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 DES POSES DE COMBAT

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MessageSujet: DES POSES DE COMBAT   Jeu 27 Nov - 11:56

C'est quoi aimer ?
Je crois que ça ressemble à Charles.
Parce qu'avant Charles je croyais qu'aimer ça faisait mal, je croyais qu'aimer c'était avec les coups, que c'était comme ça qu'on montrait à quelqu'un qu'on était un à deux, je croyais qu'aimer, ça faisait des couleurs sur les bras, je croyais qu'aimer, ça finissait toujours mal.
Avec Charles ça finit dans ses bras.
Et on a envie de recommencer.
Avec Charles ...
Charles est beau quand il tape sur quelqu'un, c'est comme s'il dansait comme les gens qui vont en boîte de nuit.
Mais au bout d'un moment la chanson doit se terminer.
Et c'est moi qui dois appuyer sur stop, sinon, personne le fait, tout le monde s'en fout et Charles, il devra prendre encore plus de médicaments.
- Charles arrête !!!
Je suis entré dans la bataille et j'ai pris son bras mais au lieu de se laisser aller dans les miens, un petit peu comme d'habitude, il les balance au-dessus de lui et je me les prends dans la joue.
Ça résonne dans ma mâchoire.
Je le regarde et j'ai l'impression qu'il y a plus aucun bruit.
Qu'il y a plus que nous.
Et ce coup de poing entre nous.
Charles il a plus la même tête que quand on s'embrassait.
T'as perdu tes étoiles ?

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Ven 28 Nov - 18:02

Je sais plus ce qu’il a dit.
Je sais plus ce qu’il a fait. Je crois que c’était une insulte. Mais moi je bouillonnais déjà, il y avait de la lave en fusion à l’intérieur de moi et le volcan a explosé. J’ai saisi sa nuque entre mes doigts et j’ai fracassé sa tête contre mon genou. Une fois. Deux fois. Trois fois. Il était sonné, le garçon. Il avait un air de voyou que j’ai pas supporté. Alors je tape dessus. Je tape dessus parce que je suis en colère et parce que je suis fatigué. Aussi parce que j’ai oublié de prendre mes médicaments ce matin.
J’ai son sang sur mes mains.
- Charles arrête !!!
On empoigne mon bras et je pousse. Je pousse et je lâche aussi mon premier adversaire.
Je vois rouge
je vois sang
je vois nuit
des couleurs sombres plein les yeux et je deviens aveugle.
Je pousse un hurlement. Ça me déchire les poumons et la gorge.
Et je tremble, et je tremble, et je tremble.
Je me tourne vers Steve. Je suis furieux, je suis furieux et j’empoigne le col de son sweat avec mes mains. Je serre très fort entre mes phalanges et j’ai son nez presque contre le mien. Mes yeux sont plein d’éclairs et d’orages et j’ai envie de tout casser, de tout brûler. J’essaie de respirer normalement mais je n’y arrive pas et je suffoque presque.
Les mains rouges et violettes d’avoir trop cogné.
- Pourquoi tu m’as pas laissé le crever
(je m’étouffe un peu)
- Pourquoi, hein ???
Je le secoue entre mes doigts sales et j’oublie que lui aussi sait se mettre en colère. Que lui a déjà tué.
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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Ven 28 Nov - 20:13

J'ai posé ma main sur ma joue.
Elles non plus elles en reviennent pas.
Ça commence à me lancer, je suis sûr que c'est déjà bleu mais pourquoi ça me fait plus mal que d'habitude ?
Hier j'ai encore tapé un garçon qui m'a regardé comme s'il avait envie de me tuer alors j'ai fait pareil, avec mes mains, et j'ai failli réussir s'ils m'avaient pas piqué ceux-là, j'ai des marques partout sur les bras.
Pourquoi ça me tord comme ça ?
Et on va se regarder encore longtemps comme ça ?
Non, Charles il fonce il fond sur moi avec ses poings prêts à la bagarre, y a des orages dans tes yeux, arrête, tu sais bien que je peux te redonner un peu de soleil et te ramener tes étoiles, pourquoi tu fais cette tête contre moi ?
Je mets du temps à réagir.
Un bleu
Deux bleus
Trois petits bleus
Qui s'en vont pas
- Pourquoi tu m’as pas laissé le crever ? Pourquoi, hein ???
Mais finalement moi aussi je relève mes manches et je fais comme si c'était pas Charles, de toute façon c'est pas vraiment Charles, là, on aurait pas envie de poser ses lèvres sur les siennes, et je tape, je tape, ça me fait moins plaisir que d'habitude mais je le fais quand même.
Je le ferai jusqu'à ce qu'il arrête, lui.
Je le ferai jusqu'à ce qu'on arrive à nous séparer.
Je me laisserai pas faire.
Et après
peut-être
on pourra se refaire des câlins ?

