté rare,
un petit copain comme on en trouve nulle part ailleurs.
Le trajet me semble long parce que sans lui j'ai du mal à respirer. Sans lui, mon coeur se donne en spectacle et rate tous les battements possible.
Je finis par le voir sur le bord du trottoir et ça me fait doucement sourire. Je quitte ma place et le retrouve dehors. J'ai envie de le prendre dans mes bras et de l'embrasser plus fort que jamais sauf que j'en suis incapable. La dernière fois, c'était différent, j'étais paumé et ça me faisait du bien. Je sais pas si des gens que je connais nous ont vu ou pas. Alors, mes lèvres se posent contre sa joue mais aucun mot ne sort de ma bouche. J'ai une flamme dans la gorge. Si j'essaie de parler, des cendres quitteront mes lèvres à la place des mots.
C'est pour ça que je lui adresse ce regard brillant de mille feux. C'est pour ça que j'ouvre la porte de la voiture en posant une main sur son épaule : ça vaut bien mieux que tous les mots.
Je contourne la bagnole et grimpe à mon tour à l'arrière. Maman sourit et pose ses grands yeux maquillés sur Damien (bientôt, ses joues seront noires de son mascara).
Le moteur gronde et sa voix féminine résonne. Elle est brisée, bien sûr que ça se sent, bien sûr que ça se voit que la mort lui a volé son plus beau diamant.
vous connaissiez Rozen, alors ?
Mais je fronce les sourcils et réponds automatiquement, un peu brusque, un peu mal à l'aise.
Fous-lui la paix avec tes questions.
Le cimetière se dessine et déjà, du monde nous attend sur le parking.
Mais moi, je les regarde pas, je fixe Damien pour essayer de comprendre ce qu'il ressent et ce qu'il compte faire.
Je tends un peu la main, discrètement et attrape la sienne, du bout des doigts.

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MessageSujet: Re: black bird   Mar 30 Déc - 17:00

je reste comme un piquet les yeux grands ouverts à observer la voiture, les parents de rudy, mon rudy et sa soeur qui est pas là. elle est peut-être avec des copines, quelque chose comme ça.
mon coeur il bat comme une tempête et ça fait mal mais je souris un peu et je fais un petit signe de la main à tout le monde. dans mes yeux y'a des étoiles qui se mettent à briller parce que mon rudy il sort de la voiture, il est encore plus beau qu'ordinaire, on dirait un homme, un vrai, et puis moi aussi et on est beau comme ça. on pourrait être des stars de cinéma, avoir notre propre film gay mais parfait et tout le monde voudrait le voir parce que l'amour il est vrai et il est beau et
mes lèvres se pincent et je reste un peu sans mouvement quand il s'approche parce que j'ai pas envie de le mettre en colère, de gâcher le moment et tout ça. alors je l'observe et j'essaie de cacher mon sourire quand ses lèvres, elles sont douces contre sa joue. mais je ferme les yeux une seconde parce que c'est bon.
peut-être que finalement, il l'a pas dit à ses parents mais il vient de déposer un baiser sur ma joue devant eux et c'est beaucoup. ça vaut tout l'or du monde. mark, il est tellement pauvre à côté de moi. le baiser de rudy, ça vaut toutes les richesses du monde.
je l'observe et il m'observe et je suis bien. j'oublie même ses parents un instant et toutes ces choses là. je soupire doucement et lui souris un peu, les joues un peu rouges, les yeux brillants comme les étoiles de la constellations girafes, avant de me glisser dans la voiture.
là, je vois papa et maman rudy. on dirait vraiment un papa et une maman. ça fait différent de mark. maman, elle fait vraiment maman, malgré son uniforme et la prison et tout ça. mais mark, il fait surtout grand enfant.
eux, ce sont de vrais parents.
je leur fais un petit signe de main même si je l'ai déjà fait, j'ai oublié, mais j'ai la gorge trop serrée pour leur demander comment ça va et être trop poli. un garçon de mon âge c'est supposé être malpoli, de toute manière. j'ai pas envie qu'ils aient des doutes si rudy, il a rien dit. j'veux respecter son choix, et qu'il soit fier de moi, et puis attendre qu'il soit prêt et tout ça.
il me dit je t'aime et parfois, il m'embrasse sur les lèvres au milieu des gens, et c'est parfait. j'veux qu'il m'aime encore longtemps.
