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 COCKTAIL MOLOTOV

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MessageSujet: COCKTAIL MOLOTOV   Lun 8 Déc - 22:40

Il y a le froid de la rue qui plane dans mes veines un peu trop forts, ce soir. Le froid du coeur, trop présent, et les gorgées d'alcool qui s'additionnent sans pouvoir aider réellement. J'me noie de l'intérieur.
'fin, j'essaie mais j'y parviens pas.  J'bois, encore et encore, la bouteille quittant mes doigts une fois vide pour être suivi d'une autre.
Kasia doit attendre devant l'appartement, présentement. Kasia doit attendre pour ce stupide chien, pour venir chercher ses derniers effets personnels. C'est ce qu'il a dit en tout cas, sur le répondeur. J'ai même pas eu les couilles de répondre en voyant son prénom. La vérité c'que mon coeur a stoppé de battre sur le moment et j'suis resté planté là comme un grand con, ma bouffe entre les doigts, à écouter son message de merde. J'avais envie d'chialer et le coeur qui était au sol, comme la garniture de mon hamburger.
J'ai voulu massacrer l'appareil, mais la vérité c'est qu'j'étais trop faible, pour ça.
J'suis sorti, du coup. J'ai pris mes médocs à la con, pour la douleur, et ceux pour ma pseudo dépression, trois fois trop fort, prescrits par ma psy à la con ( t'as vu Kasia ? j'suis vraiment allé la voir, cette connasse. et j'la déteste, d'ailleurs. Encore plus que ta mère. )
J'me suis posé au bar miteux du coin parce que j'avais trop mal à ma jambe. J'étais dans la bagnole, ouais, mais conduire fait mal avec une jambe qui peine à suivre l'mouvement.
J'me suis posé là, du coup. Et j'ai bu, encore, encore, et encore. J'ai bu tellement que j'ai les pensées floues et que j'me dis que j'devrais rentré. C'con de sortir sans toi. j'préfère te faire l'amour et des conneries du genre.
Mais j'me souviens que t'es plus là et ça m'donne envie d'chialer un peu. Y'a un mec qui s'marre et ça m'fout la rage, j'lui envoie une droite il fait la même, j'me prends une bonne sur la mâchoire mais surtout sur le nez - ça saigne - et j'me fais sortir du bar.
J'crois que j'ai beaucoup trop but. J'rase le coma éthylique ou une connerie du genre. Le mélange de médocs et d'alcool c'pas trop joli, surtout quand on prend des trucs forts dans les deux cas.
Manquerait plus qu'un joint comme cerise.
Et j'le sors, ce foutu joint. Parce que j'en ai envie, parce que j'dois plus rien à personne et que j'en ai rien à foutre, en fait, de ma vie. Elle vaut plus rien. J'ai perdu les deux moitiés d'mon être et j'suis qu'une carcasse vide, maintenant. Même pas l'ombre de moi-même. La lumière, elle passe au travers d'mon corps. J'suis rien.
Rien du tout.
Alors j'embarque dans la caisse. J'me fous derrière le volant, j'pose ma bouteille d'alcool sur le siège passager et j'colle mon joint contre mes lèvres. J'cale un peu, avec ma jambe. La voiture est manuelle, c'trop la merde. Mais j'y parviens.
J'ai qu'un coin d'rue à faire. On s'en tape que j'sois saoul, que j'vois des points et que j'ai envie de vomir. J'crois que j'vais m'évanouir, en fait.
Ou p'être mourir. Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre, sérieusement. J'ai tout perdu.
Tout perdu.
La voiture gronde et j'enclenche les vitesses. J'vais trop rapidement, à voir les lumières qui défilent. L'appartement est là, faut tourner, se stationner.
Alors j'tourne et j'appuie sur la pédale d'arrêt ( non, d'accélération ) ça fonctionne pas alors j'appuie encore plus fort et
bam. la voiture percute un poteau ( une lumière j'crois bien ) et mon cou craque. Le sac d'air m'éclate à la gueule et mon nez m'rappelle ma douleur.
Et le klaxon résonne, dans la nuit.
Bon sang d'merde... et j'me suis raté, en plus.
haha, cette connerie.
Avec d'la chance, la drogue, les médocs et l'alcool vont faire le reste du boulot.