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Sam 29 Nov - 9:16

Et puis il se produit quelque chose qui n’aurait jamais, jamais dû arriver. Il se produit quelque chose qui m’a toujours contracté le ventre, quelque chose que je repoussais très très fort avec mon esprit. J’ai jamais voulu me bagarrer avec Steve. J’ai jamais voulu toucher un cheveu de sa tête sauf pour le caresser. J’ai jamais voulu déclencher des maux vifs, des contusions, des ecchymoses, des blessures du corps et de l’âme. Parce que j’ai toujours su que si on devait se battre on se casserait plus que des os dans la bataille. J’ai toujours su que si on devait malmener nos corps on finirait par casser le château de cartes de notre relation.
Ses mains sont celles de quand il frappe les autres garçons.
Sur mon visage, sur mon corps. Je sens la force de ses coups irradier dans tout moi.
J’ai entendu mon nez craquer.
Je me suis d’abord laissé faire. Je l’ai d’abord laissé me donner les premiers coups. Peut-être qu’il se serait arrêté de lui-même. Peut-être qu’il aurait ouvert les yeux en disant : mais c’est Charles. On arrête tout.
Il continue.
Alors j’ai pris mes deux poings, ma tête pleine de sang. J’ai pris mes poings et ma tête et je me suis jeté tout contre lui, comme pour l’embrasser. Sauf que je lui ai fais des bisous avec mes phalanges. J’ai frappé dans ses côtes et dans son ventre jusqu’à ce qu’il tombe à genoux.
Je me suis laissé tomber sur lui.
J’ai écrasé son corps du mien.
Assis sur lui mes mains sur ses épaules.
Il y a des flammes au fond de ses yeux. Le souvenir d’une haine enfouie. J’ai mon corps qui a du mal à respirer. Mon corps qui en peut plus de chercher de l’air là où il n’y en a pas.
Je le lâche.
Je me sens faible.
Je sais que lui il a encore de la réserve. il a toujours de la réserve pour donner des coups, ce garçon. Je l’ai vu se battre trop de fois. Et même avec les genoux par terre il était capable de ruiner le corps des autres garçons.
Moi je suis un vaincu. Un éternel perdant.
Depuis toujours.

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Dim 30 Nov - 9:38

Arrête tu fais mal, arrête je me fais mal.
Mes genoux cognent par terre et son corps cogne contre le mien, on tombe au sol presque enlacés sauf que ça fait trop mal pour être de l'amour, ça fait trop mal, ça fait trop mal, elles sont où les fleurs ?
On va se rendre compte que c'est pas vrai, hein ?
On va réaliser que les coups de poings, c'était des baisers.
Que le sang qui coule c'est de la purée d'étoiles.
Que les larmes dans mes yeux c'est à cause du bonheur.
- Bon Roi et Azaïs ça suffit, ça s'passe en bas maint'nant.
Je me débats, y a que Charles qu'a le droit de me prendre dans ses bras, y a que lui qui sait comment m'approcher, et puis pourquoi vous nous séparez, on faisait rien de mal, on allait s'embrasser.
Comme l'autre fois.
Nos langues et ses mains de géant.
J'espère que j'ai pas cassé ses poignets.
Je me mets à gesticuler dans tous les sens, j'essaie de le voir, je sais qu'ils marchent derrière nous, lâchez-moi je veux juste voir si ses poignets vont bien, s'ils peuvent encore soutenir ses mains.
Elles sont si grandes ses mains.
Et lourdes avec tous les coups de poing dedans.
Ils nous jettent dans deux cellules voisines.
Elle est tellement petite, la mienne, que je me prends presque le mur du fond, si seulement je pouvais me casser la tête.
Ça m'aiderait à oublier.
Qu'on se débrouille mieux pour se cogner que pour s'embrasser.
Je m'assois au milieu de la pièce vide, sur le béton, pour pleurer dans mes genoux.
Et je commence à compter mes bleus.