« vous connaissiez Rozen, alors ? » je cligne des yeux un peu perdu. elle a dit connaissiez ? pourquoi ? il se passe quoi ? je quitte un peu mes nuages pour tourner mes yeux vers le soleil rudy. mais il est brusque, mon soleil. « Fous-lui la paix avec tes questions. » je penche un peu ma tête sur le côté et je l'observe plusieurs secondes avant de pincer un peu mes lèvres. on va voir un spectacle de sa soeur, peut-être ? je savais pas qu'elle dansait, jouait d'un instrument, chantait. quelque chose comme ça.
j'ose sourire en me disant que ça doit être ça avant de tourner les yeux quand la voiture ralentit.
y'a un cimetière. et des gens.
et..
et les doigts de rudy qui serrent les miens.
je sais pas si ça arrive avant que je comprenne ou quoique ce soit, mais quand je tourne mes yeux vers rudy, ils sont inondés de larmes.
non, c'est pas possible, si ? rudy. rudy. rudy. rudy. non.
mes lèvres se pincent et je parle sans mots. « oh non... » ça fait juste un souffle contre mes lèvres et moi je serre très fort ses doigts. je lui fais peut-être mal, je sais pas. j'aimerais le prendre fort dans mes bras et l'embrasser dans le cou et puis caresser ses cheveux mais je peux que serrer ses doigts et avoir les yeux plein d'eau. j'essaie de pas pleurer. faut pas pleurer, je vais avoir l'air pd et puis, faut que je sois fort pour lui. rozen, je l'ai pas vu souvent mais parfois quand on faisait tomber mes lèvres elle m'aidait à les ramasser et même que je faisais pareil avec elle. on s'adressait des sourires en coin parce que les gens ils nous aimaient pas et qu'on se comprenait, pour ça
enfin j'crois... j'aurais jamais cru qu'elle allait mourir. elle était malade ? elle a eu un accident ?
les questions sont bêtes et pleines de naïvetés parce que la vérité, je la connais, j'ai pas besoin de la deviner. « je suis là. » je parle encore tout bas après avoir lancer un regard aux gens. j'ai tellement envie de serrer ses doigts et de le serrer lui, de l'embrasser et de le bercer comme un bébé. rudy, il fait son dur mais il doit avoir le coeur tout petit et bébé, comme un enfant qui pleure, perdu au milieu du centre commercial, au fond de sa poitrine. je caresse un peu sa paume du pouce et j'ouvre ma porte, je le tire pour qu'il passe par la même que moi, pas envie de le lâcher, pas envie de le quitter. et puis je lève un peu les yeux au ciel pour garder mes larmes.
parce que c'est sa journée, sa tristesse, son malheur, et moi, je dois être fort à sa place et le soutenir du mieux que je peux. je pleurerais une fois revenu à la maison, en me disant que le monde est trop injuste et que rudy et rozen, ils méritaient pas ça.
mais là, je dois être le plus fort possible pour mon petit ami.

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MessageSujet: Re: black bird   Mar 6 Jan - 21:10

Je sens que ses doigts contre le miens. J'essaie de me concentrer uniquement sur ce contact pour pas craquer.
Pour pas tomber encore plus bas et tout casser devant tout le monde.
Heureusement, Maman m'a donné des calmants pour pas que je leur fasse honte, pour pas salir la mémoire de Rozen et gâcher ce moment intime.
La grande voiture noire est déjà garée, les hommes aussi sombres qu'elle nous attend et j'ose pas croire que c'est eux qui vont porter ma soeur jusqu'à sa dernière demeure.