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MessageSujet: Re: COCKTAIL MOLOTOV   Mar 9 Déc - 22:59

J'entends le chien couiner de l'autre côté de la porte.
Il m'appelle et je prononce son prénom pour lui montrer que je suis là. Bah oui, c'est pas parce que j'ai abandonné Jan que je vais le laisser tout seul. Il y est pour rien et mes parents sont d'accord.
Il m'a fallu plus d'une semaine pour les convaincre mais j'y suis arrivé (si seulement je pouvais être plus convaincant avec Jan ça serait plus simple ...).
Ca doit faire dix minutes que je suis installé comme un malheureux devant la porte de l'appartement. J'ai pas reçu de messages depuis que je lui ai dit que je revenais pour récupérer mes dernières affaires.
Il doit se dire que je fais ça pour l'emmerder et que ça m'amuse. Jan pense que je l'ai quitté pour le plaisir et ça me rend fou.
Fou de haine.
Parce que je suis pas capable de ça et que j'ai toujours tout fait pour essayer de le garder sur les rails. C'est juste que je suis un mauvais petit copain et que j'ai raté mon permis train. Maintenant, nous voilà tous les deux le nez dans un buisson d'épines. J'ai les bras qui saignent un peu partout à cause de ça. Ah non c'est juste les lames de rasoir ça (réalité fiction s'embrassent).
J'ai juste voulu essayer comme le font tous les ados mais j'ai rien ressenti à voir le sang couler. Maintenant, y a juste mon pull de noël qui se colle aux blessures, ça pique et je regrette.
C'est vraiment trop difficile d'être un enfant malheureux.
Ma tête se relève brusquement lorsqu'un bruit de bagnole résonne dans mes oreilles. Dés la première seconde, je suis persuadé que c'est Jan. C'est pour ça que mon coeur joue aux montagnes russes et s'échoue au fond de mes chaussettes. Dans le trajet je l'écrase mais je me dis que c'est pas bien grave. On peut vivre avec un coeur brisé (mais pas avec un Jan mort).
Jan !
J'ai déjà le regard noyé de larmes même si de là où je suis je vois rien et qu'il me faut contourner sa voiture pour l'atteindre (on dirait que je traverse un couloir sans fin tellement que c'est long).
Ca me laisse le temps de m'inquiéter encore plus et de me faire tout un tas de films.
La première chose que je vois c'est le gros ballon blanc gonflé sur le volant avec quelques gouttes de sang.
JAN !
Non, non ... mes yeux s'accrochent aux siens et c'est là que je comprends qu'il est vivant. C'est là que je redescends un peu dans ma panique pour prendre les choses en mains.
Je vois bien que ses pupilles sont explosés, faudrait être aveugle pour pas voir qu'il est défoncé et ça fait naître une colère terrible.
Là, j'ai l'impression d'être un grand homme qui n'a plus peur de rien. J'ouvre la portière et lui balance la claque de sa vie à la figure. Mes doigts me font mal mais je lui montre pas, je veux pas lui faire croire qu'il a le dessus.
TU TE FOUS DE MA GUEULE, HEIN ?
Je gueule pas à cause de la voiture cassée, qu'est-ce que j'en ai à faire, c'est juste la peur qui parle pour moi.
T'ES CONTENT DE TOI ? OH ATTENDS, TU VEUX QUE JE TE PRENNE EN PHOTO POUR LE METTRE SUR NOTRE INSTAGRAM ? C'EST CA QUE TU VEUX ?
Molo, Kasia, molo.
Si moi je suis un menteur toi t'es le pire des débiles. Tu vois, on fait la paire.
Je ris mais c'est pas sincère, j'ai juste envie de le laisser là et d'arrêter de jouer à la maman.
Passe-moi les clés de l'appartement, je suis venu pour Neige, pas pour toi. En plus, t'as le nez qui a doublé de volume on dirait un joueur de rugby, tu devrais te mettre de la glace.
Bah finalement c'est plus fort que moi.