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Dim 30 Nov - 18:07

Je respire très fort pour ne pas m’étouffer.
Il y a les gens en blanc qui nous crient dessus et qui nous attrapent par les bras. Steve est traîné devant et il se débat. J’aimerais lui dire d’arrêter, parce qu’ils vont le piquer et lui faire bouffer des millions de médicaments pour qu’il soit calme (assommé). J’ai le corps mou. Moins je bouge, moins longtemps je resterai enfermé.
On nous jette dans des cages entourées de murs.
Des animaux.
C'est ce qu'on est : des animaux.
Je suis à l’étroit, là-dedans. Balancé comme une ordure à la poubelle. J’ai un sourire amer sur le visage et en même temps j’ai très envie de hurler de pleurer de mourir de m’enfuir de m’envoler d’embrasser Steve de courir.
Je touche mon visage. Humide. Sale. Barbouillé du sang (un peu du mien, un peu de l’autre garçon, un peu de Steve).
Il est dans la cellule d’à côté. Je cogne doucement contre le mur, avec la force qu’il me reste au bout des poings. Pas trop fort. Pour lui montrer qu’il m’a pas encore achevé, que je ne suis plus en colère.
C’était juste une mauvaise passe.
- J’suis désolé. J’ai jamais voulu te cogner.
Jamais jamais jamais jamais jamais.
Jamais voulu te faire du mal.
Encore moins te blesser.
Je veux pas que tu me détestes, je veux que tu m’aimes encore un peu, au moins jusqu’à ce qu’on sorte. Après quand on sera dehors, trouve-toi quelqu’un de bien, prends tes ailes et envole-toi.

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Mer 3 Déc - 19:41

J'essaie de me dire que c'est pas grave.
Que y a rien de grave.
Rien de grave.
Rien.
Je comprends pas, quand Charles m'embrassait pourtant j'avais l'impression qu'il était tellement fort et qu'il s'en servait pour supprimer le sol sous mes pieds, j'avais l'impression que c'était le garçon le plus doux du monde, un morceau de coton, j'avais l'impression qu'il pouvait rien m'arriver de mal et qu'il pouvait pas faire de mal.
Pas à moi.
Je pensais que le principe c'était de se sauver.
De se rattraper du bout des doigts quand ça dérapait.
Et les lâcher tout de suite après.
Au cas où on le serrerait trop (et les casser).
Maintenant, maintenant j'ai son sang sur mes ongles et trois bleus (peut-être quatre, peut-être un sur le visage), aïe.
Un petit coup contre le mur entre nous, ça fait sursauter mon cœur, ça me fait sursauter moi aussi, j'imagine ses poings sur le béton, j'ai envie de vérifier qu'ils vont bien.
- J’suis désolé. J’ai jamais voulu te cogner.
Sa voix est toute douce, on dirait qu'elle a retrouvé le sens de la vie.
Moi, ça me donne envie de larmes.
J'ai la gorge qui inonde qui inonde.
- Moi non plus Charles.
(Mais en vrai c'est beaucoup moins assuré que ça, je parle n'importe comment avec ma voix en vagues de larmes, avec ma voix qui essaie de donner tout ce qu'elle a alors qu'elle a rien rien rien.)
- Je sais même pas comment te dire pardon.
(Encore des tsunamis.)

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Sam 6 Déc - 18:08

J’ai le front contre le mur froid de la cellule.
J’ai le front contre le mur froid de la cellule. La gorge pleine de nœuds, l’estomac qui se retourne, les yeux remplis de larmes. J’ai les poings qui refusent de se desserrer, les poings qui s’accrochent très fort. Je suis en colère contre moi, en colère contre lui, en colère contre le monde entier. J’en ai marre d’être aussi con, d’être aussi incapable. Et puis je suis très triste aussi. J’aimerais qu’on me lance des cailloux pour me réveiller du cauchemar et redevenir Charles Roi le garçon heureux.
Charles Roi sans sang sur les mains.
Charles Roi amoureux d’une fille.
Charle Roi une famille.
Une maison.
Une jolie
vie.
- Moi non plus Charles. Je sais même pas comment te dire pardon.
Je renifle un peu.
Je ravale toutes les larmes dans ma gorge et dans mes yeux. C’est pas bien, c’est pas bien de faire ça. Ma mère m’a dit que j’avais le droit de pleurer, qu’il fallait que je laisse les larmes couler si ça pouvait m’aider à aller mieux. Avant je le faisais, j’avais pas honte. Mais au centre j’ai appris à garder les yeux secs et garder ma tristesse rien que pour moi. Faut jamais montrer ses sentiments, à part la rage, la colère, la violence.
N’importe quel exutoire pourvu qu’on ressemble à des garçons.
- C’est pas toi. C’est moi. C’est moi. Faut se barrer d’ici, Steve. J’suis en train de péter les plombs.
Un lion en cage.
Une bête de foire.
Prête à sauter sur tout ce qui bouge.

