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 À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.

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MessageSujet: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Mer 10 Déc - 3:22

Les jours s’additionnent et se ressemblent, tous.
Aujourd'hui est une copie d'hier, de demain, d'il y a une semaine.
J'suis là depuis un mois, j'crois bien. Noël approche, suffit de voir les lumières dans les rues et d'entendre les chansons à deux balles, dans les rues.
Y'a la cueillette pour les pauvres, dans les rues. Pour être généreux et faire un acte de bonne foi, au moins une foutue fois dans l'année.
On donnait des cannages, avec Kasia.
Cette année, j'ai falli faire parti des pauvres mecs qui vont en chercher, pour continuer d'aller. Mais j'ai réussi à m'trouver un toit dans un trou à rat, en compagnie d'personnes âgées.
J'passe la vadrouille, j'vide les poubelles et j'nettoie les assiettes, tout, tout tout, en échange d'un toit, de repas et d'un maigre salaire. C'est rien pour plein de gens mais pour moi, c'est beaucoup.
J'ai perdu Kasia, l'appartement, mon chien et mon portable.
J'ai mes vêtements, quelques meubles mais pas grand chose.
La bonne nouvelle, c'est l'écran plat et les jeux vidéos, comme les consoles ; j'les ai encore. Par contre j'ai du vendre la plupart des meubles pour payer mes dettes.
Nos dettes ( mais kasia était trop jeune pour y foutre son nom alors c'est les miennes, on dira )
J'suis presque bien, je crois.
Presque, c'est un grand mot. Bien aussi.
J'vois encore cette conne de psy mais j'la déteste un peu moins à chaque fois. La dernière fois, j'ai même un peu souri, je crois. C'était peut-être faux mais j'me suis senti presque bien et c'était déjà beaucoup.
J'rêve toujours à Kasia et j'ai souvent envie d'aller toquer chez ses parents mais c'est mieux loin de lui, présentement. L'amour s'effrite pas et c'est ça, le pire. J'le déteste toujours autant, également.
Mais parfois quand j'suis calme j'me dis que j'me serais quitté aussi, dans un pareil cas. J'ai souvent voulu me quitter moi-même, en fait. Peut-être j'lui en veux d'avoir été capable de faire un truc qui est impossible, pour moi.
Pour lui, c'est beaucoup plus facile que pour moi. J'sais pas réellement.
On m'dit que j'vais mieux mais j'ai souvent des doutes. J'crois que j'essaie de survivre mais faudrait vivre, surtout.
Vivre, j'ai oublié c'est quoi. Comme rire soupire plaisanter être amoureux danser m'amuser chanter et profiter de la vie. « hé, à toi, gamin. » Mes sourcils se froncent et j'cligne un peu des sourcils, avant de bouger un pion sur l’échiquier. Monsieur Rey marmonne dans sa barbe et me lance un regard noir. C'est le grand père de Kasia. Il est prisonnier de la même résidence que moi, et ça depuis longtemps. Sa fille, la mère de Kasia, l'a mis là de force. Ici, il dérange personne. Ils ont pas de bonnes relations.
Mais moi, je l'aime bien. Même s'il me traite de nazi, parce que je suis allemand.

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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Jeu 11 Déc - 12:32