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MessageSujet: Re: COCKTAIL MOLOTOV   Mar 9 Déc - 23:49

C'est le trou noir littéral. Une seconde, j'sens rien, j'vis rien, je suis rien.
Et putain, ça fait du bien.
J'aimerais resté là longtemps, toujours peut-être. Ça me rappelle l'impact avec John et p'être que si j'ai de la chance, j'vais me réveiller et il sera là, à côté. Avec son gros ventre et les traces de chip, sur son t-shirt. Il rira, j'vais rire aussi, et Kasia va hurler quand on va rentrer.
Toute cette merde, ça sera qu'un putain d'mauvais cauchemar.
J'suis perdu dans les vappes et j'dois avoir l'air d'un con à sourire comme ça. Mais merde, j'ai envie d'y croire.
J'vais ouvrir les yeux et John sera là. Avec Kasia. et Kasia va hurler.
J'crois que j'l'entends même déjà, avec ses cris et sa voix grave. On croirait pas comme ça, mais Kasia, il a une sale voix. Plus virile que la mienne, certainement. Quand on a commencé à sortir ensemble, elle était toute petite, comme celle d'une fillette.
Mais j'lui ai sucé la bite et il en est ressorti avec une voix rauque et basse. « JAN ! » Un grognement quitte ma gorge et j'me redresse un peu. Mes yeux croisent les siens et un soupir quitte ma lèvre fendue. Mon cou craque et la douleur me bloque pendant une seconde.
Bon sang, ça fait m-
BORDEL, MAIS ÇA FAIT MAL, SA CLAQUE.
« TU TE FOUS DE MA GUEULE, HEIN ? » J'ai le nez qui hurle la douleur et le cou aussi, et ma joue aussi maintenant, MERCI. Je l'observe comme s'il était taré. Quelle idée putain, d'me foutre une claque comme ça. Il est débile ou quoi ? J'suis accidenté, là !
« T'ES CONTENT DE TOI ? OH ATTENDS, TU VEUX QUE JE TE PRENNE EN PHOTO POUR LE METTRE SUR NOTRE INSTAGRAM ? C'EST CA QUE TU VEUX ? » Sa voix vire dans les aigues et c'est pire qu'insupportable. J'ai presque envie de lui donner raison. On peut prendre mon portable si tu veux kas, y'a déjà notre instagram d'ouvert dessus parce que j'ai passé la soirée à boire comme un idiot en regardant nos souvenirs.
Nos souvenirs, ouais. L'avenir, il existe plus. Tu t'es tiré avec et tu m'as même pas laissé une miette.
Kasia il peut vivre sans Jan mais Jan, il est déjà rien, alors tu lui enlève tout.
J'ai les poches vides et l'âme aussi, surprise. « Si moi je suis un menteur toi t'es le pire des débiles. Tu vois, on fait la paire. » Un soupir quitte mes lèvres et j'sors mes jambes de la voiture, lentement. Ça tire, ça fait mal, c'est pire que débiles. J'ai l'impression que c'est cassé ou je sais pas. J'parviens quand même à me lever, la main appuyée contre la voiture. « ça va... ça va.. pfftt. » J'marmonne en lui faisant un signe de main. J'tangue un peu mais en fait c'est surtout le décor qui tangue et j'ai envie de vomir, c'est monstrueux. « Passe-moi les clés de l'appartement, je suis venu pour Neige, pas pour toi. En plus, t'as le nez qui a doublé de volume on dirait un joueur de rugby, tu devrais te mettre de la glace. » Mais il se tait pas, bon sang. Il se tait pas, il continue, et ça m'fout les nerfs.
Ça m'fout les larmes aux yeux, surtout, mais ça, il a pas besoin d'le savoir. Il m'a déjà foutu au sol, il va pas me prendre tout ce qui me reste.
ou alors, si.
Parce que j'suis saoul triste en colère taré coeur brisé paumé et déglingué. Parce que j'suis Jan et j'ai rien à offrir, rien, sauf tout ce qui me reste. « Neige, ouais. Neige. » Je crache au sol le sang que j'ai dans la gueule et ça m'donne envie de vomir. « tu veux autre chose, aussi ? mon compte en banque, p'être ? nan mais, il est vide, oublie. » Et je ris un peu. Ça m'fout le mal de coeur, c'est terrible. Faut que j'appuie mes mains contre mes jambes mais ma jambe est pas forte, n'importe quoi. J'ai un haut le coeur et le bruit est horrible. « prends l'reste, alors. prends les meubles, la télé, les ustentiles que tes parents pétés de thunes ont payés. ! PRENDS TOUT. T'AS DÉJÀ TOUT PRIS CE QUI ÉTAIT IMPORTANT. » Notre amour, notre chance. Nous.
D'un geste rageur, je retire mon t-shirt, me bataille un peu pour y parvenir mais y parvient tout de même. Et j'fais pareil, avec mes chaussures. J'les balance au milieu de la rue sans viser. « tu veux mon pantalon, aussi ? et mes chaussures, aussi ? j'vais être à poil mais c'pas grave. C'COMME ÇA QUE J'ME SENS. NU. SANS RIEN. J'AI PLUS RIEN. » Les cris sont trop forts et mon mal de coeur aussi .Mes mains se posent de nouveau contre mes genoux. Ma jambe tremble, flanche.
Je tombe au sol, mon dos percute la voiture.
Nouveau élan de vomi ; je crache un peu de ce que j'ai bu, contre l'asphalte.