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Sam 6 Déc - 20:36

Monsieur ?
Monsieur ?
Oui, v-vous en haut.
Dites, elles sont passées où toutes les couleurs ?
Charles, il en avait inventé pleins pour moi, des que j'avais jamais vu ici ou même dehors, avant.
C'est vous qui les avez enlevées, c'est ça ?
Bah descendez, descendez vous allez voir, ça va pas se passer comme ça, viens là tu vas comprendre ce que ça fait quand on me prend mes arc-en-ciel sans me demander la permission alors que j'ai déjà pas grand chose, tu vas comprendre pourquoi faut pas me chercher, pourquoi faut pas me retirer mes crayons et me laisser colorier les yeux de Charles en bleu très océan (et sa bouche, toute rouge).
Tu vas voir toi !
Charles je l'entends renifler.
Ou alors non.
Je sais pas, le mur est tellement épais, c'était pour qu'on arrête de se battre mais moi, moi je veux juste le prendre dans mes bras et pas me rater cette fois, faire disparaitre les bleus contre sa peau, et les regarder s'évaporer.
Ces couleurs-là, j'en veux pas.
- C’est pas toi. C’est moi. C’est moi. Faut se barrer d’ici, Steve. J’suis en train de péter les plombs.
Est-ce qu'il parle de nous deux, ensemble, dehors ?
- Mais ... c'est pire dehors ... Charles, dehors, c'est ...
Ma voix tré -
buche.
Et qu'est-ce que ça ferait ?
De toucher ses poignets ?
Mais dans une rue ?
(On devrait inventer notre planète à nous : elle serait toute rose.)

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Dim 7 Déc - 12:21

- Mais ... c'est pire dehors ... Charles, dehors, c'est ...
Je hurle contre le mur.
Comme ça.
D’un coup.
Un besoin de sortir tout ce qu’il y a dans mon corps dans mes poumons dans mon cœur dans mes veines. Évacuer tout ce qu’il y a de mauvais en moi, le chasser, l’envoyer loin, dans les airs, pourvu que ça arrête de m’étouffer, de m’accrocher le cou et les chevilles.
Je hurle parce qu’il en sait rien, Steve.
Il sait pas toute la beauté du dehors.
Il l’a jamais connue, jamais jamais jamais jamais jamais. Il sait pas ce que c’est de vivre sans se soucier de rien, sans avoir peur, sans avoir la rage, la haine, la colère. Il sait pas ce que c’est de vivre et de sourire avec tout le corps. Il sait pas ce que c’est d’être heureux, de grandir en étant aimé et en aimant en retour.
Il connaît pas tout ça.
- Dehors c’est mille fois mieux qu’ici, j’te jure. J’te jure qu’ici c’est pire que tout.
Faudrait s’échapper. Franchir les barrières la nuit. Courir jusqu’à la ville la plus proche. Et puis réapprendre à vivre. Sortir de chez soi sans craindre de se faire sauter dessus par des garçons eux aussi plein de rage et de colère. Aller à la boulangerie, faire ses courses, se promener, travailler, prendre la voiture.
- Faut que tu me croies.
Parfois ça peut être rose, la vie. C’est pas toujours noir (gris pour les jours les moins tristes). Ça arrive.

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Dim 7 Déc - 14:39

Charles se met à crier.
Ça fait trembler les murs.
Et je suis sûr que dehors, le ciel se décolore lui aussi.
Et il reste plus que mes bleus.
Je me bouche les oreilles pour pas l'entendre mais ça vient même jusque dans mon cœur et ça fait un bruit pas possible, un bruit de malheur, le même bruit que j'ai fait quand j'avais cinq ans et qu'on m'a dit que j'étais pas prêt de sortir d'ici, je me suis bouché les oreilles et j'ai hurlé jusqu'à ce que plus rien puisse sortir.
Charles arrête.
Moi je me sens tout tout petit.
J'ai beau faire la même taille que lui là, je me sens plus du tout ras-du-ciel, au contraire, le ciel, ici, je peux même pas le voir.
- D'a - d'accord, on va s-sortir. Demain. Ou ce soir, on va -- on va s'en aller.
Ma voix fait des drôles de vagues comme dans cette chanson que j'aime bien.
Est-ce que tu me montreras la mer ?
Est-ce que tu m'emmèneras à la montagne ?
Est-ce que tu resteras tout le temps avec moi ?
- Mais je veux plus que tu cries ou qu'on se frappe. Plus jamais de jamais.
Est-ce que dehors le ciel sent bon ?
Est-ce que les gens s'embrassent aux arrêts de bus ou est-ce qu'ils attendent d'être chez eux ?
Est-ce qu'il y a de la musique dans la rue ?
Comment c'est déjà l'hiver ?