Ca me fout en vrac.
J'ai les organes qui partent dans tous les sens, le coeur qui tombe en petite miette au dessus de mon ventre.
« oh non... »
La voix de Damien me fait frissonner et me ramène brusquement à la réalité. Papa me jette un regard et me demande si ça va mais je lui réponds pas parce que ça peut pas bien.
Parce que les choses tourneront plus jamais de la même façon sans elle.
Il y a Damien pour garder un peu d'équilibre mais ça reste quand même vachement tanguant cette histoire.
« je suis là. »
Je lui souris parce que je crois que c'est la seule chose que j'avais envie d'entendre de sa part. Pas un je t'aime pas, pas un désolé, pas un mes condoléances.
Juste un 'je suis là, t'es pas si seul que tu le penses'.
Je prends une longue inspiration et quitte la voiture avec lui. Les gens nous regardent, ma mère pleure déjà et mon père la tient dans ses bras. Moi je dis rien, je laisse rien paraître, je suis une tombe.
Je sais pas pleurer quand du monde me regarde.
J'ai toujours l'impression de me donner en spectacle après.
J'ai même envie d'engueuler ma mère mais je le fais pas parce que chacun a le droit de réagir comme il veut face au deuil.
Puis c'est bien d'extérioriser (c'est le psy des enfants qui me l'a dit quand j'acceptais encore d'y aller).
On avance tous et je lâche pas les doigts de Damien, j'ai pas envie qu'il se retrouve au milieu de la foule. Je veux pas le mettre à l'écart dans cette étape beaucoup trop importante de ma vie. J'ai une cicatrice si grosse que même les médecins seront pas capable de la soigner.
Mais Dam oui, il peut, je le sais.
Rien que ses doigts contre les miens ça me soulage.
Mes yeux regardent mes pieds un instant pour pas avoir à regarder le cercueil devant nous. Les gars le posent à côté du trou où Rozen reposera. Elle est à côté de grand-mère et je me dis qu'elle a de la chance parce que notre grand-mère, c'était la plus douce des personnes.
Rozen l'aimait.
Elles pourront s'aimer à nouveau.
Je lance un regard vers Damien pour voir s'il va bien, si ça le dérange pas trop d'être ici et approche mes lèvres de son oreille.
Je suis désolé.
Désolé de pas t'avoir prévenu plus tôt.
Désolé de la surprise de mauvais goût.
Désolé de tout.
Je serre un peu plus ses doigts et fixe mes parents.
Je les entends parler tous les deux et des gens sortent les mouchoirs. Ils parlent de tout un tas de choses mais surtout de l'amour qu'ils peuvent porter à Rozen.
Le silence retombe et Papa pose sa main contre mon épaule.
Je sais que c'est à mon tour de parler.
Je voulais pas le faire mais ils ont insisté. Ils l'ont décidé sans me laisser le choix mais moi j'ai rien préparé et je sais pas parler en public.
Mais je le fais quand même, je lâche Damien et je m'avance de quelques pas. Des regards se posent sur moi mais moi, je fixe seulement le cercueil fermé.
J'sais pas vraiment ce qu'il faut dire dans ce genre de situation. Tout ce que je sais c'est que Rozen savait ce qu'elle faisait depuis le début. Je savais que ça se terminerait comme ça un jour ou l'autre et que ses maux prendraient le dessus.
Je marque une pause parce que les souvenirs se bousculent dans ma tête.
Elle comparait son corps à une chrysalide et me disait qu'elle savait pas comment faire pour s'en sortir. Maintenant, je sais pourquoi elle se taillait les bras, pourquoi son corps n'était plus qu'une toile où les cicatrices y venaient en refuge. Je sais pourquoi ses mots étaient si durs envers moi. Je comprends.
L'une de mes mains s'enfoncent dans ma poche. Mon corps s'approche lentement du cercueil et dans un dernier soupir, les mots continuent.