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MessageSujet: Re: COCKTAIL MOLOTOV   Mer 10 Déc - 0:21

J'ose espérer qu'il va arrêter ses conneries et coopérer. Je le regarde de mes grands yeux qui le mitraillent mais ça suffit pas. Je le comprends à sa façon de me regarder avec toute la haine du monde.
Y a quelques mois de ça, j'étais la plus belle chose de cette terre.
Je suis lentement devenu un fantôme pour finalement être détesté.
C'est vachement beau l'amour, dis donc. Passer d'un extrême à l'autre c'est pas ma came.
Et m'afficher comme ça, non plus, c'est pas mon trip.
Je respire, je fais de mon mieux pour pas le laisser là et demander à mes parents de venir récupérer Neige à ma place. Pourtant, c'est tout ce qu'il mérite, Jan, pour m'avoir brisé le coeur et s'être envoyé en l'air avec un poteau.
Sa bagnole est foutue.
Il pourra même plus aller au boulot autrement qu'en bus.
Bonjour le boloss.
Je me recule de quelques pas, gêné de le voir vaciller sur ses jambes. Au loin, un mec nous regarde et je sais plus où me mettre. Le ciel me tombe sur la tête.
« tu veux autre chose, aussi ? mon compte en banque, p'être ? nan mais, il est vide, oublie. »
Je fronce les sourcils parce que je comprends pas son délire. Jan parle de fric alors que je lui ai jamais demandé quoi que ce soit. Puis merde, c'est pas le sujet. Je lui en veux de tomber aussi bas parce qu'il me pousse à le détester en retour et c'est pas ce que je voulais ... j'ai jamais voulu de ça.
Merde.
« prends l'reste, alors. prends les meubles, la télé, les ustentiles que tes parents pétés de thunes ont payés. ! PRENDS TOUT. T'AS DÉJÀ TOUT PRIS CE QUI ÉTAIT IMPORTANT. »
Tout sauf ça, tout sauf mes parents. Tout sauf ma situation familiale. Sérieux, y a des milliards de sujet de conversation pour s'engueuler mais non, il choisit le pire, celui auquel je tiens le plus. Et puis je suis tellement choqué de le voir enlever son t shirt et ses chaussures comme un possédé que je réagis pas de suite. Je le regarde, désespéré.
J'ai pitié pour lui.
J'ai pitié de voir ce qu'il est en train de faire.
« tu veux mon pantalon, aussi ? et mes chaussures, aussi ? j'vais être à poil mais c'pas grave. C'COMME ÇA QUE J'ME SENS. NU. SANS RIEN. J'AI PLUS RIEN. »
J'ai un haut le coeur à le voir cracher ce qu'il a sur l'estomac et tourne les yeux, un instant. Manquerait plus que je me mette à vomir  moi aussi.
Relève-toi Jan, tu me fais honte.
Trois paires d'yeux nous regardent, la honte, la honte, la honte. J'aimerais dire que je connais pas ce type mais tout le monde nous a vu main dans la main, plus amoureux que jamais (il peut aller se recoucher, jamais, maintenant).
Rhabille-toi.
Je dis ça en ramassant ses chaussures et son t shirt (trop gentil).
Tu crois qu'on peut continuer sans avoir à gueuler ? Je m'en fous de tes pantalons et des meubles, j'ai déjà ce qu'il me faut.
Je m'en fous de ton petit numéro,
de tes cris,
des tes pleurs,
de ta détresse.
J'ai trop donné.
C'est terminé, Jan, mets-toi ça dans le crâne.