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Mer 10 Déc - 17:38

- D'a - d'accord, on va s-sortir. Demain. Ou ce soir, on va -- on va s'en aller. - Mais je veux plus que tu cries ou qu'on se frappe. Plus jamais de jamais.
Je hoche la tête contre le mur.
D’accord on va sortir, d’accord on se tape plus jamais dessus. Ça sert à rien de se faire des bleus en plus, on n’a pas besoin de ça, personne n’a besoin de ça. Et nous encore moins. Et si on a besoin d’évacuer la colère on va faire de la boxe, on cogne les poings contre les murs, contre des sacs, contre des voitures. N’importe quoi sauf nous.
Je me laisse glisser dos contre le mur froid de la cellule et je fixe le néon qui grésille au plafond.
- Tu sais dehors c’est pas si terrible que ça. Toi tu t’en souviens pas très bien mais on n’a pas de couvre-feu, on mange bien, on voit le soleil autant qu’on veut. Les lits sont mille fois plus confortables que ça et dehors, dehors y’a des gens qui t’aiment. Tu peux t’acheter une glace l’été, aller à la plage, te baigner. Tu peux te promener la nuit pour regarder le ciel. Tu peux avoir une copine, des amis avec qui faire la fête et avec qui boire et fumer un peu pour rire. Dehors c’est la liberté, Steve.
La liberté.
Peut-être pas toujours entière mais plus complète qu’ici.
On pourrait même marcher dans la rue et se tenir la main.
On pourrait dormir ensemble.
Aller au cinéma ensemble
(…) ensemble.

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Mer 10 Déc - 20:17

Est-ce que les autres garçons sont beaux aussi ?
Ou est-ce qu'il y a que toi ?
Est-ce que les autres garçons se touchent les mains ?
Ou est-ce qu'il y a que nous ?
J'espère qu'il me dit oui de l'autre côté du mur et que c'est juste qu'il parle pas assez fort pour que je puisse l'entendre, j'espère qu'il est d'accord avec moi, faut plus qu'on s'abîme, ça suffit comme ça, y a déjà assez de dégâts, c'est déjà bleu jusqu'au cœur.
Sa voix revient.
Il dit encore des mots que je connais mais que je comprends pas.
Du langage des étoiles, pardon, c'est pas ma langue maternelle.
Ma maman, elle m'a pas appris grand chose.
(Il dit : soleil / des gens qui t'aiment / glace / été / plage / copine / amis / liberté.)
Enfin ça me dit quelque chose mais j'ai dû oublier.
J'ai peur de pas être assez doué dehors.
De tabasser les passants dès qu'il arrêtera de me parler.
- Tu vas m'aider ? Je sais pas si ... Si j'suis fait pour le dehors. Pour la copine et pour l'alcool. Toi, ils t'attendent, c'est pas pareil.
(Pleure pas Steve, c'est pas beau sur toi.)
Moi je suis bon qu'à
Me pencher.
Ramasser ce qu'il reste des étoiles.
Et se dire que c'est déjà pas mal.