Ce n'est pas son corps qu'elle a quitté mais la chrysalide qui l'empêchait de prendre son envol. A l'heure actuelle, ce doit être un magnifique papillon bleu en route vers les pays chauds.
C'est à cet instant que je pose le dessin d'un papillon bleu sur son cercueil. Il ressemble pas à grand chose mais il vient de moi et je sais qu'elle l'aurait aimé.
Qu'elle doit l'aimer, de là où elle est.
Et alors que je retourne vers Damien, je tente tant bien que mal de ne pas lui en vouloir et de croire en mes mots.
J'essaie même si c'est difficile.
J'ai perdu une partie de mon âme en la laissant s'en aller. J'en suis conscient, je m'en rappelle toutes les deux secondes. J'ai envie de chialer et de tout casser autour de moi mais à la place de ça mon corps se colle contre celui de Damien.
Je le prends dans mes bras pour chercher de sa chaleur.
Pas du réconfort,
je pense pas qu'il existe dans ce genre de situation.
Je veux pas te perdre, que je lui murmure, tout bas, tout triste, au bord des larmes et de l'enfer.
La musique Lili d'Aaron résonne pour que tout le monde se recueille et là, je sais que c'est terminé.
Pour de bon.

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MessageSujet: Re: black bird   Mar 6 Jan - 21:48

je crois que c'est la plus sombre des journées que j'ai jamais connu, et pourtant, il y a le soleil dans le ciel et elle vient tout juste de commencer. mais je sens tout son poids sur moi et moi, je peux que le soutenir, rien faire d'autres. parce que je suis pas un superhéros, j'essaie juste d'être un super petit-ami et ma seule force, c'est de tenir fort les doigts de rudy et d'essayer de les cacher aussi pour que les gens, ils voient pas qu'on se tienne la main comme ça.
si ça en tenait qu'à moi, je serais déjà en train d'hurler contre le monde entier pour qu'ils dégagent parce que j'suis certaine que y'a des gens ici qui critiquent rozen et rudy et sa famille et ils viennent que pour voir et parler de a entre eux, ensuite. les gens, ils sont sales parfois et y'a des larmes qui coulent aujourd'hui, les mauvais mots ils ont pas leur place.
mais je me retiens d'hurler pour rudy, parce qu'il a besoin de mes silences et de mes doigts beaucoup plus que de ma voix de pd qui hurle comme le vent dans les volets.
je renifle pas trop fort, même moi je l'entends pas, et je le suis dans la foule noire de gens. j'en connais pas certains mais ça, c'est normal. ils font tous une mine triste mais certains, ils se donnent même pas la peine et j'entends des murmures et j'espère que rudy, lui, les entend pas.
nos pas s'arrêtent à côté de la tombe et j'observe le trou. je serre un peu plus fort les doigts de rudy parce que y'a une partie de moi qui a peur qu'il tombe avec sa soeur dans la trou. j'suis certain qu'il en a envie. en vrai, j'suis certain que y'a déjà une partie de lui là, au fond, dans le creux du trou ou dans le cercueil, plutôt. rudy, il peut pas s'en sortir en un seul morceau de ça. je sais que mon petit ami c'est le plus beau et le plus fort, mais c'est aussi le plus sensible. y'a le bouton pour contrôler le degré de ses sentiments qui a cassé à la naissance et ils vont dans tous les sens. il a les plus fortes des colères mais il a les plus tristes des tristesses aussi, j'suis certain. rudy, c'est un sentimental.
mon regard il est fixé sur le cercueil et j'essaie de comprendre comment c'est arrivé, pourquoi je m'en suis pas rendu compte, pourquoi j'ai rien entendu, à l'école. j'avais trop de coeur dans les yeux, j'ai pas vu les marées dans ceux de rudy. j'suis bête.
ses yeux se tournent vers moi et je l'observe un peu. je tente un petit sourire mais oh non, idiot damien, on est à l'enterrement de sa soeur, faut pas sourire. alors je le regarde et je sais pas quoi faire de mes traits, je dois paraître stupide. mais je tiens toujours ses doigts, c'est le plus important.
