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 flowers grow out of dark moments.

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MessageSujet: flowers grow out of dark moments.   Dim 8 Juin - 9:14


FT. SIMON
elle ne sait pas si les pièces sont bien isolées, mais comme la membre du personnel qui est dans le coin de la pièce ne lui dit rien, elle ose imaginer que c'est le cas. elle soulève doucement le rabat qui cache et emprisonnent les touches du piano et appuie sur l'une des touches doucement. un son cristallin sort de l'instrument et enrobe la pièce, Lys ferme les yeux un instant. depuis combien n'a-t-elle plus touché à un piano ? un bon moment, depuis qu'il a décidé que ce n'était plus bon pour elle, en fait. il ne lui a pas laissé le choix, alors elle avait tout abandonné, une fois de plus, pour lui. mais c'est comme le vélo, elle le croit. elle se souvient de pleins de choses, même si d'autres se sont éclipsées de son esprit pendant ces quelques années. elle se racle la gorge, et appuie tour à tour sur quelques touches, laissant une mélodie s'évader du piano. et elle continue, pendant Dieu seul sait combien de temps. elle rattrape le temps perdu, elle balance ses doigts de droite à gauche, presque comme si elle n'avait jamais quitté ces touches. elle a des hésitations, des fois. mais ce sont des automatismes, tant qu'elle n'y pense pas, tout va bien. et puis le premier pensionnaire ouvre la porte du salon et lui jette un regard. il est aux environs de 8 heures du matin à en juger par la lumière dans le salon. elle le regarde, continue de jouer.
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MessageSujet: Re: flowers grow out of dark moments.   Dim 8 Juin - 17:01

Il y a les gens qui jouent du piano.
Et puis il y a les gens qui jouent du piano.
Vraiment.
J’aimerais bien être une personne comme ça mais non. Mais non c’est elle. Elle est là sur sa moitié de fauteuil à faire son travail comme il faut. Pas parfaitement comme il faut. Il y a des notes qui dépassent, des notes qui n’arrivent jamais, des notes absentes, ce n’est pas une fille qui joue du piano tous les jours pour s’entraîner pour faire filer le temps : c’est une fille qui essaie de revivre. Ses dix doigts qui courent sur les touches, c’est sa résurrection. Ça au moins c’est une façon de renaître comme il faut.
Mieux qu’un phénix.
J’ai ouvert la porte et elle était là à essayer de recoudre avec elle-même. Peut-être que ça faisait déjà quelques minutes qu’elle était là, je sais pas. J’ai pris les choses en cours de route, c’est la vie quoi, on peut pas toujours être là quand les choses débutent parce qu’il y a toujours un truc qui commence quelque part - une histoire, une chanson, un film.
C’est un morceau que j’ai jamais entendu. Les gens quand on les écoute faire du piano c’est toujours les mêmes notes qui reviennent mais elle, elle c’est pas pareil. Je sais pas ce que c’est. C’est elle. C’est peut-être un bout d’elle. C’est peut-être sa renaissance qu’elle joue sur les touches. C’est pas du spectacle, en tous cas, ça se voit. C’est pour elle. Comme si elle s’était perdue sur un chemin et que c’était pour elle la seule façon de se retrouver.
Je voudrais lui dire merci.
Merci pour ça, merci pour la pause de vie.
Attiré par les tons du piano j’ai ouvert la porte et je suis resté figé comme ça. La main sur la poignée et les jambes arrêtées. Il y a des choses qui vous font cet effet d’arrêt. Une scène dans un film - scène de cris dans « Laurence Anyways » - un coucher de soleil. Ce sentiment de vide à l’intérieur. Pas du vide vertigineux qui fait chier le monde, un beau vide. T’es là, t’es pleins d’atomes et d’épiderme, mais tu penses à rien, tu bouges pas, tu parles pas, techniquement t’es là oui mais t’es transporté habité par autre chose.
À la fin du morceau il n’y aura pas un attroupement de spectateurs autour de cette fille qui joue du piano comme personne, pas de public ravi, d’ailleurs il n’y a personne à part moi et la surveillante. C’est ça, l’endroit. Des éclats de poésie parfois, sortis d’un de ces petits corps sans trop d’âme. Et puis voilà on en parle plus.
Cette fille, j’ai envie qu’on en parle.
J’ai envie de parler avec elle.
Je me dégèle et je vais m’asseoir à côté d’elle sans un bruit pour troubler sa musique. Il y a de la place pour nous deux. De là je ne vois que ses doigts, surtout ses doigts, le bout de ses doigts qui rebondit sur l’ivoire des touches. Comme une danse. En musique.
Ce serait bien si ça pouvait continuer pour toujours.

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