Je traîne les pieds, ça doit s'entendre jusqu'à l'autre bout du monde.
Va voir ton grand-père, c'est maman qui me l'a dit sans me demander mon avis. J'ai pris quelques chocolats et j'y suis allé (pour pas la contrarier) mais je sais que je vais y rester deux minutes parce que j'ai rien à lui dire.
Je me souviens à peine de son prénom (et encore, il me sert à rien vu que je dois l'appeler papy).
J'aime pas cet endroit,
il pue la mort et la tristesse à des kilomètres à la ronde.
Je sais pas comment on peut vivre là-dedans sans se faire du mal. Tout est si triste que même les fleurs fanent.
Le long des couloirs, mes doigts caressent la peinture craquelée et mon coeur cesse lentement de vivre. J'entends plus le boum boum ignoble au fond de ma cage thoracique.
La porte numéro douze, c'est là que vit grand-père depuis des années. C'est là que je le vois, toujours installé dans un vieux canapé, à tirer la tronche et regarder par la fenêtre.
La porte est ouverte alors, je toque pas. J'entre et perds un peu de ma confiance en moi.
Puis c'est là que LE vois, pas mon grand-père mais mon EX.
Ce grand connard qui gerbait sur la route la dernière fois que je l'ai vu. Depuis, pas de messages, pas d'appels, rien du tout. Je sais bien que c'est le concept quand on se quitte : plus de contact.
Je me demande comment font les couples divorcés parce que j'ai pas pu m'empêcher d'aller le voir et de me retrouver devant un panneau 'à louer'.
Je pensais que Jan avait quitté la ville (ce qui serait plus simple pour tout le monde).
Mais non, il est seulement en train de flirter avec mon grand-père.
Je sais pas lequel des deux me met le plus mal à l'aise.
Je viens t'apporter des chocolats de noël. Dans la foulée, j'oublie le bonjour et comment ça va. Je me penche et lui tends la boîte.
Au bout de sa laisse, Neige s'excite et saute sur Jan.
Merde, désolé.
J'ai la voix toute grave et enrouée, grand-père me regarde et me dis 't'as encore fait la fête toi' mais je remue négativement la tête en fronçant les sourcils.
C'est pour ça que je viens jamais le voir, c'est pour ces mots que je le fuis comme le plus grand des voleurs.
Il cherche jamais à comprendre.
Ma voix enrouée, c'est rien de plus qu'un nouveau symptôme à mon chagrin d'amour.

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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Jeu 11 Déc - 17:40

Les yeux du vieux quittent son jeu d'cartes et il fixe quelque chose, derrière moi. Mes sourcils s'froncent. « quoi ? » J'reste un instant à le fixer mais il se contente de faire une grimace, ce vieux con. J'soupire comme une merde, las de sa connerie avant d'tourner les yeux, un peu lent.
Et j'le vois, Kas. Kas et notre chien, là, comme si tout était normal. Y'a une partie d'moi qui a envie d'me lever pour l'embrasser et l'autre a envie de foutre le camp. J'reste là comme un con, le cerveau à moitié endormi par les médocs que j'peux bien prendre.
Ça doit être pour ça que j'm'entends bien avec le vieux ; on va à la même vitesse, trop défoncé par les merdes que les médocs nous donnent.
Sauf que Kas, il m'observe pas. Ou en tous cas, il ose pas réellement. Il donne un truc au vieux et moi j'reste là, les cartes à la main, trop con pour parvenir à bouger ou parler.
Jan dans son état naturel, quoi. « Je viens t'apporter des chocolats de noël. » Neige m'saute dessus et après la surprise, j'peux pas m'empêcher de sourire. J'me plaignais souvent de cette p'tite chose mais en fait, j'l'aime beaucoup. Et il m'a manqué énormément.
La dernière fois quand j'ai fait les courses j'ai pris des surprises pour chien en oubliant totalement qu'il était plus à moi.
« Merde, désolé. » J'pince mes lèvres et j'tourne mes yeux vers Kasia « ça va» avant de laisser le chien. Il doit pas apprécié. Il doit même pas apprécier de voir ma gueule ici, là, comme un con, chez son grand-père.
J'écoute pas l'reste de la conversation alors que j'me lève, l'air de rien. « j'vais y aller. » Je dépose les cartes sur la table et j'fais un léger sourire, au vieux. Il baragouine quelque chose à propos des nazis mais il sourit. J'fais pareil. « j'dois finir le travail. » Que j'dis, en levant les yeux et en croisant ceux d'Kasia.
Putain, il est beau. Il est tellement beau. ce con. J'ai envie d'lui poser des tonnes de questions.
ça va ? t'es en couple ? t'es mieux sans moi ? tu m'cherches la nuit, dans les draps ? parfois t'achètes des trucs pour moi, en faisant les courses ? tu pleures pour moi ?
... tu m'aimes encore ?
Mais j'me contente d'un sourire poli, triste, éteint. J'me contente de t'observer un peu avant d'aller vers mon chariot de ménage ( classe, je sais ) de faire un léger signe de main et d'aller vers la sortie. « content d't'avoir vu... » Pire que ça, même.
J'ai des noeuds dans les tripes comme lors des premières fois. Nos premiers mots, nos premiers rendez-vous, notre premier baiser, nos premières fois.
Sauf que là, j'sais vraiment que j'ai aucune chance.