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Sam 13 Déc - 20:54

Je ne sais pas si les autres garçons sont beaux, le tout premier que j’ai regardé avec les yeux tendres c’était Steve.
C’est qu’il ne doit pas y avoir que moi.
Je crois que des garçons se touchent les mains dans la rue mais on ne fait pas attention. On ne regarde pas ces choses-là. Je ne regardais pas ces choses-là parce que moi aussi je pouvais tenir la main de quelqu’un dans la rue, sentir des doigts contre les miens, une paume dans la mienne. Une étreinte légère mais suffisante.
- Tu vas m'aider ? Je sais pas si ... Si j'suis fait pour le dehors. Pour la copine et pour l'alcool. Toi, ils t'attendent, c'est pas pareil.
Je hoche la tête et j’oublie qu’il ne me voit pas.
- Oui je vais t’aider. Je vais te montrer la vie, la vraie. Celle qui a des couleurs et qui ne ressemble en rien à ici.
Et puis s’il faut on l’accueillera à la maison. On lui fera une place dans ma chambre, dans mon lit s’il en a envie. On apprendra à lire, à parler, à dessiner. On va tout recommencer depuis le début. On va apprendre à mettre un pied devant l’autre sans tomber et en se tenant la main. On va tout faire pour devenir des garçons calmes et forts dans la tête. Des garçons qui ne se déchirent pas parce qu’ils ont peur de l’orage, des vagues de la mer, du vent qui siffle contre les volets.
- J’ai pas peur.
Je murmure.
Une fois.
Deux fois.
Dix fois.
Cent fois.
(…)

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Dim 14 Déc - 9:52

Lui, quand il va sortir, il pourra rentrer chez lui et retrouver son lit.
Moi, mon lit, les policiers l'ont emmené loin parce qu'il y avait trop de sang dessus.
Moi, le soleil, il veut même plus me parler.
Y a plus personne qui veut me regarder dans le ciel depuis que je leur ai envoyé Brandon.
Je sais même pas si je serai capable de sourire à la boulangère.
Et de pas la frapper si elle veut pas me rendre la monnaie.
Je sais même pas si je serai capable de marcher dans la rue en le tenant par la main, parce que qu'est-ce qu'il se passe si je la serre trop fort et que je la casse sans faire exprès ?
Est-ce qu'ils vont encore m'emmener là où on désapprend les étoiles ?
Je vais avoir peur des oiseaux, c'est sûr.
Et les oiseaux, ils auront peur de moi.
Je sais pas comment on fait pour traverser une rue, je sais pas comment on fait pour acheter des vêtements, je sais pas si j'ai encore le droit de monter sur les manèges, je sais pas ce qu'ils nous font, dehors, quand on tape quelqu'un, ils nous donnent aussi des médicaments ?
Mais pour, avec, dans les câlins de Charles, peut-être que j'en suis capable.
Peut-être que je peux faire des grandes choses.
Toucher les nuages en levant les deux bras.
Peut-être.
- Oui je vais t’aider. Je vais te montrer la vie, la vraie. Celle qui a des couleurs et qui ne ressemble en rien à ici. J’ai pas peur.
Il répète ça peut-être quinze fois.
Je répète après lui, avec lui, en hochant la tête à chaque nouvelle fois, comme pour m'en imprégner, comme pour y croire un tout petit peu.
Je demande pas des montagnes tu sais.
Si déjà j'arrive à voir des couleurs dans tes yeux, moi, ça me suffit.
- Et moi, t'as pas peur ? T'as pas peur de moi ?
Je suis comme une maladie tu sais.
Ou une catastrophe de la météo, un bon gros volcan, méchant.
Comment on fait si j'explose ?

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Dim 14 Déc - 17:31

Le dos contre le mur de la cellule, je me ronge les ongles et puis aussi la peau des doigts. Pourtant ça devrait pas. Parce que ça va aller, ça va aller, ça va aller. Steve a dit qu’on allait sortir, qu’on allait se barrer d’ici. On va arrêter les médicaments, on va arrêter les footings dans la cour tous les matins, on va arrêter les coups de poings sur les autres garçons, on va arrêter de se battre, de crier, de vomir parce qu’on s’est pris trop de coups dans le ventre.
On va devenir des messieurs presque tout le monde. Avec un peu plus d’étoiles cassées dans les yeux que le reste de la population. On sera Charles Roi et Steve Azaïs qui ont déjà trop vu de la vie avant même d’être tout à fait majeurs.
- Et moi, t'as pas peur ? T'as pas peur de moi ?
Je secoue la tête.
- J’ai pas peur de toi. J’ai jamais eu peur de toi. C’est toi qui a peur.
C’est Steve qui a peur de lui-même.
Steve qui a peur de faire du mal à lui-même, aux autres et puis à moi aussi. C’est Steve qui comprend pas pourquoi il a cassé le nez de celui-là et le bras de celui-ci. C’est Steve qu’est pas bien gros mais qui en a dans le ventre. C’est Steve qui ressemble plus à un animal sauvage et que j’essaie d’apprivoiser.
En caressant un peu
son dos
ses mains
son visage.
C’est moi qui lui explique qu’on peut vivre sans montrer les crocs, sans sortir les griffes. C’est moi qui essaie de lui prouver qu’on peut toucher avec les mains et regarder avec les yeux plutôt que l’inverse. C’est moi qui aimerais lui montrer qu’il a le droit de vivre, comme tout le monde. Qu’il a le droit à l’amour, à la tendresse, au ciel et au monde entier.