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MessageSujet: Re: COCKTAIL MOLOTOV   Mer 10 Déc - 0:42

J'ai envie de crever. D'disparaître, carrément. C'que j'mérite, non ?
J'ai été renié par mes parents.
J'ai pas de diplôme.
Pas de boulot.
Pas d'amis.
Plus de petit ami.
Plus de voiture.
Plus rien.
Il me reste quoi, pour m'accrocher ? Des souvenirs qui m'brisent le coeur et deux grammes de mari ? L'extasie.
Ma vie est tellement pathétique que mon coeur s'lève encore et que j'vomis contre le sol. « Relève-toi Jan, tu me fais honte. » Non, j'ai pas envie. Et d'toute manière, j'te fais honte depuis des mois, selon c'que tu dis. C'est pas la première fois.
Jan, il fait honte aux gens. L'histoire de ma vie.
J'ai un rire gras et j'essuie ma bave du revers de la main, avant d'avoir un nouveau haut le coeur. « Rhabille-toi. » Mes yeux s'lèvent vers Kas et j'le dévisage. J'observe les vêtements mais j'les prends pas. J'ai pas envie.
J'ai tellement attendu de lui que maintenant, j'veux plus rien. Parce qu'il a pas été capable de comprendre. De comprendre que j'avais b'soin de son aide. Que c'était essentiel.
C'est qu'un gamin, comme John disait. On était pas plus vieux à l'époque mais aujourd'hui, ses paroles sont vrais. « Tu crois qu'on peut continuer sans avoir à gueuler ? Je m'en fous de tes pantalons et des meubles, j'ai déjà ce qu'il me faut. » J'crache ce qu'il me reste dans la gorge.
J'aimerais pouvoir cracher mon amour aussi mais c'est pas possible. C'est de la merde, oui.
J'te déteste tellement, parce que j't'aime.
J't'aime et t'en as rien à foutre. T'arraches quand même mon coeur.
Tu marches sur mon coeur de merde et sur mon b'soin de toi.
Jan est triste, il vaut plus rien. Faut un nouveau jouet, maintenant. « fous l'camp. » J'sors les clés de ma poche et j'les balance dans la rue. « va chercher neige. » J'ai été con d'croire que j'pourrais au moins garder ce chien.
Il m'a coûté un mois d'salaire mais ça va, prends le. Vas y.
J'serre mes dents et j'essuie mon nez contre mon t-shirt, sans le remettre. « et fous l'camp. t'as rien à foutre ici, c'plus chez toi. » Une main appuyée contre la voiture, j'essaie d'me redresser.
D'ici quelques jours, ça s'ra plus chez moi aussi. Parce que j'ai pas d'fric pour payer le loyer et que le proprio en a assez de l'odeur de mari dans les escaliers.
Mais ça, t'as pas besoin d'le savoir.

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MessageSujet: Re: COCKTAIL MOLOTOV   Mer 10 Déc - 0:58

J'aimerais être assez bête pour éclater mes genoux par terre et le prendre dans mes bras. J'aimerais avoir la force de prendre sa tristesse et l'envoyer vers les étoiles pour qu'un trou noir l'absorbe.
J'aimerais tout un tas de choses mais je suis capable de rien.
Juste de le regarder avec tout le mépris du monde.
« fous l'camp. »
C'est con parce que je suis soulagé de l'entendre dire ça. Je crois que c'est la seule chose dont j'ai réellement envie : prendre neige et m'en aller, l'oublier, tirer un trait, aller à l'école et recommencer à zéro.
« va chercher neige. »
Je fais quelques pas et me penche pour attraper les clés, à croire que Jan est même pas fichu de donner les choses sans les jeter. Je m'avance vers la voiture et pose ses affaires, silencieux. Ca sert à rien de parler dans ces moments là de toute façon. Nos colères sont trop fortes pour s'affronter correctement. Elles sont sourdes.
Aveugles.
Elles perdent les pédales.
Et nous aussi.
« et fous l'camp. t'as rien à foutre ici, c'plus chez toi. »
Je lève les yeux au ciel. Jan me croit pathétique et dépendant de lui au point de revenir devant sa porte dans deux jours mais c'est pas ça la vérité.
C'est pas parce que j'ai seize ans que je peux pas passer au dessus d'un chagrin d'amour.
Alors, toujours muet je fais ce qu'il me dit et récupère Neige. Il couine, content de me voir et me réchauffe le coeur.
Tiens.
Moi aussi je balance les clés par terre pour me rabaisser à son niveau.
Et lorsque je lui tourne le dos pour rentrer à la maison, on voit mes épaules qui tremblent.
Noyé dans mon sanglot, je retire pas mon nez du pelage de Neige et cherche du réconfort dans sa douceur.
Il sent l'herbe, comme Jan.
C'est triste, tout cet amour foutu en l'air.

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