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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Dim 14 Déc - 16:51

J'aimerais être dans un mauvais rêve et me réveiller soudainement aux côtés de Jan, dans notre grand lit puant la transpiration.
Depuis que je l'ai vu étalé au milieu de la route son image me hante. Elles est toujours là, étalée dans mes pensées, prête à grignoter le moindre de mes neurones pour le rendre trop faible et triste.
« j'vais y aller. »
Jan se lève et mon regard suit ses mouvements. Je prends soin à regarder toutes les parties de son visage mais surtout pas ses yeux. Je veux pas y faire face, ça me tuerait.
J'ai assez pleuré pour tout ça.
Il faut que je me fasse à l'idée et que j'accepte : c'est terminé.
Grand-père me balance encore de mauvaises réflexions à la figure mais je les écoute plus parce que je suis absorbé par la présence de Jan. Je dois ressembler à un fantôme à le regarder comme ça, sans bouger, sans respirer, sans rêver.
Je tremble un peu et Neige sent bien que quelque chose se passe pas comme il faut. Jan lui a manqué autant qu'à moi et tous les trois, on est fait pour vivre et s'engueuler à longueur de temps.
Vivre séparément, c'est comme mourir à petit feu.
Le silence est mon cancer.
« content d't'avoir vu... »
Je fronce les sourcils parce que ça me met dans des états pas possible de l'entendre dire ça. La laisse de Neige tombe au sol et mes pas le suivent, dans le couloir. Les vieux risquent de se plaindre parce que je fais trop de bruit mais c'est sans importance. Je pousse son ridicule chariot pour lui arracher des mains.
La moitié des trucs tombent par terre.
C'est pas grave.
Mon coeur a fait la même chose en le voyant décrépir sur notre canapé, personne s'en est jamais soucié.
Tu comptes m'éviter encore longtemps ?!
Ma voix reste la même : brisée et désespérée. On dirait que j'ai gueulé toute la nuit.
C'est pas parce qu'on est plus ensemble qu'on peut plus se parler. Quel est le connard qui a décrété ça ?
Je sais bien qu'il risque de m'envoyer bouler mais je continue quand même.
Je t'envoie des sms mais ton numéro est plus attribué. Je vais chez toi mais je me retrouve face à un gros panneau à louer. C'est quoi la prochaine étape ? Tu comptes me mettre des bâtons dans les roues encore longtemps ?
J'ai les poings serrés mais c'est ridicule parce que je suis pas capable de lever la main sur lui.
De toute façon, il aurait le dessus. Je l'aime trop pour l'affronter de cette façon.

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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Dim 14 Déc - 22:36