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Mar 16 Déc - 20:04

Je suis sûr que dehors c’est moche.
C’est comme ça que je m’en rappelle.
C’était tout gris et les gens se tapaient dans la rue, il y avait qu’une seule lumière et je l’ai éteinte.
Mais je vais pas le dire à Charles parce que j’ai pas envie qu’il recommence à me taper, je suis sûr qu’il pourrait, il casserait le mur avec ses mains et puis il me casserait moi, il resterait plus rien et quand on dirait « c’est quoi Steve », personne pourrait répondre, on hausserait les épaules.
J’ai assez de bleus comme ça.
Je les regarde.
En fait ils sont un peu roses.
Ça veut dire quoi ça ?
Moi, le rose, avant Charles, je savais même pas que ça existait, je le voyais tout noir, un peu comme les autres couleurs mais le rose vraiment c’était le pire.
- J’ai pas peur de toi. J’ai jamais eu peur de toi. C’est toi qui a peur.
Je recommence à respirer.
S’il a pas peur alors pourquoi j’ai peur moi ?
De toute façon, si je veux le prendre dans mes bras et que je me rate, il me met une droite, c’est pas compliqué.
J’ai envie de plus avoir peur, j’ai envie de sourire tous les jours, j’ai envie d’avoir la peau couleur peau, j’ai envie d’écouter des belles chansons qui lui ressemblent, j’ai envie de marcher sous la pluie, j’ai envie que le soleil me pardonne, j’ai envie de prendre sa main en étant sûr à l’avance qu’elle se brisera pas dans la mienne.
Que je ferai attention.
On part quand ?
On part quand ?
- On ira où ? J’ai plus peur Charles.
Dis Charles.
Est-ce que les étoiles ont des noms ?
Est-ce qu’il y en a une qui s’appelle comme toi ?
Est-ce qu’on peut aller les voir ?
Est-ce que ça fait mal si elles nous tombent dessus ?
Est-ce qu’on a le droit de briller aussi ?
Ou faut demander la permission ?

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Mar 23 Déc - 10:30

J’imagine l’extérieur. J’imagine les forêts immenses, j’imagine la plage. J’imagine le ciel bleu de l’été, aussi. J’imagine les boîtes de nuits où on arrivait à entrer même si on avait pas l’âge. J’imagine les repas de famille à parler des derniers mois écoulés. J’imagine les Noël en famille. J’imagine la neige qui tombe. J’imagine les sourires faciles et sincère et ça me donne presque envie de sourire, moi aussi. De faire marcher les muscles de mes joues pour leur dire, eh, entraînez-vous, ça va bientôt recommencer.
Parce qu’on va se barrer.
C’est Steve qui l’a dit.
Et si on a envie tous les deux, on va réussir. On va réussir. On va réussir. Ces trois mots virevoltent dans ma tête, dans tous les sens et j’ai envie d’y croire très fort. Je veux plus jamais de cette prison, plus jamais jamais jamais jamais.
- On ira où ? J’ai plus peur Charles.
Je laisse fleurir le sourire, finalement. Allez, vas-y, étend toi sur mon visage, t’as bien le droit, aujourd’hui. On pourrait même dédier cette journée à l’espoir, quelque chose d’un peu plus gai que notre bagarre de tout à l’heure.
- On ira où tu veux aller. Je pourrais t’emmener dans des endroits où tu n’auras jamais posé les pieds. On pourra aller à la plage, sortir la nuit, regarder des films, des trucs comme ça.
Ça a l’air tout simple.
Mais c’est énorme. C’est énorme comme l’idée de regarder un film dans ma chambre me paraît lointaine. J’ai l’impression que c’était il y a des siècles. Le confort. Le pouvoir d’arrêter, de fermer l’ordinateur, d’aller fumer une cigarette à la fenêtre de ma chambre. Je pouvais encore faire ça. Je pouvais le faire.
- Steve, est-ce que tu crois qu’ils m’aiment encore ?
Papa, maman, la petite sœur.
Est-ce que tu crois que je leur manque, est-ce que tu crois qu’ils pensent toujours à moi ? Moi je pense à eux, un peu tout les jours. Et je pense que je suis un moins que rien, un grand pas grand-chose qui a pas su faire beaucoup de miracles. Peut-être aider Steve. J’imagine que c’est un miracle à mon échelle. Minuscule pour le monde, immense pour nous.
Je sais que ça va mieux pour lui.
Je l’ai entendu dans sa voix.