ses lèvres effleurent mon oreille et j'essaie de pas sursauter ni de rougir. c'est facile, vu la situation. « Je suis désolé. » je cligne des yeux et je tourne mon regard vers lui. rudy, il regarde son papa qui parle de sa soeur et j'essaie de pas écouter les mots ; ils vont me faire pleurer comme un bébé.
je regarde rudy et je serre ses doigts, plutôt. je caresse le revers de sa main de mon pouce. je cherche un peu mes mots parce que je pourrais faire le plus long des discours mais c'est pas le moment. « faut pas. c'est ma place. avec toi.»
mon regard se tourne vers ses parents qui parlent et ça fait un peu mal. c'est pas le genre de soirée que je prévoyais toute à l'heure, c'est triste mais c'est fort et j'ai rudy avec moi. non ; rudy m'a avec lui. c'est le plus important.
son papa arrive et pose sa main sur son épaule. y'a mon souffle qui se tait un peu parce que son père m'observe un instant, quand rudy s'évade et va vers le devant de la foule. je baisse les yeux un instant parce que je me sens pas capable de supporter ça mais on s'en fout, de moi.
c'est rudy, aujourd'hui. rudy pour tout.
alors je lève la tête, je le regarde et j'écoute ses mots.
rudy, il devrait pas écrire ou parler. j'espère qu'il sera jamais écrivain ou qu'il aura jamais à dire d'autres choses comme ça parce que ses mots, ils font beaucoup plus mal que ses poings. j'ai l'impression de ressentir un petit bout de sa douleur et ça me fait drôlement mal, j'imagine pas comment il se sent.
mon rudy...
j'me fais la guerre pour pas pleurer; c'est difficile parce que j'ai pas réellement l'étoffe d'un soldat mais je peux faire n'importe quoi pour rudy alors j'y parviens. y'a de la petite rosée dans mes yeux mais elle s'évade pas.
rudy il fait un pas vers moi et j'ai même pas besoin de réfléchir pour savoir. j'ouvre mes bras et il vient dedans. je regarde pas les gens autour, j'y pense même pas. je fais que le serrer, mes bras autour de son torse, sous ses aisselles. j'aimerais l'étouffer de moi mais encore là, je susi pas assez fort. « Je veux pas te perdre. » j'hoche de la tête aussitôt et je pince mes lèvres, je frotte son dos et j'essaie de pas pleurer. « je suis là. je suis là. » je marmonne dans son veston, les mots doivent être étouffés mais rudy, il doit les entendre, lui. je le serre comme un fou, le visage un peu dans son cou et le souffle tout cassé.
la musique, elle aide pas du tout. c'est super triste, pire qu'un film triste. « moi non plus, je veux pas te perdre. jamais. » je le serre un petit peu plus fort et j'ouvre les yeux. y'a quelques gens qui observent mais je m'en fous. je tiens leur regard, un peu dur peut-être, j'en ai rien à faire. les jugements sur moi, j'en ai rien à faire mais sur rudy ou sa soeur, c'est pas permis. qu'ils regardent ailleurs.
y'a les messieurs en noir qui commencent à descendre le cercueil et je lâche un peu rudy. je me recule un peu et observe son visage. y'a pas de larmes, en tous cas on dirait pas, mais c'est ça le pire ; rudy il a tellement mal que y'a le vide sur son visage. mes lèvres se pincent un peu et j'observe le cercueil. je sais pas s'il a envie de voir ça, ou s'il veut aller ailleurs.
je crois pas qu'il a envie. mes bras glissent de lui et je reprends sa main. je recule d'un pas en lançant bien un regard derrière moi voir si le chemin est libre et puis je continue, sagement. « j'ai un peu d'argents... tu veux aller voir les fleurs là bas et en acheter ? » je sais que rozen veut dire rose alors on peut en achèter tout plein, pour elle. non ?

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