faut que je parte. j'ai pas ma place ici, encore moins avec son grand-père.
juste le voir me donner mal au coeur, de toute manière. j'ai l'impression qu'il tombe en des milliers de petits morceaux au sol et qu'il reste plus rien de moi, que je suis brisé de tout part.
je suis brisé sans lui, incomplet. je sais que je l'étais pas ces derniers temps mais maintenant qu'il est plus là, j'me sens compte comment il pouvait me complété.
et surtout, comment je pouvais être insupportable.
j'ai du mal à vivre seul avec moi-même. c'est surement pour ça que j'suis avec une armée de personnes âgées. parce que si j'reste trop longtemps avec moi, j'me trouve pénible, insupporte, excérable.
kasia avait raison de partir.
j'voudrais bien partir de moi-même. pas possible.
alors j'fuis. j'en ai rien à foutre de paraître lâche ou qu'importe. j'en ai rien à foutre, merde. kasia a foutu le camp, c'est certain pas pour me voir apparaître quand il s'y attend le moins.
enfin, j'crois. c'est c'que j'me dis, en tous cas.
mais non. non, parce qu'il me suit et mes trucs foutent le camp au sol. j'reste sans mouvement un instant, un peu paumé par tout ça. j'avoue, j'comprends pas. j'comprends pas du tout, en fait.
il voulait pas que je quitte sa vie ? ou alors, il peut quitter la mienne mais moi pas la tienne ?
je comprends pas ??? « Tu comptes m'éviter encore longtemps ?! » je l'observe un peu perdu, un peu paumé surtout.
on dirait que j'ai fait le truc le plus monstrueux du monde mais c'est lui qui est parti sans message ni rien, juste un désolé. c'est lui qui m'a dit de plus lui envoyer de messages, aussi. « C'est pas parce qu'on est plus ensemble qu'on peut plus se parler. Quel est le connard qui a décrété ça ? Je t'envoie des sms mais ton numéro est plus attribué. Je vais chez toi mais je me retrouve face à un gros panneau à louer. C'est quoi la prochaine étape ? Tu comptes me mettre des bâtons dans les roues encore longtemps ? » mes lèvres se pincent et j'ai envie de lui cracher plein de bétises.
mais je l'ai fait l'autre fois. j'avais le nez en sang aussi. faut voir, il est encore un peu gonflé et j'ai l'ombre des bleus sous mes yeux. j'ai une tête de mec qui a pas dormi depuis des lunes. c'est un peu la vérité, aussi. j'ai pas dormi depuis longtemps, pas plus de trois heures, en tous cas.
j'soupire et me penche pour ramasser ce qui est tombé. ma jambe me fait mal mais les médocs aident beaucoup. ça doit être pour ça que j'suis aussi calme, aussi. « j'avais plus d'argent. pour le portable ou l'appartement. le proprio m'a foutu à la porte et j'ai une facture monstre à payer. j'me reçois trois lettres par mois que pour ça » j'soupire et me redresse. madame lafleur a l'air de s’inquiéter alors je lui fais un sourire. pauvre petite dame. « c'est pas contre toi. » mon regard se tourne vers lui. il est beau. merde.
j'détourne les yeux et range tout à sa place. « désolé si tu l'penses, hein. » mes lèvres se pincent. j'crois que je tremble un peu. de douleur, oui. j'ai mal à l'intérieur. « mais t'es parti et tu m'as dit adieu et de plus envoyer de message, kas. alors pourquoi tu cherches à me contacter encore ? » j'observe mes yeux avant de lever les yeux un peu.
y'a des larmes je crois. « juste te voir ça fait mal et j'ai envie de mourir de pas être avec toi. j'fais mon possible pour aller mieux mais viens pas - me cherches pas. tu m'fous des faux espoirs, juste à me dire tout ça. tu peux pas faire ça. c'est pas cool » mes mains se posent sur le chariot et j'essaie de fuir. encore.

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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Lun 22 Déc - 22:06

Je me désagrège, bien sûr que ça se voit, que ça se sent, que ça crève les yeux.
Y a des petites particules de moi partout où je passe. Même grand-père doit en avoir dans les yeux et râler parce que ça lui fait mal.
Je me suis barré, c'est vrai mais je pensais pas que ça serait si difficile loin de lui ... j'pensais que je serais assez détaché pour me faire un quotidien sans l'avoir dans la tête à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
La dernière fois j'ai même rencontré un garçon au bar. Quelqu'un de bien, ça se voyait au premier regard. Les yeux pétillants, le sourire sincère, celui qui en fait pas des tonnes et te donne pas trop de faux espoirs.
L'opposé de Jan.
Mais c'était voulu parce que je voulais pas l'ombre d'un souvenir. J'avais envie de l'effacer totalement de ma tête mais une fois son pantalon baissé il avait le même boxer que lui alors je me suis sauvé. J'avais les larmes aux yeux et le coeur qui en faisait qu'à sa tête.
C'était tellement surréaliste que j'ai encore du mal à y croire.
Je me suis barré.
Alors pourquoi je regrette ?
POURQUOI JE SUIS COMME CA ?
qu'est-ce qui cloche hein ...
Je l'écoute me parler de sa vie qui se résume aux factures et ça me pince le coeur parce qu'on s'est toujours dit qu'on vivrait d'amour et de câlins. Pas de toutes ces conneries qui détruisent les adultes un à un.
« c'est pas contre toi. désolé si tu l'penses, hein. »
Si c'est pas contre moi c'est contre qui alors ?
Je sais qu'il m'en veut mais il a pas le droit de me le faire payer de cette façon.
Je souffre, ça me tue.
Je m'efface et je deviens plus transparent que ce foutu papier calque qu'on utilise en mathématiques.
« mais t'es parti et tu m'as dit adieu et de plus envoyer de message, kas. alors pourquoi tu cherches à me contacter encore ? »
Merde.
Il marque un point. Qu'est-ce que je peux bien répondre à ça si ce n'est un je t'aime encore mais je sais que cette fois, ça suffira pas.
On est tous les deux complètement tarés et paumés.
« juste te voir ça fait mal et j'ai envie de mourir de pas être avec toi. j'fais mon possible pour aller mieux mais viens pas - me cherches pas. tu m'fous des faux espoirs, juste à me dire tout ça. tu peux pas faire ça. c'est pas cool »
Je baisse les yeux pour retenir mes larmes mais c'est encore pire parce que tout remonte à la surface et que je sais plus comment faire pour m'en sortir. Je le revois le nez en sang à gerber au milieu de la route et puis moi, complètement impuissant.
Et le pire c'est que je le suis encore.
Je bouge pas, je marche pas, je fais rien pour nous aider.
Je suis une vraie plaie, je t'explique même pas.
J'entends Neige qui revient vers nous et qui se dit 'c'est bon on rentre à la maison' mais on a plus de maison.
On a plus rien.
Même pas des bras où se poser, tu te rends compte.
J'ai perdu mon centre de gravité, c'est la merde.
Je t'ai cherché pour prendre de tes nouvelles. C'est vrai, j'ai jamais dit que je te souhaitais du mauvais ... non, non, si c'est ce que tu penses tu te goures. Je t'ai laissé parce que je voulais te voir aller mieux.
Les larmes sont en train de me secouer et j'ai du mal à articuler. J'espère qu'il a quand même bien compris ce que je voulais lui faire comprendre.
Je suis pas là pour te faire de faux espoirs, je savais même pas que t'étais là. Je t'ai vu et merde j'suis incapable de passer devant toi et me dire 'non je m'en fous de lui'. On a passé trois ans ensemble, tu l'as oublié ?
tu nous as déjà oublié ?