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Mar 23 Déc - 19:39

Je sais pas si les maisons ont toujours la même tête que quand j’étais petit (des pauvres cubes posés par terre, moches en plus de ça) et si les gens ressemblent à ceux que je dessine sur le mur de la parole ou à ceux que je tape dans les couloirs quand ils viennent regarder mes bleus et me demandent d’où ils viennent, et celui-là, cet celui-ci.
Les leurs, ils viennent de moi.
Même ceux de Charles.
Je veux plus ça.
Ça fait tellement de bruit vous savez mes coups de poings, parfois j’ai envie de me boucher les oreilles mais je peux pas tout faire en même temps.
Charles dit qu’il m’emmènera dans des endroits que j’ai jamais vus avant dans ma vie.
Mon cœur s’accélère (avant Charles, je savais pas comment ça s’écrivait, « cœur », et c’est lui qui m’a aidé à comprendre pourquoi le o et le e sont enlacés comme ça).
J’espère que Charles a jusqu’à la fin de sa vie pour moi.
Parce que j’avais cinq ans quand je suis entré ici.
J’espère que Charles est patient.
Parce que parfois je pleure toute la journée, parfois je fais pipi au lit.
Parfois je cherche le soleil sans le trouver, même qu’il est juste devant mon nez.
Parfois j’y vois plus rien du tout, je perds toutes mes couleurs.
Parfois, c’est moi tout seul que je tape.
Je suis pas facile mais au moins je promets que je vais arrêter de tuer les autres avec des câlins.
- Steve, est-ce que tu crois qu’ils m’aiment encore ?
Je sursaute.
La voix de Charles a quatre ans et demi.
On dirait moi qui demande à maman si elle m’aime.
(Non.)
J’ai envie de le prendre dans mes bras, sans le casser, et peut-être faire un bisou dans ses cheveux, lui dire qu’il est beau parce que c’est vrai : beau avec des bleus, beau les bras guéris, beau quand il dort, beau quand il s’énerve, beau quand il met une armure transparente et qu’il vient me sauver, me dire de m’arrêter.
Me rendre mes gommettes multicolores et mes quelques paillettes.
- Oui.
De ma vie j’ai jamais autant sûr d’un truc.
- Évidemment Charles. Tout le monde t’aime, tout ... Surtout moi.
(Et même ma voix est toute rouge.)

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MessageSujet: Re: DES POSES DE COMBAT   Ven 26 Déc - 19:23

Il dit
- Oui.
Mon cœur fait « ouf ». Soulagement. Ils doivent sûrement m’aimer un peu moins. Ils seraient venus me chercher, autrement, c’est évident. Mais ils savent pas. Ils savent pas tout ce qu’il se passe, ici, tout ce qu’on endure, tout ce qu’on essuie, tout ce qu’on entend, tout ce que l’on voit. S’ils savaient … s’ils savaient, tout le monde serait venu chercher sa fille ou son garçon. Y aurait même quelqu’un qui serait venu pour Steve. Y aurait forcément un super-héros qui dirait qu’on peut pas le laisser là-bas.
J’aurai revêtu une cape pour aller le chercher.
- Évidemment Charles. Tout le monde t’aime, tout ... Surtout moi.
Cette fois mon cœur trébuche.
Il rate un, non, deux battements. De quoi me faire mourir un peu et rougir surtout.
Je reste l’oreille collée au mur et je me repasse sa voix en boucle dans ma tête. Tout le monde t’aime surtout moi. Tout le monde t’aime surtout moi. Tout le monde t’aime surtout moi. J’ai envie de sourire, de prendre Steve dans mes bras et de le toucher avec ma bouche, comme ça, sur son visage.
Peut-être pour lui dire merci, pour lui dire moi aussi.
Est-ce que c’est une déclaration d’amour, ou quelque chose comme ça ?
Je crois que tout ce qui touche à Steve, ça ne se nomme pas.
Ça se sent.
Ça se vit.
C’est tout (et c’est déjà beaucoup).

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