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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Lun 22 Déc - 22:49

j'veux fuir, c'est vrai. prendre mon chariot et partir, loin, loin, loin. le plus loin du monde en fait. p'être que ça me ferait du bien et tu serais plus dans ma tête, enfin. sauf que kasia, il est là; t'es là.
et j'peux pas partir. j'suis faible, non ?
mais merde, j'en ai rien à faire. j'en ai rien à foutre, d'être faible.
l'plus important c'est d'être avec lui et les yeux posés sur lui j'ai presque l'impression que c'est possible.
merde, j'le déteste.
j'le déteste pour être là. il peut pas disparaître le temps qu'mes sentiments fassent pareil ? genre trois ans. comme notre relation. ouais.
mais non. non non non non.
j'en ai pas envie.
j'le veux lui.
kasia, regarde moi. regarde moi un peu. tu vois ? j'suis mieux qu'avant. j'suis placé, j'paie mes dettes. d'ici un mois, p'être deux, je pourrais me trouver un nouvel appartement et continuer de bosser ici. tu sais quoi ? j'crois même que j'aime ça. c'pas le kiffe de ma vie mais merde, j'aime ça, les p'tits vieux. ils sont sympa, ils se plaignent de tout et c'marrant.
tu verrais monsieur latulipe, c'qu'il peut faire avec son dentier. ça mériterait d'être un sport.
« Je t'ai cherché pour prendre de tes nouvelles. C'est vrai, j'ai jamais dit que je te souhaitais du mauvais ... non, non, si c'est ce que tu penses tu te goures. Je t'ai laissé parce que je voulais te voir aller mieux. » mieux ? mais j'suis pas mieux, sans kasia. jamais, jamais.
mes lèvres s'pincent à le voir comme ça. parce qu'il va pleurer. il pleure déjà, en fait.
mes doigts quittent le chariot et j'm'avance, un peu lent. j'ai peur de faire une connerie en fait. j'en ai trop souvent fait. « Je suis pas là pour te faire de faux espoirs, je savais même pas que t'étais là. Je t'ai vu et merde j'suis incapable de passer devant toi et me dire 'non je m'en fous de lui'. On a passé trois ans ensemble, tu l'as oublié ? » j'secoue la tête. non. non.
j'approche et j'hésite mais j'finis par tendre les doigts et essuyer ses larmes.
j'devrais pas, j'devrais pas. c'pas comme ça qu'on oublie quelqu'un. j'devrais essayer, au moins pour lui. mais j'suis égoïste. égoïste, trop, et j'veux être avec lui. « t'es con. j'ai trop pas oublié. j'ai pas oublié nos plans d'avenir non plus. » suffit d'voir. kasia, s'il avait pas les yeux brouillés de larmes, il verrait que j'ai encore mon alliance à mon doigt.
ça veut tout dire.
« genre que j'peux aller mieux sans toi. si j'essaie d'aller mieux, c'pour revenir avec toi. même si y'a pas trop d'espoir. t'es genre... ma lumière, kas. y'a rien qui roule, sans toi. j'suis une bagnole sans roue là. » j'détourne les yeux parce que j'sens que j'vais chialer aussi et j'veux pas tellement, en fait. « j'vais mieux. et trois ans, c'pas assez. » mais c'tout ce que j'ai. tout c'que j'ai vu. croire que j'peux avoir plus, ça relève du rêve ou d'un voeux de noël.
j'fais foutrement con. j'lâche son visage et j'soupire. « d'solé. j'devrais pas. j'suis même pas foutu de respecter ton choix ou d'l'accepter. » pathétique.


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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Mar 30 Déc - 14:52

J'ai mal au coeur de nous voir comme ça.
Il suffirait de ps grand chose pour qu'on retourne ensemble parce que ça crève les yeux qu'on s'aime encore tous les deux. C'est logique, même les étoiles le disent, le soir, lorsque je lève les yeux au ciel.
Je tremble et je sais plus comment faire pour retrouver un semblant d'équilibre. Les mains de Jan sur mon visage et ses doigts qui recueillent mes larmes.
« t'es con. j'ai trop pas oublié. j'ai pas oublié nos plans d'avenir non plus. »
Mais là, l'avenir on peut dire qu'il a disparu.
Il en reste plus rien.
Pas la moindre poussière.
Pas la moindre parcelle.
Quand je regarde autour de moi j'ai l'impression d'être dans un trou noir qui aspire tous mes rêves et mes espoirs. Je me retrouve seul, la nuit, dans mon lit et mes draps ne sont plus le cocon qu'ils étaient avec toi.
On fait comment dans ces cas là ?
« genre que j'peux aller mieux sans toi. si j'essaie d'aller mieux, c'pour revenir avec toi. même si y'a pas trop d'espoir. t'es genre... ma lumière, kas. y'a rien qui roule, sans toi. j'suis une bagnole sans roue là. j'vais mieux. et trois ans, c'pas assez. »
Je dois avoir l'air obligé à être rassuré par ses paroles. Je souris un peu au milieu de mes larmes parce que je suis pas le seul à être le pire des légumes depuis que je l'ai quitté.
Je suis pas le seul, triste et amoureux jusqu'aux os.
Quelque chose en moi est sombre et tout poisseux. Voir Jan si proche de moi s'amplifie et je n'ai plus aucune chance de marchander avec ce sentiment.
Pourtant, je lui avais bien dit, à Jan, d'arrêter de me regarder, de fermer sa gueule et ne plus me toucher.
Je lui avais dit.
Maintenant c'est trop tard.
Je creuse là où j'ai mal. Je creuse dans les recoins sombres de mon âme pour me rappeler mon abandon.
Bah qu'est-ce qu'on fait alors ?
Je regarde encore ses mains avec l'impression qu'elles sont toujours sur mes joues.
Je veux pas qu'on se voit plus du tout et qu'on finisse par s'oublier. Je veux que les choses changent mais pas à ce point, c'est trop violent pour moi.
C'est comme entrer dans le l'eau glacée mais là, le choc n'est pas thermique, juste sentimentale.
Mais au final, je ne sais pas lequel des deux est le pire.

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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Mar 30 Déc - 17:18

on fait con. j'fais con. suffit d'connaître kas pour savoir qu'il en a pas envie en fait, qu'il veut passer à autre chose, faire son deuil. y'a encore un truc à construire mais faut de la force et il en a pas et moi j'en ai pas beaucoup. me reste que des miettes de force, des trucs que j'ai un peu construit par ci et par là d'puis les dernières semaines et là, j'espère que ça s'ra suffisant.
kas il aimerait abandonner, il voudrait que j'le laisse prendre le large mais en même temps garder un bout de moi et me voir et...
merde, c'pas possible.
si j'rêve en couleurs avec notre avenir, il rêve en 3D avec ses bétises que tout ira bien, entre lui et moi.
j'le vois, j'le touche et il me manque quand même.
et il ressent la même chose, non ? il est bête, ouais. bête d'croire que s'il me voit une fois d'temps à autre, le vide va partir.
l'amour, ça s'oublie pas. il pourra pas faire comme si ça existait plus, comme si c'était fini.
suffit de voir ses larmes et ses yeux et tout le bordel dans sa tête.
kas, il sait même pas ce qu'il veut. ou il sait pas comment l'atteindre, j'sais pas.
j'baisse un peu les yeux et j'me dis que j'devrais le laisser tranquille pour de bon. il est jeune, non ? c'est une bonne excuse. j'suis le plus vieux, j'devrais être responsable et...
ouais, non.  c'est pas mon genre.
et d'toute manière, j'veux être avec lui. c'tout.
jan sans kasia, ça existe pas. même s'ils sont côtes à côtes, ils ont besoin d'se toucher et de s'embrasser pour se dire je t'aime et se sentir bien.
c'peut-être pour ça que c'était autant le bordel, dernièrement. j'ai un peu failli à ma tâche.
« Bah qu'est-ce qu'on fait alors ? » je lève un peu les yeux vers lui avec l'espoir dans le coeur. il veut revenir avec moi, là ? il veut que - « Je veux pas qu'on se voit plus du tout et qu'on finisse par s'oublier. Je veux que les choses changent mais pas à ce point, c'est trop violent pour moi. » ah.
ouais.
j'hausse des épaules et je grimace un peu et je soupire. p'tain, j'aime pas ça. c'n'importe quoi. « j'veux pas que les choses changent. j'veux genre qu'elles s'arrangent. » je l'observe du coin de l'oeil avant de l'observer dans les yeux. faut être un homme, parfois.
prendre ses couilles en main et tout gérer. kas, il attend p'être ça, de moi. « t'veux aller à un rendez vous ? avec moi, j'veux dire. » j'dois avoir les joues rouges, c'clair. j'ai les doigts qui tremblent et le coeur qui fait la fête. mais j'l'observe dans les yeux pour lui montrer que c'ça que j'veux et que j'vais pas reculer.

_________________


t'es beau dans mes bras. t'es beau dans mes yeux. t'es beau à me lèvres. t'es beau à mes draps.
s'il te plait, ne t'envole pas.
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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Mar 6 Jan - 20:35

Je sais bien que je suis plus en train de le détruire que le redresser.
Jan veut pas les mêmes choses que moi. Je crois qu'il attend tellement de ma part que je suis à peine capable de le regarder droit dans les yeux.
C'est étrange, je veux être dans sa vie mais pas m'investir dans une relation qui me tuera plus qu'elle ne me fait vivre.
J'ai perdu assez de plumes comme ça, mes ailes sont à moitié cramées et c'est laid.
Laid.
Ignoble.
Mes mains tremblent mais je les enfonce dans mon jean troué aux genoux. Je l'ai depuis longtemps, Jan me l'avait offert à notre premier anniversaire. Il me serre un peu maintenant mais je peux pas me résoudre à le donner. Je l'aime trop.
Je l'aime vraiment.
(Jan)
« j'veux pas que les choses changent. j'veux genre qu'elles s'arrangent. »
Mais on a essayé tellement de fois que je suis même plus sûr de savoir la signification du verbe arranger.
Et toi tu la connais, Jan ?
Parce que je l'associe à l'échec et les tristesse, ça me met le bide en l'air.
Je sais pas comment réagir quand tu me dis ce genre de mots alors je me tais. Je baisse les yeux et je me perds dans mes souvenirs comme un orphelin.
« t'veux aller à un rendez vous ? avec moi, j'veux dire. »
J'ai le coeur qui fait un bon. Peut-être que je suis dans un rêve ou un cauchemar, je sais pas, je confonds toujours les deux. T'as déserté mes rêves, Jan, alors forcément, je sais pas vraiment ce qui est le mieux ... tu pourras peut-être me le dire un jour.
Je sais pas.
J'ai les épaules qui se redressent un peu et ma colonne vertébrale qui reprend de sa force. Je vais pas non plus tomber par terre.
ça ... c'est ce que tu veux ? tu sais, je ferais n'importe quoi pour t'aider, Jan. Et si t'as besoin de moi pour une de tes séances alors je serais là.
Parce que le plus important c'est pas de nous soigner à nous deux mais plutôt à toi.
T'es malade, Jan.
C'est du sérieux.
Je sors mes mains de leur cachette pour attraper les siennes et je le regarde droit dans les yeux. J'essaie de devenir adulte même si j'ai un peu d'avance. J'ai que seize ans mais je m'en fous, je pourrais en prendre vingt d'un coup s'il le faut.
Je suis là pour toi.
Et je veux que tu le saches, que tu t'en souviennes.

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MessageSujet: Re: À LA RÉSIDENCE DU DERNIER REPOS.   Mar 6 Jan - 20:54



j'le dévore des yeux avec des espoirs trop grands pour s'y trouver. forcément, ils peuvent pas sortir ni aller quelque part, ils sont trop gros, trop grands. faut pas leur en demander trop.
mais moi, j'm'en demande trop. j'lui en demande trop à kasia.
suffit de voir ses yeux pour savoir qu'il veut passer à autre chose. p'être bien qu'il m'aime encore mais ça fait plus de mal que de bien parce que j'suis un parasite et il mérite bien mieux qu'un parasite.
j'ai beau me frotter trente minutes sous la douche, ça va retirer la crasse sur moi mais ça va pas effacer ce qui s'trouve à l'intérieur d'moi.
mes lèvres se pincent et j'fronce des sourcils. j'fais presque un pas vers l'arrière en retenant un rire, je vois la scène dans ma tête, moi qui rigole et dis que c'était une plaisanterie, et qui s'en vais travailler ensuite.
ça serait un bon plan, ouais.
surtout pour kasia. parce que j'fais quoi, là ?
je fais le jan trop dépendant.
mais sans lui, la terre, elle est même plus ronde. la nourriture goûte plus rien et l'eau m'assèche la gorge et dormir m'épuise.
c'est pire sans lui. le bonheur j'y touchais à peine avant avec mes merdes mais là y'a plus rien alors j'veux changer ça.
j'veux être mieux pour moi mais pour lui aussi. « ça ... c'est ce que tu veux ? tu sais, je ferais n'importe quoi pour t'aider, Jan. Et si t'as besoin de moi pour une de tes séances alors je serais là. » je l'observe et je comprends pas.
c'est ... un non ?
kasia veut pas ? mes séances ? genre ? thérapie de couple ?
je comprends pas.
kasia prend mes mains et je l'observe carrément perdu. même la drogue me fait pas cet effort là. « Je suis là pour toi. » j'sens que ses doigts dans les miens et la tempête en dedans de moi et mon envie de pleurer parce qu'il a pas dit oui, ni non, et j'suis perdu. « mais c'est un oui ou un non, ça ? j'capte pas, kas. » j'grimace parce que j'déteste pas comprendre. j'suis pas le mec le plus intelligent du monde, loin d'là, mais j'vis bien de pas comprendre certains trucs mais ça... ça, j'dois savoir.
c'est une question d'vie et de mort.
alors j'me sens obligé de lui dire toutes mes améliorations. elles sont petites. « t'sais, je fume moins. beaucoup moins. et je joue moins aux jeux vidéos. j'me suis limité un temps et j'vais dehors aussi, au moins une heure par jour. me promener et tout ça. ça va mieux, j'te jure que ça va genre vraiment mieux. » ma voix est toute petite et j'dois faire con de lui dire ça pour qu'il dise oui ou je sais pas.
j'ai un peu les yeux qui piquent parce que, il a beau tenir mes doigts dans ma tête il s'éloigne et j'aime pas. j'aime pas. « tu veux faire des séances genre... de couple ? c'est ça, hein ? » l'espoir pour une connerie de séance de couple. « genre j'peux le faire, ça aussi. » j'hausse des épaules et je renifle un peu. je lâche une de ses mains pour essuyer mes yeux.
tu vois, kas ? j'ai les larmes aux yeux et j'le cache même pas. j'fais des efforts ; j'montre mes faiblesses et j'les assume presque. « parce que t'es genre ma vie et si t'es pas là, j'vis plus. c'noir en d'dans et d'hors. » j'frotte encore mes yeux et j'laisse tomber mon bras, j'reprends sa main et j'lui souris un peu, con, faible. bête.

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